17.05.2018 à 23:43

GouvernementItalie: les populistes sont tombés d'accord

Après s'être rencontrés jeudi, les populistes italiens soumettront lundi au président italien leur programme de gouvernement.

Matteo Salvini, le chef de file de la Ligue (extrême droite), présentera lundi au président italien Sergio Mattarella le programme de gouvernement commun pensé avec Luigi Di Maio, du mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème).

Matteo Salvini, le chef de file de la Ligue (extrême droite), présentera lundi au président italien Sergio Mattarella le programme de gouvernement commun pensé avec Luigi Di Maio, du mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème).

AFP

Les populistes italiens ont assuré jeudi qu'ils soumettraient lundi au président italien Sergio Mattarella le programme du premier gouvernement italien antisystème. Les chefs du mouvement 5 étoiles et de la Ligue se sont entendus sur les principes d'un accord.

«Je suis fier du temps, des jours et des nuits passés, non pas à parler de ministres, mais de l'avenir de l'Italie. Lundi, nous irons chez M. Mattarella et nous lui soumettrons notre travail», a déclaré le chef de file de la Ligue (extrême droite) Matteo Salvini, en déplacement dans le Val d'Aoste, où se dérouleront dimanche des élections régionales.

«Je suis très confiant. Nous avons créé la base du gouvernement et le nom du premier ministre ne sera pas un problème», a assuré Luigi Di Maio, son homologue du mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), à Monza, où il rencontrait des entrepreneurs.

Les deux hommes se sont une nouvelle fois réunis jeudi à Rome pour tenter de s'accorder sur les ultimes arbitrages de leur programme commun et sur le profil et le nom du futur chef du gouvernement, ce dernier point étant encore en suspens.

Chef du gouvernement à trouver

«Ce ne sera ni moi ni M. Di Maio. J'aurais été heureux et cela aurait été un honneur, mais nous sommes en train de chercher une synthèse», a tranché Matteo Salvini. Et si les «5 étoiles» n'avaient pas jeudi totalement abandonné l'idée de voir leur leader prendre les rênes du futur exécutif, l'hypothèse d'une tierce personne semblait tenir la corde.

Deux mois et demi après les législatives du 4 mars, qui n'ont pas débouché sur une majorité claire, les deux partis mettaient la dernière main à un «contrat pour le gouvernement du changement», qui comporte 22 points. Plusieurs ébauches de ce document ont fuité ces derniers jours dans la presse, mais les responsables des deux formations ont systématiquement assuré que celles publiées étaient «dépassées».

La version la plus ancienne, qui datait de lundi matin et évoquait une sortie de l'euro, a déclenché une vague d'inquiétude qui n'est pas retombée. Après avoir plongé de 2,3% mercredi, la Bourse de Milan a clôturé en baisse de 0,29% jeudi, tirée vers le bas par les banques dont la BMPS (-10%), désormais détenue par l'Etat et dont les deux partis envisagent de «redéfinir la mission», sans plus de précision.

Vote des militants

Quant au spread - l'écart très regardé en Italie entre les taux d'emprunt italien et allemand à dix ans -, il pointait à 152 points, contre 151 mercredi et 131 mardi. «Espérons qu'il n'y ait pas d'intervention négative de l'étranger pour arrêter notre travail. Les petits trucs sur le spread, on les connaît et ils ne nous font pas peur», a prévenu Matteo Salvini.

L'éventualité d'un «Italexit» n'apparaît plus noir sur blanc dans les dernières versions du programme de gouvernement, publiées jeudi par les médias italiens. Exit aussi la demande d'effacer quelque 250 milliards d'euros de dette publique italienne, détenus par la Banque centrale européenne. En revanche, une «flat tax», un impôt sur le revenu ramené à 15 et 20%, un revenu de citoyenneté, promesse du M5S qui a contribué à son succès dans le sud du pays, et une réforme des retraites assouplissant les conditions actuelles, sont à toujours à l'ordre du jour.

Alors que l'âge du départ à la retraite doit passer à 67 ans en 2019, le programme commun devrait introduire un «barème 100», à savoir la possibilité de prendre sa retraite lorsque la somme de l'âge et des années de cotisation atteint 100. L'ensemble de ces mesures pourrait coûter plusieurs dizaines de milliards d'euros, sans que l'on sache encore avec précision comment leur financement pourra être assuré. MM. Di Maio et Salvini ont promis que le programme commun serait soumis au vote des militants des deux formations, sur Internet pour le M5S - dès vendredi selon certains médias - et sur des stands à travers le pays pendant le week-end pour la Ligue.

(ats)

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