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Policier d'EvolèneIvre et chauffard, il reste en poste!

L’agent valaisan n’est pas inquiété après avoir renversé, alcoolisé et en excès de vitesse, une adolescente. La commune et la justice s’en défendent.

par
Evelyne Emeri
La voiture de T. a heurté la jeune victime ici sur la route principale.

La voiture de T. a heurté la jeune victime ici sur la route principale.

Sébastien Anex

Le policier T., qui a percuté une Genevoise de 12 ans le 31 décembre dernier vers 19h30 aux Haudères, commune d’Evolène, est au bureau. Cet automobiliste assermenté n’était certes pas en service ce soir-là, il n’empêche que la catastrophe a été évitée de très peu. La victime, fille de résidents secondaires, traversait la route principale avec quatre camarades, âgés de 8 à 13 ans. Sans la présence d’esprit du petit groupe et le réflexe de l’adolescente qui marchait en tête, le véhicule du fonctionnaire de police aurait provoqué bien plus que de multiples fractures à son pied droit.

L’agent municipal était non seulement saoul et sortait d’un bistrot d’Évolène où il a ses habitudes, mais roulait bien au-delà des 50 km/h autorisés. À 80 km/h, selon les premières estimations. À cela s’ajoute un délit de fuite provisoire, T. étant revenu sur ses pas après le choc survenu à la hauteur de l’Hôtel Veisivi. Le conducteur fautif sera cueilli par ses homologues de la police cantonale de Vex et privé sur-le-champ de son permis.

La plainte est en cours d'instruction

Depuis, le quadragénaire a poursuivi son activité de policier unique sur le territoire évolénard. Privé de son bleu, pour se déplacer, il doit «réquisitionner» un employé communal pour le transporter. Bien consciente de la tragédie évitée, la présidente de commune, Virginie Gaspoz, invoquait début février la nécessité de disposer de son collaborateur en pleine saison d’hiver et vouloir attendre les déterminations du ministère public avant toute sanction.

Parce que au-delà de l’état d’ivresse – le taux d’alcool était bien supérieur au seuil toléré de 0,5‰ – et de l’excès de vitesse pour lesquels il aurait été dénoncé d’office, les parents de la blessée, représentée par Me Guérin de Werra, ont déposé une plainte pénale à l’encontre du fonctionnaire. Cette plainte est désormais en main du procureur Ludovic Schmied. Ce dernier étant en vacances de carnaval, c’est le procureur général, Nicolas Dubuis, qui nous fait savoir via son secrétariat que «l’instruction est en cours et qu’aucune décision n’est prise pour l’instant».

Tâches redéfinies

Depuis l’accident et après la révélation de l’affaire par «Le Matin», l’agent T., très affecté, était resté chez lui quelque temps. Des vacances à prendre et des heures à compenser avant de reprendre à temps partiel. Il y a une semaine, l’exécutif communal a reçu du parquet le rapport de la police cantonale. Hasard du calendrier et d’une séance du Conseil, les tâches du policier ont été redéfinies drastiquement, nous a confié hier la présidente, Virginie Gaspoz. Paperasses à l’administration et plus de sorties, excepté pour les amendes d’ordre, l’affichage ou la fermeture des routes. Le sort de T. sera scellé dans les semaines à venir.

«Il fait très bien son travail, il est très psychologue et nous a donné entière satisfaction jusqu’ici. Il a eu une faiblesse, argumente le vice-président d’Evolène, Patrick Sierro, chargé de la Sécurité, il ne fait plus d’interventions policières sur le terrain et plus de fermetures de bistrots.»

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