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Couac«J'ai dû accoucher dans les WC du CHUV»

Faute d'avoir été écoutée, une jeune maman a fini par enfanter dans les toilettes de la maternité vaudoise.

par
Laurent Grabet
Le 28 décembre, Stéphanie Aellen donnait naissance à Thomas dans des circonstances rocambolesques au CHUV.

Le 28 décembre, Stéphanie Aellen donnait naissance à Thomas dans des circonstances rocambolesques au CHUV.

Yvain Genevay

«J'étais au bon endroit, au bon moment mais je n'ai pas pu accoucher normalement car une sage-femme n'a pas su m'écouter!» Deux mois et demi après les faits, Stéphanie Aellen n'en revient toujours pas. Le 28 décembre, cette maman de 26 ans donnait naissance à son deuxième fils dans des circonstances rocambolesques au CHUV. Le petit Thomas se porte à merveille mais il aurait pu en être autrement.

Elle accouche debout!

Le bébé a en effet poussé son premier cri dans les toilettes de la maternité lausannoise! Et sa maman en a accouché debout, accrochée à une simple poignée. Deux sages-femmes l'y ont aidée. Pour Stéphanie, l'une d'elles portait bien mal ce qualificatif. La professionnelle se serait focalisée sur le fait que le col de l'utérus de sa patiente n'était pas assez dilaté et que ses contractions n'étaient pas assez régulières, pour décréter obstinément que l'accouchement n'était pas pour tout de suite. «Je ressentais pourtant le contraire et je le lui ai répété plusieurs fois tant les douleurs devenaient insupportables. Mais la sage-femme a mis ça sur le compte du stress et m'a conseillé de marcher puis de faire des exercices avec un ballon. J'ai fait confiance à son professionnalisme mais cela empirait.» De son côté, Dominic, le mari de Stéphanie, a eu la désagréable impression que sa femme était prise pour une «douillette capricieuse», alors que sa douleur n'était pas entendue.

Finalement, la jeune femme se dit que, en allant aux WC, elle pourrait peut-être minimiser le mal. Là, elle ressent au contraire une gigantesque contraction, tandis que la tête du bébé apparaît. «Heureusement, j'ai pu le rattraper et mon mari a appelé à l'aide. En quelques minutes, j'ai mis Thomas au monde. Juste après, j'étais partagée entre le stress, la douleur et l'incompréhension, au point que je n'étais pas sûre que cet accouchement avait bien eu lieu!»

Ce qui la choque aujourd'hui encore: c'est qu'aucune excuse ne lui ait été présentée et qu'aucun soutien psychologique ne lui ait été proposé. Du côté du CHUV, on reconnaît qu'elle a bel et bien accouché dans des toilettes, sans pouvoir en dire plus, secret médical oblige. «Toutes les précautions du monde n'auraient pas suffi à éviter ce qui s'est passé, précise toutefois Patrick Hohlfeld, le chef du service de gynécologie- obstétrique. Cinq fois sur mille, un accouchement se déroule très rapidement comme ici et c'est imprévisible.» Le médecin souligne aussi que les accouchements rapides sont en général de «belles histoires» et aussi qu'un accouchement est ressenti par la sage-femme et par sa patiente de manière parfois radicalement différente.

C'est précisément ce qui inquiète Stéphanie Aellen. Et la Vaudoise de conclure: «J'aimerais que ma mésaventure permette à d'autres d'être écoutées et qu'elles se voient ainsi épargner des douleurs inutiles.»

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