16.03.2019 à 17:03

Avalanche meurtrière en Ecosse«J'ai hurlé les noms de mes amis, pas de réponse»

Le survivant de l'avalanche qui a coûté la vie à trois skieurs, mardi en Ecosse, revient sur les derniers instants du drame.

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Mathieu Biselx aimait la montagne tout comme ses trois copains tués dans l'avalanche.

Mathieu Biselx aimait la montagne tout comme ses trois copains tués dans l'avalanche.

DR/Twitter

«On avait prévu de ne pas faire long». Ces propos de Mathieu Biselx, rappellent l'état d'esprit qui prévalait à la mi-journée du 12 mars dans un groupe de quatre amoureux de la montagne, engagé dans l'ascension du Ben Nevis, point culminant de l’Ecosse et du Royaume-Uni.

Au bout du compte, les choses ne se sont pas passées comme prévu. Le valaisan a perdu ses trois camarades dans une avalanche meurtrière dont il est le seul survivant. Les familles des victimes, des alpinistes chevronnés dont un Valaisan et deux Français bien intégrés en Valais sont plongées dans une grande désolation.

Dans un entretien diffusé par la Chaîne de télévision valaisanne Canal 9, Mathieu Biselx qui préside la section Monte Rosa du Club alpin suisse de Sion témoigne que le jour du drame, ils avaient décidé de faire cette piste à une seule condition d'être tous d'accord. Ce fut le cas. La suite s'est avérée chaotique. «On s'est fait souffler par une avalanche qui nous est tombée dessus comme de l'eau».

«Mon Dieu»

Au moment de l'impact, «nos regards se sont croisés», se rappelle Mathieu. Certains ont juste eu le temps de dire «mon Dieu», «avalanche» ou tout simplement de garder le silence. Les compagnons d'infortune ont compris à cet instant qu'ils ne se reverraient plus jamais: «C'était terminé!»

Dans le vide et à la merci de la dramatique coulée, le skieur raconte qu'ils n'ont pas eu d'autre choix que de se mettre «en position accroupie», chacun attendant son heure. Puis quelques secondes après, plus rien. «On a perdu signe des uns et des autres».

Jamais comme on le pense

Après avoir frôlé le pire, Mathieu estime que les avalanches ne se passent jamais comme on le pense. «Vous êtes désorienté, il fait noir, il y a de l'angoisse et de l'étouffement».

Dans l'épreuve, le survivant a eu l'impression d'être dans une salle d'attente, jusqu'au moment où quelqu'un lui a pris la main en lui chuchotant à l'oreille que son heure n'avait pas encore sonné. Et «boom, c'est le retour» à la vie. La vraie, qui l'a emmené à cracher de la neige, à se tordre de douleur, mais surtout à «hurler les noms de ses amis» qui ne lui ont plus jamais répondu.

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