Neuchâtel: «J'ai pris un grand coup de matraque dans le dos»
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Neuchâtel«J'ai pris un grand coup de matraque dans le dos»

Un marchand jurassien conteste la hausse de tarif appliquée pour son stand à la Fête des vendanges de Neuchâtel. Les organisateurs répliquent.

par
Vincent Donzé

La fin d'un privilège: voilà comment les organisateurs de la Fête des vendanges de Neuchâtel expliquent la hausse de tarif appliquée pour le stand d'un marchand forain jurassien: de 1 094 francs en 2003, puis de 1 240 francs en 2008, la facture s'élève désormais cette année à 3 176 francs pour trois jours.

À regret, Patrick Champion n'ira pas à la Fête des vendanges de Neuchâtel, les 27, 28 et 29 septembre. «J'ai pris un grand coup de matraque dans le dos», a écrit le marchand jurassien aux organisateurs.

Patrick Champion n'en démord: «On écarte mes jouets traditionnels au profit de saveurs exotiques», accuse-t-il en dénonçant une concurrence déloyale.

Churros et chapatis

Rencontré à Bienne, entre des churros et des chapatis, Patrick Champion affirme ne payer nulle part ailleurs autant qu'à la Fête des vendanges de Neuchâtel, pour son stand modulable de 5 à 9 mètres, avec pêche aux canards et colliers hawaïens: «À Moutier (BE) comme à Romont (FR), je paie 450 francs pour trois jours de braderie. Même à Montreux, c'est moins cher qu'à Neuchâtel», dit-il.

Boulanger-pâtissier de formation, recyclé dans les soins à domicile suite à une allergie à la farine, Patrick Champion vit désormais de la vente de jouets tout en étant disc-jockey. «Les temps sont durs face à la concurrence des chariots ambulants qui tournent en rond dans toute la fête et et qui passent devant mon stand en me prenant mes clients», soupire de forain.

Contraire à la réalité

Quand il posté sa mauvaise humeur sur Facebook, Patrick Champion a reçu un courrier recommandé chez lui, à Vermes (JU): «Vous avez bénéficié pendant trop longtemps de conditions particulières qui n'ont prévalu que pour vous», lui a signifié un avocat en l'enjoignant de retirer une publication «parfaitement contraire à la réalité, à la limite de la diffamation, de l'injure et de la discrimination raciale»

Président de la Fête des vendanges, Xavier Grobéty répond en ouvrant sa comptabilité: «Aucun autre forains n'a bénéficié de son privilège, sauf peut-être un marchand de marrons». Le décès de l'ancien caissier a été l'occasion d'une remise à l'ordre.

«L'équité règne au sein des 200 stands. Il n'y que 0,5 % de mécontents...», reprend le président de la Fête des vendanges. Une priorité est accordée aux marchands neuchâtelois et l'ancienneté est privilégiée.

La plus grande

Pour justifier des tarifs de 20.-/m2 pour les sociétés et de 30.-/m2 pour les privés, Xavier Grobéty explique qu'«avec 300 000 entrées cumulées, notre fête est la plus grande du genre en Europe».

Ce que Patrick Champion conteste au passage, c'est l'obligation de vendre des badges au profit des organisateurs.«Avec le sponsoring, la location des stands aide à financer l'infrastructure, mais au sein du comité et des commissions, personne n'est payé!», rétorque le président.

Les bénévoles sont 70 et seuls les constructeurs de chars fleuris sont défrayés.

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