Paris – Jack Lang tacle des intellectuels arabes
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ParisJack Lang tacle des intellectuels arabes

Le président de l’Institut du monde arabe a jugé «dérisoire et attristante» la pétition concernant l’exposition «Juifs d’Orient», qui présente des prêts d’institutions israéliennes.

Jack Lang, lors du Festival du film de la mer Rouge à Jeddah, en Arabie saoudite, le 9 décembre 2021.

Jack Lang, lors du Festival du film de la mer Rouge à Jeddah, en Arabie saoudite, le 9 décembre 2021.

AFP

Cette pétition lancée début décembre par le mouvement propalestinien controversé BDS qui appelle au boycott systématique d’Israël, rejetant toute coopération culturelle et signée par quelque 250 intellectuels et personnalités, est «complètement disproportionnée et à côté de la plaque», a déclaré dimanche Jack Lang, ancien ministre français socialiste de la Culture, sur la radio J.

Le texte, signé entre autres par l’écrivain libanais Elias Khoury, le réalisateur palestinien Elia Suleiman ou le diplomate algérien Lakhdar Brahimi, affirme que l’IMA «trahirait sa mission intellectuelle en adoptant cette approche normalisatrice – une des pires formes d’utilisation coercitive et immorale de l’art comme outil politique pour légitimer le colonialisme et l’oppression».

C’est une réaction qui cherche à détourner de son sens profond cette exposition, qui n’a rien à voir avec tel ou tel débat politique

Jack Lang, président de l’Institut du monde arabe

«Juifs d’Orient», ouverte jusqu’au 13 mars, est le troisième volet d’expositions consacrées à l’empreinte des trois grandes religions monothéistes sur le monde arabe à l’IMA. Elle «fait un tabac» et, «de ce débat, on n’en parle jamais», a affirmé M. Lang.

Sur 300 œuvres collectées dans le monde entier, il n’y en a que «trois ou quatre venant de Jérusalem».

«C’est un peu dérisoire et attristant. D’autant plus que j’ai moi-même contribué à mettre en lumière la culture palestinienne comme personne, comme aucune institution», a poursuivi le président de l’IMA.

«Cela m’a attristé de constater que des personnes, certaines de qualité, des écrivains, des philosophes, se laissent embarquer, un peu comme des moutons, dans un texte dont ils n’ont même pas vérifié la véracité», a-t-il conclu.

(AFP)

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