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Témoignages«J'ai entendu des klaxons puis un grand boum»

Le choc frontal entre deux trains hier à Granges-près-Marnand a été violent. Des témoins de l'accident racontent.

par
Anne-Florence Pasquier avec Laurent Grabet
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Les trains accidentés ont dû être mis au rebut.

Les trains accidentés ont dû être mis au rebut.

Reuters
Mercredi 31 juillet, la police cantonale a annoncé qu'aucune victime ne se trouvait encore coincée dans la ferraille. Les pompiers ont découpé toute la nuit la tôle de la locomotive la plus accidentée amenée à Yverdon pour arriver à cette conclusion.

Mercredi 31 juillet, la police cantonale a annoncé qu'aucune victime ne se trouvait encore coincée dans la ferraille. Les pompiers ont découpé toute la nuit la tôle de la locomotive la plus accidentée amenée à Yverdon pour arriver à cette conclusion.

Keystone
Au lendemain de la collision entre deux trains régionaux lundi 29 juillet à Granges-près-Marnand, le non-respect d'une signalisation par un des conducteurs est la piste privilégiée par les enquêteurs.

Au lendemain de la collision entre deux trains régionaux lundi 29 juillet à Granges-près-Marnand, le non-respect d'une signalisation par un des conducteurs est la piste privilégiée par les enquêteurs.

AFP

«J'ai entendu les deux trains klaxonner très fort et soudain un gros boum. Puis j'ai vu du sang, trois passagers blessés et d'autres qui sortaient d'eux-mêmes des wagons. J'en ai moi-même aidé deux à s'extraire du train alors que les ambulances étaient déjà là», raconte Jean-Michel Bise. Le Vaudois travaillait non loin de la gare de Granges-près-Marnand (VD) hier soir quand, à 18h45, le régional Payerne-Lausanne est entré en collision frontale avec le Regio-Express faisant le trajet inverse. «J'ai été violemment projeté contre le siège de devant. Les gens ont commencé à pleurer. J'ai vu du sang et plein de blessés. Il me faudra des jours pour réaliser», expliquait un jeune passager sur la RTS.

Quarante-quatre autres personnes se trouvaient à l'intérieur des deux rames. Ce matin, un porte-parole des CFF indiquait que le bilan a été revu à la baisse: 25 personnes seraient blessées, dont cinq gravement. Ces dernières ont été transportées par la Rega ou par ambulance au CHUV et à l'Hôpital intercantonal de la Broye à Payerne.

Quant aux conducteurs des deux trains, malgré l'incroyable violence du choc, l'un d'eux a survécu. Peut-être parce qu'il a vu venir l'autre train, roulait à faible vitesse car il venait de quitter la gare et qu'il a ainsi réussi à s'extraire de son habitacle avant le choc, avancent certains sauveteurs. Le second a malheureusement été retrouvé mort durant la nuit. Sa désincarcération a pris des heures car il était bloqué dans un amas de métal déchiqueté.

Erreur d'aiguillage?

Pourquoi deux convois circulaient au même moment sur l'unique voie existant sur ce tronçon? Erreur d'aiguillage? D'horaire? «Il est trop tôt pour savoir ce qui s'est passé, répond Patricia Claivaz, porte-parole des CFF. Mais nous sommes en pensée avec toutes les personnes blessées.» Un spécialiste du service d'enquête suisse des accidents est arrivé sur les lieux hier soir pour tenter d'y voir plus clair.

Sur les lieux du sauvetage hier, les spéculations couraient. «En temps normal, le train à destination de Moudon doit laisser passer celui qui en vient avant de partir lui-même. Cela n'a pas été le cas cette fois-ci», affirmait ainsi un militaire qui voyageait à bord au moment du choc. La vitesse des deux convois n'était pas non plus établie. Un témoin estime que l'un des trains arrivait à 60 km/h alors que l'autre roulait bien plus lentement car il venait de quitter la gare.

La ligne ferroviaire Lucens-Payerne est fermée pour toute la journée.

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