Prof licenciée: «J’ai été virée comme une merde»
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Prof licenciée«J’ai été virée comme une merde»

L’enseignante d’école enfantine d’Oron-Palézieux (VD), accusée d’avoir malmené ses élèves, livre sa version. Elle veut laver son honneur et attaque l’État de Vaud.

par
Evelyne Emeri
Cette professeure exerçait à Palézieux, sur un des dix sites de l’établissement du district de Lavaux-Oron. Doyenne, elle était titulaire d’une classe (1P-2P) de 20 petits élèves.

Cette professeure exerçait à Palézieux, sur un des dix sites de l’établissement du district de Lavaux-Oron. Doyenne, elle était titulaire d’une classe (1P-2P) de 20 petits élèves.

Jean-Guy Python

«Finir comme ça au bout de 39 ans, sans le moindre avertissement, c’est un gros cauchemar. Un choc.» Le lundi 8 janvier, jour de la rentrée scolaire, la maîtresse de l’établissement primaire et secondaire d’Oron-Palézieux est convoquée par la Direction générale de l’enseignement obligatoire (DGEO/«Le Matin» du 17 janvier et du 1er février), à Lausanne.

«Cadrante, pas méchante»

La professeure de 58 ans ressort au plus mal de ce qui devait être un entretien de service pour «un incident dont vous seriez l’auteur». Sa lettre de licenciement pour justes motifs, autrement dit pour faute grave et avec effet immédiat, suivra le lendemain. Plus de salaire, plus de prestations sociales et aucune période de latence pour se déterminer.

Hier après-midi, cette femme, qui concède être surinvestie, est sortie de son silence, entourée de son avocat, Me Patrick Mangold. L’attitude autoritaire, les gestes musclés et les paroles rabaissantes envers ses petits protégés âgés de 4 à 6 ans, elle les conteste avec véhémence: «Je suis cadrante, mais pas méchante. J’ai l’impression d’être virée comme une merde. Il fallait couper une tête au Conseil de direction (ndlr: elle est doyenne). Je pense que c’est une cabale.» Et les dissensions entre la DGEO et la direction des écoles d’Oron de se préciser, attisant un climat déjà compliqué depuis des mois entre certains parents et les dirigeants scolaires de ladite région.

Quid des allégations d’humiliation? Plus particulièrement de l’épisode du 17 novembre, dont elle n’a pas informé son directeur, l’affaire du pantalon baissé en classe? «Un petit garçon n’écoutait pas. Il jouait avec son jean, qui avait des trous. J’ai fait des plaisanteries. Et je lui ai dit: «Si ce pantalon ne va pas, on l’enlève!» J’ai mis mes mains dans ses poches arrière. Il est vif. Il a sautillé, le jean a glissé et on a vu la moitié de ses fesses. Je me suis excusée tout de suite. Je reconnais avoir fait ce geste, mais je ne l’ai pas fait exprès. J’en ai parlé à sa grand-maman à la sortie. Rien de grave pour elle. J’ai pensé que c’était réglé.» Puis il y a ce témoignage que nous avons publié jeudi dernier. Celui du père d’un ancien élève, qui aurait aussi vécu des railleries et des épisodes de pantalons baissés. «Fake news», réplique la maîtresse.

Elle ira aux prud’hommes

«Trois élèves, dont une fillette absente ce jour-là, ont été entendus par la DGEO s’agissant de l’événement du 17 novembre, c’est tout. Et je ne sais pas ce qu’ils ont dit», affirme celle qui a la ferme intention de se battre aux prud’hommes.

«Son droit d’être entendue a été crassement bafoué. Ma cliente n’a pas pu se préparer et se positionner en connaissance de cause, dénonce son défenseur, Me Mangold. Cette façon de faire de la DGEO est juridiquement suicidaire, méprisante et violente. Nous allons prétendre au licenciement injustifié et tenter d’annuler la décision en raison du vice de procédure.»

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