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HOCKEY SUR GLACE«J'ai pris contact avec GE Servette au Grauholz»

Romain Loeffel, contraint de quitter FR Gottéron vendredi à 23h, a disputé, dimanche à Davos, son premier match en grenat (succès 6-4). Retour en sa compagnie sur des heures mouvementées.

par
Frédéric Lovis
Lafargue Photos Sports

Le public fribourgeois vous a réservé un bel hommage samedi à la BCF Arena. Ça vous a fait quoi?

J'ai été très touché. Si vous pouviez faire passer le message, j'en serais heureux.

Les réactions du côté de Fribourg ont dû être nombreuses. On se trompe?

J'ai reçu énormément de messages par les réseaux sociaux ou via d'autres voies. Après, c'est le business. Je me retrouve à Genève et je suis très heureux d'être là. C'est une page qui se tourne, une nouvelle vie qui commence. Je vais prendre tout ça très à cœur.

Vos premières déclarations à Radio Fribourg laissaient pourtant penser que la pilule était dure à avaler…

Ce n'était pas facile. J'ai été touché au fond de moi-même. On vous annonce à 23 heures que vous êtes échangé dès le lendemain, que c'est comme ça et pas autrement, c'est dur à avaler. C'est sans doute aussi le fait que cette manière de faire n'est pas commune en Suisse, contrairement à ce qui se passe en NHL.

Comment avez-vous pris contact avec votre nouveau club?

Samedi, sur l'aire d'autoroute du Grauholz, quand le car montait en direction de Davos (ndlr: GE Servette s'est mis au vert pour préparer son match dominical). Ils m'ont pris en chemin. C'était une entrée en matière assez spéciale. Faire connaissance avec tout le monde dans le car, «salut, salut, salut» (il mime des poignées de main), ce n'est pas commun. Ensuite, j'ai eu la chance d'être pris sous l'aile de Kevin Romy. Il a répondu à toutes les petites questions que je pouvais me poser. J'ai été très bien accueilli.

Ça fait quoi de porter désormais le maillot de l'ennemi intime?

Bon, c'est clair, les derbies entre Fribourg, Genève et Berne sont médiatiques. Ça patine peut-être un peu plus. Mais je n'ai jamais été comme ça. Et puis, j'ai de la famille genevoise.

Ah bon?

Ma maman est Genevoise. Toute une frange de ma famille vit dans ce canton. Au-delà de ça, il y a le côté sportif qui prend le dessus. Et je ne vais quand même pas tirer la gueule. Voir autre chose à 22 ans avec un coach qui veut vraiment travailler avec toi, ça ne peut être que bénéfique.

Vous en voulez aux personnes qui ont œuvré à ce transfert surprise?

Ces personnes le voulaient. Au final, que mon agent me le dise à midi ou non, ça n'aurait rien changé au schmilblick.

Vous auriez quand même préféré?

Avec du recul, je ne sais pas. J'avais un match le soir. Ça aurait pu peser sur mes performances. Sur le coup, j'étais quand même déçu car ça faisait huit ans que j'étais à FR Gottéron. Actuellement, on voit qu'on est devenu de la marchandise.

Mais cette marchandise profite aussi du système, non?

Exactement. C'est le revers de la médaille. C'est ce qu'on m'a fait comprendre. Je suis d'accord avec le fait que les joueurs ont pris énormément de pouvoir dans la Ligue. Si les dirigeants et les clubs veulent un peu mettre leurs mains dans tout ça, il faut l'accepter.

L'agent de Jérémie Kamerzin, un défenseur qui a fait le chemin inverse du vôtre et rejoint FR Gottéron, a émis un avis très critique sur cette manière de procéder. Qu'en pense le vôtre?

Franchement, je ne sais pas comment ça va se passer. GE Servette va-t-il reprendre exactement mon contrat comme il avait été négocié avec FR Gottéron, où y aura-t-il des ajustements? Pour moi, c'est l'inconnue. Ça va certainement se régler durant la pause olympique.

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