Brésil - Jair Bolsonaro laisse planer le doute sur les élections de 2022
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BrésilJair Bolsonaro laisse planer le doute sur les élections de 2022

Le président brésilien multiplie depuis plusieurs semaines les déclarations laissant entendre que l’élection présidentielle pourrait ne pas avoir lieu en 2022.

Jair Bolsonaro, le 29 juin 2021 à Brasilia.

Jair Bolsonaro, le 29 juin 2021 à Brasilia.

AFP

Le président brésilien Jair Bolsonaro a entretenu vendredi le doute sur la tenue de l’élection présidentielle en 2022, au cours de laquelle il espère être réélu, en affirmant qu’elle n’aurait pas lieu si le vote par bulletins papier n’était pas autorisé. Une affirmation qui a aussitôt suscité un flot de critiques depuis le Parlement ou le tribunal électoral.

«Je n’ai pas peur des élections. Je donnerai l’écharpe (présidentielle) à qui gagnera après un vote vérifiable et digne de confiance», a déclaré Jair Bolsonaro devant ses partisans à Brasilia. Le président brésilien fait pression pour que le Congrès autorise le vote par bulletins papier, en plus du vote électronique en vigueur depuis 1996.

Avec le système électoral actuel, «nous courons le risque de ne pas avoir d’élections l’an prochain. Votre avenir est en jeu», a-t-il déclaré, qualifiant au passage le président du tribunal supérieur électoral Luis Roberto Barroso d’«imbécile» pour son refus d’accéder à sa demande. Jair Bolsonaro avait déjà suscité la polémique jeudi en déclarant: «Ou nous faisons des élections propres au Brésil, ou il n’y aura pas d’élections».

Luis Roberto Barroso, qui est également l’un des onze juges de la Cour suprême, avait qualifié vendredi de «lamentables» ces déclarations et avait averti que toute tentative d’empêcher la tenue du scrutin aux dates prévues violerait les «principes constitutionnels».

Donné largement perdant

Le président du Congrès national, le sénateur Rodrigo Pacheco, avait affirmé de son côté que «tous ceux qui prétendent faire reculer l’État de droit démocratique au Brésil seraient désignés par le peuple brésilien et par l’histoire comme ennemis de la Nation».

Jair Bolsonaro, un ex-capitaine de l’armée brésilienne et admirateur de la dictature militaire au Brésil (1964-85), a également affirmé, sans preuve, que des fraudes avaient entaché la réélection de la candidate de gauche Dilma Rousseff à la présidence en 2014 face au candidat de centre-droit Aecio Neves. Aecio Neves a lui-même rejeté ces allégations jeudi. «Je ne crois pas qu’il y ait eu des fraudes en 2014», avait-il déclaré.

«Depuis l’instauration du vote électronique en 1996, jamais n’a été enregistré le moindre épisode de fraude», a affirmé de son côté Luis Roberto Barroso. Selon les sondages, Jair Bolsonaro serait largement battu face à l’ex-président de gauche Luiz Inácio Lula da Silva, si l’élection avait lieu aujourd’hui.

(AFP)

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