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Hockey sur glaceJanis Moser continue sa fulgurante ascension

Le défenseur biennois de 18 ans devrait vivre sa première sélection en équipe nationale vendredi soir à Sierre.

par
Grégory Beaud
Genève
C'est avec beaucoup de calme que Janis Moser aborde sa première sélection nationale.

C'est avec beaucoup de calme que Janis Moser aborde sa première sélection nationale.

Keystone

6 juin 2000. Parfois, une date de naissance en dit suffisamment long sur la précocité d’un joueur. International alors qu’il n’a pas encore fêté ses 19 ans, Janis Moser savoure cet honneur sans se poser trop de questions. «Jamais je n’aurais pu l’imaginer», a-t-il souri en marge d’un entraînement à Genève. C’est lors de son entretien de fin de saison que Martin Steinegger, directeur sportif du HC Bienne, lui a annoncé que le sélectionneur national comptait sur lui pour la préparation en vue du mondial en Slovaquie. «Est-ce que j’y ai cru? Oui, bien sûr, lance-t-il. Mais je ne peux pas dire que c’est quelque chose que j’attendais. Vraiment pas.»

Cette saison, Janis Moser avait déjà surpris tout le monde par sa maturité avec la première équipe du HC Bienne malgré son jeune âge. Celui qui ne devait avoir qu’un rôle marginal dans la saison seelandaise a fini par jouer largement plus qu’espéré. Les circonstances - les différentes blessures de Sami Kreis ou Beat Forster - l’ont propulsé sur le devant de la scène. Mais lorsque le contingent était complet, il n’a pas quitté la lumière pour autant. Avec plus de 14 minutes de jeu par match en play-off, il a joué un rôle majeur dans le beau parcours du HC Bienne. «Cette saison a dépassé mes attentes, a-t-il remarqué. Alors ce qui arrive maintenant, ce n’est que du bonus.»

Drafté en juin?

Casquette vissée à l’envers sur la tête, il s’exprime de manière claire et déterminée. Il fait même l’effort de quitter le dialecte pour le bon allemand afin d’aider l’assistance. Comme un routinier. La pression de cette sélection? Il ne veut pas en entendre parler. «Avant de venir ici, j’étais un peu nerveux, rigole-t-il. Cela a quelque chose d’impressionnant de jouer en équipe de Suisse. Mais dès que je suis arrivé dans le vestiaire, tout a été plus simple.» Au terme des entraînements, c’est forcément à lui - et l’autre «gamin», Philipp Kurashev - qu’est confié la tâche de rangers les pucks. Un «bizutage» normal lorsque l’on est le plus jeune du vestiaire.

Cette progression fulgurante devrait attirer la convoitise des recruteurs d’Amérique du Nord. Selon le centre de scouting de la NHL, il est classé au 101e rang des joueurs de champ évoluant en Europe. La classification de «Prospect de Catégorie C» lui prédit une sélection entre le 4e et le 6e tour de la prochaine draft, qui se tiendra fin juin à Vancouver. Pas de quoi le faire perdre son calme pour autant. «Mon club privilégié pour être repêché? Franchement je ne sais pas trop. De toute façon, je n’aurais pas vraiment mon mot à dire. Mais j’aime bien les clubs canadiens car c’est un pays qui m’a toujours attiré. Mais j’avoue ne pas me poser la question pour le moment.»

Pour le moment, en effet, Janis Moser a surtout une première «cape» internationale en ligne de mire. Dès ce soir à Sierre contre la France? Jeudi matin, il ne savait pas encore s’il serait sur la glace ou non. Une chose est sûre: si Patrick Fischer décide de lui donner sa chance, Janis Moser saura la saisir. Comme l’été passé lorsque le coach de Bienne, Antti Törmänen, lui a donné ses premières minutes de glace en National League. Et dire qu’il n’a que 18 ans…

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