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Ski alpinJanka: «J'ai dû aller jusqu'en Corée du Sud pour gagner un Super-G»

Revoilà le grand Carlo Janka! Le Grison a remporté de main de maître le super-G de Coupe du monde de Jeongseon sur la piste des JO 2018.

Skiant comme à ses plus belles heures, Carlo Janka a signé sa plus belle prestation depuis belle lurette.

Skiant comme à ses plus belles heures, Carlo Janka a signé sa plus belle prestation depuis belle lurette.

Keystone

Revoilà le grand Carlo Janka ! Le Grison a remporté de main de maître le super-G de Coupe du monde de Jeongseon sur la piste des JO 2018.

Davantage que d'une victoire, il faut parler d'une démonstration. Sur une piste sud-coréenne où tout lui a réussi, et sur laquelle il a pu tailler des merveilles de courbes, Carlo Janka a surclassé ses rivaux. Seul l'Italien Christof Innferhofer est parvenu à rester dans la même seconde, et encore en accusant un écart considérable de 82 centièmes.

Tous les autres ténors du super-G se sont soit cassé les dents sur le chrono de Carlo Janka, soit montrés incapables de finir la course. Les éliminations ont en effet été nombreuses sur un tracé où il fallait prendre le maximum de risques. Parmi les victimes du jour, on retrouve le Norvégien Kjetil Jansrud, vainqueur la veille en descente et qui faisait à nouveau figure de favori dimanche, mais aussi de l'Italien Dominik Paris ou l'Américain Andrew Weibrecht.

En aurait-il été autrement s'ils avaient tous pu aller jusqu'au bout ? Rien n'est moins sûr face à ce Carlo Janka en état de grâce. «Entre les sauts, les mouvements de terrain et certaines courbes, les pièges étaient nombreux. Mais j'ai fait le pari de prendre des risques à ces passages clefs, et cela a payé», a expliqué le grand vainqueur du jour.

Skiant comme à ses plus belles heures, le lauréat du classement général de la Coupe du monde 2009/2010 a réussi sa prestation la plus aboutie depuis belle lurette. Cela ne signifie pas qu'il était hors du coup lors de ses précédentes courses. Régulièrement bien placé, mais rarement tout devant, le coureur d'Obersaxen a souvent vu ses manches ruinées par de petites imprécisions, l'empêchant de réussir un gros coup. A cela s'ajoutent des douleurs récurrentes au dos, qui expliquent également pourquoi il lui a fallu autant de temps pour renouer avec la victoire.

Une première en super-G

Le champion du monde 2009 et olympique 2010 - à chaque fois en géant - n'avait plus gagné en Coupe du monde depuis le combiné de Wengen en janvier 2015. Une victoire qui restait également la dernière en date d'un Suisse sur le circuit masculin. En super-G, la disette remontait même à deux ans avec le succès de Didier Défago à Kitzbühel en janvier 2014.

Vainqueur à onze reprises en Coupe du monde, Carlo Janka n'avait lui-même encore jamais remporté un super-G. «C'est quand même dingue de se dire que j'ai dû aller jusqu'en Corée du Sud pour enfin gagner dans cette discipline», a-t-il lâché. «Le super-G, avec une seule reconnaissance, s'est souvent apparenté à un challenge difficile pour moi. Voilà pourquoi je préfère en général la descente, où les entraînements me permettent de prendre mes marques», a-t-il expliqué.

C'est justement en descente que Carlo Janka a retrouvé la confiance cet hiver, et plus particulièrement après celle de Kitzbühel il y a deux semaines. «En terminant au 3e rang sur la Streif, je me suis prouvé que je pouvais être compétitif malgré mon manque d'entraînement (réd: à cause de son dos)», a-t-il raconté. «Je dois encore veiller à me ménager, mais cela ne doit pas m'empêcher de briller en course», a-t-il souligné, avant de rendre hommage à son physiothérapeute Rolf Fischer: «Sans lui, je ne serais pas là», a-t-il assuré.

Septième samedi en descente, puis vainqueur en super-G, Carlo Janka a d'ores et déjà pris rendez-vous pour les JO 2018, dont les épreuves de vitesse se dérouleront sur cette piste de Jeongseon. «C'était vraiment une bonne semaine», a-t-il dit.

Ralph Weber se montre

Bonne semaine également pour l'espoir saint-gallois Ralph Weber (22 ans), 13e en descente puis 14e en super-G. «Cela valait la peine d'effectuer ce long voyage», a reconnu celui qui, gentiment mais sûrement, fait sa place en Coupe du monde.

De son côté, Beat Feuz a dû se contenter du 20e rang du super-G dominical, dans une discipline où il n'a pas encore retrouvé toutes ses marques. Cela va, en revanche, beaucoup mieux en descente pour le Bernois. Cinquième samedi dans l'épreuve reine, il a confirmé son retour au premier plan après ses podiums de Kitzbühel (2e) et Garmisch (3e). «Il y a quatre mois, j'aurais regardé avec méfiance tous ceux qui m'auraient annoncé de tels résultats cet hiver», a relevé celui qui n'a repris la compétition qu'à la mi-janvier, conséquence d'une déchirure du tendon d'Achille. «Je suis ravi, mais aussi le premier surpris», a-t-il ajouté.

(ats)

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