Football: Jared Khasa, la Ferrari du FC Sion: prêt à lâcher les chevaux
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FootballJared Khasa, la Ferrari du FC Sion: prêt à lâcher les chevaux

Réputé pour sa vitesse, l’attaquant de Tourbillon vaut sans doute mieux que ses seules qualités athlétiques. «LeMatin.ch» l’a rencontré pour une interview pied au plancher.

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Sport-Center
Jared Khasa en compagnie du journaliste du Matin.ch

Jared Khasa en compagnie du journaliste du Matin.ch

On connaissait déjà la passion roulante de Christian Constantin pour les bolides au cheval cabré. Concurrence pour le boss valaisan, une nouvelle Ferrari a intégré les rangs sédunois, épousant les traits de Jared Khasa, l’homme qui joue plus vite que son ombre. A 21 ans, l’ailier-sprinter français fait des ravages dans son couloir droit chaque fois qu'il entre en jeu. On l’a rencontré à Martigny, entre deux entraînements.

Jared, ce surnom de Ferrari, il vous vient d’où?

De mon accélération au printemps dernier contre Xamax. A cette occasion, Quentin (ndlr: Maceiras) a dit que j’étais la Ferrari du FC Sion. Et cela m’est resté, ça ne me dérange pas. Au contraire, c’est toujours plaisant. La vitesse, c’est ma qualité première. J’essaie de l’utiliser au maximum. Avec ma vitesse, on m’a toujours répété que j’allais pouvoir réaliser de grandes choses.

Derrière un volant, vous conduisez quel modèle?

Une Mercedes classe a. Je roule tranquille. Il n’y a que sur une pelouse que je fais des excès de vitesse!

Vous valez combien sur 100 m?

Aucune idée. Mais lors de tous les tests de vitesse, je laisse tout le monde derrière moi. Même si je ne l’ai jamais pratiqué, j’adore l’athlétisme, surtout les épreuves de sprint.

Pour un footballeur, la vitesse n’est cependant pas tout…

Vous avez raison. Ne faire que sprinter, ce n’est pas assez. Je ne suis pas qu’une Ferrari. Il faut utiliser la profondeur, faire des appels, varier son jeu (...) A mon arrivée en Valais, j’ai eu de la peine à franchir quelques étapes. Au début, c’était même compliqué. J’avais beau être conscient de mes qualités, je n’arrivais pas à les exprimer. J’ai eu des moments de doutes, j’ai galéré mais grâce à l’appui de mes proches, je n’ai rien lâché. Je me suis accroché, ce dont je peux être fier. Si l’on ne me faisait pas confiance, c’est parce qu’il me manquait quelque chose.

Quoi par exemple?

J’ai dû compléter mon registre, améliorer mon jeu dos au but, ne pas me contenter de jouer sur ma facilité. Longtemps, j’arrivais à déborder mais j’avais du mal à terminer mes actions, à réussir mes centres.

Que vous manque-t-il aujourd’hui?

A titre personnel, sûrement un premier but en Super League qui me permettrait de changer de dimension. Même si cela me pèse, je ne dois pas me focaliser là-dessus. Cette opportunité se présentera, forcément.

Quand vous ne jouez pas et que votre entraîneur vous relègue sur le banc au coup d’envoi, vous trouvez cela normal?

Franchement, vous voulez vraiment le savoir? Non! Chaque fois que je rentre, je m’efforce de donner le maximum. Mais me retrouver ensuite systématiquement à nouveau sur le banc, ça peut frustrer. Je ne baisse pas les bras pour autant. J’aimerais avoir un autre rôle que celui de joker. Mon objectif, c’est de m’imposer dans le onze de départ.

Avec seize points au compteur après le premier tour, que penser du bilan intermédiaire du FC Sion? A vos yeux, il est moyen, suffisant, bon, excellent…

Il est déjà meilleur que celui des dernières saisons, ce qui est le signe d’un changement des mentalités. Mais on aurait dû faire mieux encore. Nos défaites contre Saint-Gall et YB me restent en travers de la gorge.

Les observateurs évoquent tous un véritable changement avec Stéphane Henchoz, mais vécu de l’intérieur, comment cela se traduit-il?

Il y a plus de hargne, plus d’envie. On ne travaille pas forcément plus mais on travaille mieux. Le groupe est davantage soudé, on forme une vraie équipe. On sent une autre atmosphère.

Pourtant Sion n’y arrive toujours pas devant son public. Existe-t-il un syndrome de Tourbillon quand vous évoluez à domicile?

S'il y en a un, à nous de faire en sorte qu’il n’y en ait plus. Inconsciemment, peut-être y-a-t-il une forme de crispation. On peine à se lâcher vraiment, à mettre le feu. L’appui de notre public devrait plutôt constituer un atout. On sent une énorme attente, avec des gens prêts à s’enflammer. Nos fans attendent un spectacle, à nous de le leur offrir.

Cette saison, Sion a perdu contre les trois équipes qui le précèdent, Bâle, YB et Saint-Gall. Que faut-il en déduire?

Qu’il nous manque toujours un petit quelque chose. C’est à la fois peu et peut-être beaucoup. On sait ce qu’il convient de corriger, notre manque de constance par exemple qui provoque un relâchement. Cela s’est produit à Berne samedi passé quand on a chaque fois encaissé un but après en avoir marqué un. Cela ne devrait pas se produire.

Dimanche, juste avant la pause internationale, il y a la venue de Lugano à Tourbillon…

Je crois que chacun sait de quoi il en retourne. On s’est planté contre Saint-Gall. A nous de faire plaisir à notre public.

Parlant de vous, Christian Zermatten, votre ancien entraîneur, estimait la saison dernière que vous étiez «bien meilleur qu’Usain Bolt avec un ballon»…

C’est quand même normal, non? Bolt n’est pas footballeur, ce n’est pas son métier. Et moi, j’aime courir vite avec un ballon!

Propos recueillis par Nicolas Jacquier

Deux passes décisives en 87 minutes de jeu

Originaire de la République démocratique du Congo, Jared Khasa est né le 4 novembre 1997 à Vernon, en Normandie. Formé au Havre, il a rejoint le FC Sion en janvier 2016, où il a incorporé les M21 du club valaisan. Après quelques mois sans suite au FC Fribourg, l’ailier droit – 1m89 pour 84 kg - revient à Tourbillon. Incorporé dans la première équipe l’automne dernier, il fête sa première titularisation en Super League avec Murat Yakin le 21 octobre 2018 (0-0 contre GC). Cette saison, il compte cinq apparitions en championnat pour un temps de jeu limité à 87 minutes (2 assists).

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