Tennis - «Je me la pète un peu à la Roger»
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Tennis«Je me la pète un peu à la Roger»

Gaël Monfils renoue avec la joie, Petra Kvitova se blesse à cause des journalistes et Carla Suarez Navarro force le plus profond respect.

par
Simon Meier
Jérémy Santallo
(Paris)
Sport-Center

Monfils, «pire qu’un diesel»

Dans une ambiance de corrida au sein d’un Suzanne-Lenglen autant surchauffé par le soleil que par des fans dans un état second, il s’est retourné vers son clan pour lui dédier ce succès, le deuxième seulement en 14 mois. Dans le trou tennistiquement depuis la reprise après le premier confinement, Gaël Monfils s’est offert un bain de bonheur mardi. Opposé à un pur terrien et pas des moindres, l’Espagnol Albert Ramos (38e), qui a gagné autant de rencontres sur ocre cette saison que Stefanos Tsitsipas, le Français a «démarré lentement, pire qu’un diesel», et fait un paquet de fautes directes (18) par «trop envie de bien faire» dans le 1er set. Mais au cours du second, il a reçu un soutien de poids: celui-ci de sa future femme Elina Svitolina.

L’Ukrainienne a accouru dans les tribunes du Lenglen aussitôt après sa victoire. Casquette sur la tête et magnifique débardeur à l’effigie des Chicago Bulls de Michael Jordan, on l’a vue encourager son homme et lui transmettre les bonnes ondes dont il avait tant besoin. «L’an dernier, je l’aurais perdu celui-là. Pas cette année. J’étais bien sur le terrain: je fais mes petits signes NBA, je regarde un peu mon frère, je me la pète un peu à la Roger (il parle de sa position près de la ligne de fond de court à la relance).» Sous les yeux de sa mère, qu’il n’avait pas vue depuis longtemps, et de son père, «qui s’est jeté dans un avion», Gaël Monfils a peut-être eu un déclic salvateur.

La presse et ses dangers (suite)

La presse est décidément dangereuse pour les joueuses à Paris. Après le feuilleton à rebondissements autour de la Japonaise Naomi Osaka (no2 mondiale), qui a fini par se retirer du tournoi afin d’éviter micros et stylo et ainsi préserver sa santé mentale, c’est au tour de Petra Kvitova d’être victime de la féroce meute médiatique. La Tchèque, douzième raquette mondiale, a déclaré forfait mardi à la veille du 2e tour qu’elle devait disputer contre la Russe Elena Vesnina.

La raison de ce faux-bond? La double demi-finaliste à la Porte d’Auteuil (2012 et 2020) s’est blessée à une cheville en tombant, alors qu’elle répondait aux questions de journalistes dimanche dans la foulée de sa victoire au 1er tour. Les circonstances exactes de l’accident demeurent un peu floues. Mais le mal est fait. «C’est une incroyable malchance, mais je resterai forte et ferai de mon mieux pour récupérer à temps pour la saison sur gazon», a commenté l’infortunée sur Twitter.

La plus belle des défaites

Carla Suarez Navarro (WTA 118) a certes fini par perdre (3-6 7-6 6-4) son combat contre l’Américaine Sloane Stephens (WTA 59). Mais l’Espagnole de 32 ans, qui a servi pour le match à 5-4 dans la deuxième manche, n’aura rien à se reprocher. Au contraire: la droitière de Las Palmas, qui vient de se débarrasser d’un cancer du système lymphatique, a une nouvelle fois forcé le respect. Venue à Roland-Garros pour prendre congé du public raquette à la main et non depuis un lit d’hôpital, l’ex-numéro 6 mondiale (début 2016) a été admirable d’abnégation et de pugnacité.

Logiquement «cuite» à l’issue des deux premiers sets - elle n’avait plus disputé le moindre match depuis février 2020 -, celle qui possède l’un des derniers revers à une main du circuit s’est accrochée jusqu’au bout de ses forces. Fidèle à elle-même et à son parcours. Il lui a manqué trois fois rien pour poursuivre l’aventure. Mais son ultime baroud d’honneur sur la terre battue parisienne, où elle s’était révélée en 2008 en atteignant les quarts de finale après être sortie des qualifications, restera gravé comme une leçon. Unique regret: elle méritait un stade plein et elle n’a eu droit qu’à (environ) 200 spectateurs à son entrée sur le court Simonne-Mathieu à 19h47 - puis zéro dès la fin du premier set, en raison du couvre-feu. De là à penser que les organisateurs ont scandaleusement foiré leur programmation, il n’y a qu’un pas qu’on franchit sans hésiter.

Le chiffre ahurissant

Le gaillard n’a jamais un pet de travers: jamais blessé, jamais blasé des journalistes, maître de la longévité, Feliciano Lopez, 40 ans le 20 septembre prochain, vient de disputer son 76e tournoi du Grand Chelem DE SUITE depuis 2002. C’est 9 de plus que son compatriote Fernando Verdasco. Mieux, malgré son élimination d’entrée mardi face à l’Argentin Federico Coria – au passage, Lopez a affronté son frère, Guillermo, à Paris en 2003 (!) –, l’Espagnol est devenu le recordman de participations à Roland-Garros avec 21 apparitions. Vous en doutiez sûrement mais non, Rafael Nadal ne possède pas tous les records à la Porte d’Auteuil.

«Swiss party» chez Simonne

Serena Williams sur le Chatrier? Stefanos Tsitsipas sur le Lenglen? Non. La vraie actu de mercredi, c’est cette double ration helvétique qui nous attend autour de la bucolique enceinte Simonne-Mathieu. À partir de 11 heures, Belinda Bencic va tenter de confirmer sa belle performance du 1er tour contre la Russe Daria Kasatkina. Dans la foulée, il n’y aura ni plus ni moins que le clou du spectacle entre Henri Laaksonen et un terrien référencé: l’Espagnol Roberto Bautista Agut. À ne manquer sous aucun prétexte.

Le cadeau bonus

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