Freeride: «Je me suis sentie dans un autre monde»
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Freeride«Je me suis sentie dans un autre monde»

Première gagnante suisse de l'Xtreme en ski féminin, Elisabeth Gerritzen est revenue sur cette surprise de taille. Non sans avoir déjà bien arrosé ça avec ses amis sur place.

par
Stéphane Combe
Verbier (VS)
Elisabeth Gerritzen a réalisé un rêve d'enfant à Verbier.

Elisabeth Gerritzen a réalisé un rêve d'enfant à Verbier.

Keystone

Elisabeth Gerritzen, si on vous l'avait dit ce matin, auriez-vous pensé que vous pouviez légitimement vous imposer?

Non, je n'y aurais pas du tout cru. C'est un rêve d'enfant. Rien que de participer à cette épreuve, c'est irréel. Alors gagner avec des filles derrière qui poussent pour faire des runs incroyables, c'est juste fou.

Avez-vous ressenti des signaux précurseurs à cette performance?

Hier soir, j'étais super stressée, ce matin ça allait mieux. J'ai tous mes potes qui sont montés avec des bouteilles de blanc et je me suis dit que quoi qu'il arrive, je retrouverais mes dix meilleurs amis au Col des Gentianes. Ça ne pouvait pas mal se passer.

L'an dernier, vous aviez lourdement chuté après quelques secondes sur la face. Avez-vous pensé à ce run aujourd'hui?

Non j'ai complètement essayé d'enlever cette image de l'année passée Je m'étais trop mis la pression. Le fait d'être à la maison, ça aide, mais ça complique aussi. Cette année, j'ai refusé pas mal de sollicitations. C'était la recette gagnante. Je pense que si je n'avais pas pris une claque aussi monumentale l'année passé, je n'aurais pas pu gagner aujourd'hui.

Nicolas Hale-Woods, directeur du World Tour, nous a dit n'avoir jamais vu une si belle ligne dans l'histoire du Tour en ski féminin. Qu'est-ce que ça vous inspire?

La plus belle ligne, vraiment? Wow, ça me rend fière. Dans le portillon de départ, je n'avais pas l'idée de faire une ligne historique. Quand on ride, on ne pense pas toujours au niveau que l'on a mis, on est juste content d'arriver sur ses deux skis. J'ai mis de la vitesse, ça a payé.

Justement, expliquez-nous votre choix de miser sur la vitesse, pour une fois.

En fait, j'avais prévu une ligne très différente de ce que j'ai fait. Sur le deuxième saut, j'ai vu que j'avais beaucoup de vitesse, alors j'ai privilégié cet aspect-là, tout en cherchant un dernier gros saut. On skie souvent avec les éléments, dans l'instant présent, il y a beaucoup d'improvisation. D'ailleurs, je ne me souviens déjà plus de mon run. J'étais dans un autre monde.

Vous gagnez la plus belle compétition de votre sport, à 23 ans. Que rêver de plus?

Gagner une deuxième fois, ce serait cool. Je ne me dis pas de viser le général du World Tour (ndlr: elle termine 3e cette année). Le général a peu d'importance par rapport à l'Xtreme et toutes les émotions qu'on vit. Ce qui est sûr, c'est que ce résultat libère mon esprit. Mon problème, c'est la confiance. Niveau «ego-boost», tu peux difficilement faire mieux que ce que j'ai fait aujourd'hui.

Désormais, place à la fête?

Il y a une règle officieuse, qui est de dépenser 10% du prize-money durant la fête qui suit l'Xtreme. Alors si vous voulez boire à mes frais, venez tous à Verbier ce soir!

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