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Infanticides«Je n'irai pas aux obsèques de mon fils»

Le drame familial qui a eu lieu mercredi à Bulle (FR) aura fait trois morts: le bébé Afeni (2 mois), la petite Daisy (6 ans), décédée vendredi, et P. F., qui s'est suicidé. Contacté au Portugal, le père du criminel est effondré.

par
Stéphane Berney
Le lieu du drame.

Le lieu du drame.

Keystone

Sur le palier, des petites bottes de neige roses qui ne serviront plus. Sous le paillasson, la clé de l'appartement désormais silencieux. Sur le parking, la Renault Clio grise de la maman, à l'avant un paquet de comprimés encore ouvert; à l'arrière un siège-auto pour enfant imprimé de petits dessins multicolores qui restera vide.

Au rez-de-chaussée, une boîte aux lettres pleine. Tout est resté en plan. Au 2e étage à gauche, au numéro 17 de la rue Auguste-Majeux à Bulle (FR), la vie s'est brusquement arrêtée mercredi soir. Lorsque P. F. a fait feu avec un «pistolet de collection» sur les deux filles de sa compagne J. M.: Afeni, née le 29 octobre dernier, et Daisy, 6 ans.

Puis il est allé se suicider dans la forêt de Bouleyres, à 300 m, dans l'axe exact de l'immeuble. «Il a dû voir les lumières du bâtiment avant de se tirer une balle», lâche un voisin. Dans cette forêt, au sol, seule reste l'empreinte de son corps visible dans les feuilles mortes.

Quatre frères et une soeur

Contacté par «Le Matin Dimanche» au Portugal, Boaventura F., père du meurtrier, est en larmes: «Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça? Je ne comprends pas ce qui a pu arriver à P. Je me suis démené pour l'élever. Il a quatre frères et une soeur entre le Portugal, Paris et la Suisse, de mères différentes.» Ce père bouleversé dit ne pas bien connaître la famille de la compagne de son fils, avant de fondre à nouveau en sanglots. «J'ai pris un mois de vacances. Je rentrerai bientôt à Moudon (VD). Pour l'instant, je pars samedi (ndlr: hier) au Cap-Vert. Je n'irai donc pas aux obsèques de mon fils prévues en Suisse. Je ne sais pas ce qui est prévu.» Néanmoins, il affirme vouloir soutenir la famille endeuillée. Comment? Il ne trouve pas les mots.

Dans l'immeuble, rien ne laissait présager le drame après cette violente dispute. Le concierge en témoigne: «Le jour même, j'ai croisé la maman à la buanderie avec son bébé, tout semblait normal. Et dernièrement ce monsieur m'avait spontanément aidé à décharger du mobilier.»

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