Actualisé 06.07.2020 à 19:13

Tribunal«Je n’ai pas à être enfermé pour quatre coups de poing»

Deux jeunes ont frappé un quidam qui leur demandait de ne pas fumer dans la salle d'attente de la gare de Sonceboz-Sombeval (BE). Verdict: prison ferme.

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lematin.ch
À Sonceboz-Sombeval (BE), sur la ligne Bienne-La Chaux-de-Fonds et Bienne-Tavannes, la salle d'attente est située sur les quais 2 et 3.

À Sonceboz-Sombeval (BE), sur la ligne Bienne-La Chaux-de-Fonds et Bienne-Tavannes, la salle d'attente est située sur les quais 2 et 3.

V.Dé

Il faisait froid en décembre 2018 à la gare de Sonceboz-Sombeval, dans le Jura bernois. Dans la petite salle d'attente vitrée des quais 2 et 3, un quidam a demandé à deux fumeurs d'éteindre leurs cigarettes. Mal lui en pris: ce quinquagénaire a été roué de coups de poing et de pied.

«Si c’était à refaire, je passerais mon chemin», a confié la victime aux cinq juges du Tribunal régional Jura bernois-Seeland à Moutier, pendant l’audience tenue la semaine dernière. Un agresseur en a remis une couche: «C’est bien fait pour sa gueule», a-t-il lâché. Il invectivait les juges. Des policiers l'ont sorti de la salle, capuchon sur la tête.

Cigarette proscrite

Le quinquagénaire a-t-il demandé poliment ou agressivement d'arrêter du fumer, dans un local où la cigarette est proscrite? Les versions divergent, mais frappée dans les côtes et au visage, la victime a subi un déferlement de violence, comme l'a constaté la radio «RFJ».

Verdict: le Tribunal régional Jura bernois-Seeland à Moutier a condamné les deux agresseurs à cinq ans et demi pour l'un, et à un an de réclusion pour l'autre. Les juges ont retenu la tentative de lésion corporelle grave.

À genoux

Selon «RFJ», présent à l'audience, le lésé, à genoux, appuyé sur ses mains, s'est vu infliger plusieurs coups en pleine tête. Il n'a dû qu'au hasard ou à la chance de s'en être sorti avec des lésions simples.

Si le premier prévenu âgé 22 ans écope d’une peine plus lourde que son complice, c'est parce qu’il a été jugé pour quatre autres faits de violence. Il agissait avec une bande de jeunes qualifiés à St-Imier de «terreurs des bacs à sable».

Quatre coups

«Je n’ai pas à être enfermé pour quatre coups de poing», s’est indigné le trentenaire, après avoir affirmé que le lésé a agressé le premier.

Les deux agresseurs s’étaient rencontrés en foyer. Ils sont sous les verrous depuis 15 mois. Une fois sa peine purgée, le principal accusé sera exclu du territoire suisse pour dix ans. Son complice fera l’objet d’une mesure de traitement institutionnel dans un établissement fermé.

Vincent Donzé

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