Télémark: «Je n’ai pas prévu de construire une annexe pour mes globes!»
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Télémark«Je n’ai pas prévu de construire une annexe pour mes globes!»

Amélie Wenger-Reymond a remporté les quatre globes de cristal lors des finales de Coupe du monde à Thyon. La Valaisanne détient désormais 45 boules dans son incroyable collection.

par
Sylvain Bolt
Amélie Wenger-Reymond a remporté tous les classements en télémark cette saison. 

Amélie Wenger-Reymond a remporté tous les classements en télémark cette saison.

Etienne Bornet – 360DSM

À 33 ans, Amélie Wenger-Reymond est la reine absolue du télémark. Personne ne semble en mesure de la faire chuter de son trône. La Sédunoise a remporté ce week-end le onzième globe du général de sa carrière. Ainsi que les globes du sprint, de la classic, du sprint parallèle et par équipes.

Un carton plein qui porte à 45 son total de trophées en cristal en Coupe du monde. Depuis ses débuts sur le circuit en 2007, la Valaisanne est montée sur 201 podiums (158 victoires) en… 211 départs.

Avec quatre nouveaux globes ce week-end, vous portez votre collection à 45… Avez-vous prévu de construire une cabane pour les ranger?

Pour le moment, mes globes de cristal s’empilent bien dans des caisses. Celles-ci sont toutes rangées dans la cave. (Rires)

Vous les sortirez à la fin de votre carrière?

Il faudra voir, mais je n’ai pas prévu de construire une annexe spécialement pour exposer mes globes. Mais si quelqu’un a des idées pour faire quelque chose de joli avec, je suis preneuse! Par contre, je ne vais pas mettre mes 45 globes dans mon salon, ça c’est sûr! (Rires)

Etienne Bornet – 360DSM

Si vous deviez sortir un globe de cristal de votre cave, ce serait lequel?

Mon premier globe du général. Et peut-être aussi le premier après la naissance de ma fille en 2019.

Comment faites-vous pour garder de la motivation, après plus d’une décennie de domination totale?

C’est vraiment le plaisir qui me tire. Cette passion pour ce sport. Je cherche toujours des moyens d’améliorer de petits détails. De trouver de nouveaux challenges. En télémark, on joue toujours avec cet équilibre. Il y a des sensations dans les virages qui sont très spéciales. Des sauts très intéressants. C’est tout ça qui explique que je suis encore là aujourd’hui!

Vous arrivez à expliquer une telle hégémonie helvétique?

On a un encadrement qui est excellent dans notre pays. On peut aussi compter sur plusieurs athlètes suisses avec de longues années d’expérience. Nous sommes trois athlètes présents depuis longtemps sur le circuit. Et les jeunes nous tirent la bourre. Nous venons presque tous de la région de Thyon, donc c’est également intéressant pour les entraînements. De jeunes poussent ici et ce serait super que d’autres clubs deviennent performants.

«J’espère que le télémark aura un jour sa place aux JO»

Amélie Wenger-Reymond

Avec autant de succès, vous seriez une véritable star en ski alpin. Ressentez-vous une certaine frustration?

Je fais ce sport premièrement pour moi-même. La reconnaissance est secondaire. Mais pour le télémark, ce serait vraiment positif qu’il y ait davantage de médiatisation. Qu’il y ait plus de pratiquants.

Les Mondiaux débutent mercredi à Melchsee-Frutt (Obwald). C’est une belle opportunité pour enrichir encore votre palmarès mondial (elle a empoché 13 titres et 8 médailles d’argent depuis 2007)

Oui, c’est déjà un miracle qu’ils puissent se dérouler (ndlr: Melchee-Frutt a repris au pied levé l’organisation des Mondiaux à Mürren. La situation sanitaire liée au Covid-19 dans la petite station de l’Oberland bernois n’a pas permis de mettre en place les compétitions). On espère que les conditions seront bonnes. Et l’objectif est clairement de ramener de nouvelles médailles.

«Il faudra que je me mette autour de la table après les Mondiaux concernant la suite de ma carrière…»

Amélie Wenger-Reymond

Le télémark n’a pas séduit le CIO. C’est un regret pour vous?

C’est clair qu’à 33 ans, l’olympisme ne sera clairement pas un thème pour moi. J’espère que ça se débloquera pour les plus jeunes un jour. Il y a trois ans, la FIS avait présenté le télémark au CIO, qui ne l’a pas retenu. Là, je m’étais un peu mise à rêver, mais ça ne s’est pas fait. En tant qu’athlète, on n’a pas de grande influence. La discipline retentera le coup. J’espère que ça passera cette fois.

De quoi pouvez-vous encore rêver sportivement?

Personnellement, j’ai uniquement les Mondiaux à venir dans le viseur. C’est tout ce qui compte. Je me concentre là-dessus et il faudra ensuite réfléchir à la suite.

Vous n’êtes pas sûre de rempiler la saison prochaine?

Je ne sais pas. J’ai toujours autant de plaisir à pratiquer mon sport. Mais ma fille grandit. Il y a d’autres paramètres qui entrent en ligne de compte. Il faudra que je me mette autour de la table après les Mondiaux.

Les Suisses mettent la main sur les 9 globes

Les athlètes suisses ont remporté les neuf globes de cristal remis lors des finales de la Coupe du monde de télémark à Thyon (VS). Chez les hommes, Bastien Dayer a été le dominateur de la saison. Dix-sept ans après ses débuts en Coupe du monde, le Valaisan a remporté le général de la Coupe du monde pour la première fois de sa carrière. Il a également enlevé deux autres globes (Classic et sprint parallèle).

Dimanche, l’annulation de lépreuve parallèle en raison de la neige et du vent, n’a pas permis à Nicolas Michel de contester le globe du général à son coéquipier Bastien Dayer. Nicolas Michel a dû se contenter du petit globe en sprint. La Suisse a également remporté le globe de cristal par équipes.

De gauche à droite: Nicolas Michel, Bastien Dayer et Amélie Wenger-Reymond.

De gauche à droite: Nicolas Michel, Bastien Dayer et Amélie Wenger-Reymond.

Etienne Bornet

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