Football: «Je n’aime pas l’expression jouer le maintien»
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Football«Je n’aime pas l’expression jouer le maintien»

Après l’amical contre Chiasso (2-2), le défenseur central Jean Ruiz fait le point sur le nouveau départ du FC Sion.

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Sport-Center
Jean Ruiz, ici en amical à l'été 2019, a disputé la première mi-temps vendredi contre Chiasso, associé en charnière à Birama Ndoye.

Jean Ruiz, ici en amical à l'été 2019, a disputé la première mi-temps vendredi contre Chiasso, associé en charnière à Birama Ndoye.

Keystone

Jean Ruiz, qu’est-ce que cela fait d’enfin rejouer un match?

Ça fait du bien. Même si on s'est entraîné seul pendant le confinement, que cela fait trois semaines qu’on a repris collectivement, il manquait quelque chose. Rien ne remplace l'intensité d’un match. Même si c'est un amical, qu’il y a beaucoup de changements, c’est autre chose. On a retrouvé cette atmosphère spéciale: le stress positif, l'adrénaline. Il y avait cette envie de bouger l’adversaire, la volonté de gagner. Tout ce qui est difficile de recréer à l'entraînement si on est un compétiteur.

Après trois mois de pause et un seul amical, comment vous sentez-vous physiquement?

À l'entraînement je me sentais bien, mais ça n'a rien à voir avec la compétition, d’autant plus que l’on va jouer tous les trois jours. L’enchaînement va être compliqué, il nous manque encore des repères. Ce n'est pas possible d'arrêter trois mois et de revenir avec des automatismes comme si de rien n'était. Mais avec l'enchaînement des séances à haute intensité, avec des sprints, des accélérations, je pense qu'on va vite retrouver notre niveau physique d'avant confinement.

Comment recevez-vous le discours du coach? C'est quoi la patte Paolo Tramezzani?

Alors déjà, je ne comprends pas du tout l'italien (rires). Des fois, il essaie de me parler en italien et il me dit «capito, capito»… mais je ne comprends rien. Heureusement, quand il parle en anglais, ça fonctionne. Et puis sur le terrain, on comprend mieux les consignes qu'en dehors, lorsqu’il est au tableau avec ses schémas. Après, il faut s’habituer car il ne partage pas du tout la même philosophie de jeu que Dionisio.

C’est-à-dire?

Avec Tramezzani, on est vraiment dans l'intensité. Il faut tout faire à 2000 km/h même si ce n'est pas forcément long. La possession de balle est une notion moins centrale. Cela dit, on l'a bossée quand même ces derniers jours, car on ne pourra pas être à fond en permanence; surtout avec des matches tous les trois jours. On devra être capable de maîtriser des temps de jeu plus calmes pour gérer nos efforts. Mais quand Dionisio insistait sur la possession et la récupération rapide, on se concentre désormais davantage sur notre comportement défensif, la couverture mutuelle et l’intensité.

Certains cadres de l’équipe sont en fin de contrat au 30 juin. C’est une situation compliquée pour le groupe?

C'est particulier. Mais j’insiste: personne ne s'appuie sur cette situation pour tricher. On a même changé des choses dans la vie de groupe pour être davantage soudés. On possède désormais une salle de vie où on peut se retrouver avant et après l'entraînement pour jouer au ping-pong ou passer du temps ensemble. On a aussi mis des règles plus strictes concernant les téléphones. Je trouve que ça fonctionne très bien entre nous, ce qui est essentiel pour être performant.

Justement, des bonnes performances sont nécessaires. Est-ce que le FC Sion se lance dans une «opération maintien»?

Je n'aime pas l’expression «Jouer le maintien». Il reste treize matches, et si on en gagne neuf ou dix, on peut tout à fait se retrouver quatrième. Tout peut aller très vite dans le football. Après, je suis d'accord: on a d'abord un maintien à aller chercher. Mais pourquoi se limiter à cela?

Propos recueillis par Mathieu Aeschmann

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