07.06.2015 à 23:44

Tennis«Je ne pensais pas en être capable»

Après sa victoire contre Djokovic en finale à Roland-Garros, Stan Wawrinka est revenu sur sa folle quinzaine.

Stan Wawrinka pose avec le trophée.

Stan Wawrinka pose avec le trophée.

Reuters

Stan Wawrinka était bien évidemment aux anges après son deuxième titre du Grand Chelem. «C'est une sensation extraordinaire. Mais je peine encore à réaliser que j'ai gagné Roland-Garros,» lâchait-il.

Le Vaudois de 30 ans a-t-il craint de rester l'homme d'un seul exploit en Grand Chelem? «Cela m'aurait aussi convenu», souriait le champion d'Australie 2014, qui a commencé sa conférence de presse en posant son célèbre short devant lui. «Un grand exploit, c'est déjà beau. Honnêtement, je ne pensais pas être capable de gagner un deuxième titre du Grand Chelem», glissait-il.

«Mais quand je me retrouve en demi-finale d'un tournoi majeur, je sais que je n'ai plus que deux matches à gagner pour aller au bout. Et je sais que je suis capable de battre des joueurs comme Jo-Wilfried Tsonga ou Novak Djokovic (ndlr: ses deux derniers adversaires dans cette quinzaine)dans ces grands rendez-vous. Mais il est clair que je suis plutôt satisfait d'avoir gagné un Open d'Australie et un Roland-Garros», s'amusait-il.

«Beaucoup de fierté»

Stan Wawrinka peinait néanmoins à exprimer plus précisément ses émotions. «Je me sens calme et relax. C'est étrange. C'est difficile à décrire. Il y a beaucoup d'émotions. Beaucoup de fierté, aussi. Mails il me faudra du temps pour réaliser, même si c'est mon deuxième titre du Grand Chelem. Ce n'est pas facile à digérer,» expliquait-il.

«C'est bizarre de pouvoir dire: «j'ai gagné une médaille d'or olympique (ndlr: en 2008, aux côtés de Roger Federer), une Coupe Davis (ndlr: l'an dernier)et deux titres du Grand Chelem». C'est plutôt incroyable! Je ne m'attendais pas à aller aussi loin dans ma carrière, ni à être aussi fort», convenait-il. "Je suis heureux et fier d'avoir réagi de la sorte après avoir connu deux mois difficiles avec de mauvais résultats et un niveau de jeu peu élevé."

Le joueur de St-Barthélemy a notamment rejoint un joueur de la trempe d'Andy Murray en s'adjugeant un deuxième titre majeur. Le «Big Four» (Roger Federer, Rafael Nadal, Djokovic et Murray) est-il devenu un «Big Five»? «Je ne suis pas aussi fort qu'eux. Ils ont tout gagné depuis dix ans. Mais je suis suffisamment fort pour avoir remporté deux titres du Grand Chelem», expliquait-il.

«Je n'ai pas encore trouvé le moyen de jouer mon meilleur tennis à chaque tournoi. Mais je suis satisfait de ma carrière jusqu'ici,» lâchait Stan Wawrinka, qui a tout de même réussi l'exploit de battre les nos 1 et 2 mondiaux tant lors de son parcours victorieux de l'Open d'Australie 2014 (Djokovic en quart, Nadal en finale) que lors de cette quinzaine parisienne (Roger Federer en quart, Djokovic en finale). "Je ne veux pas être comparé aux membres du Big Four. Je veux simplement continuer à progresser. Et je veux les battre. C'est aussi simple que cela!"

Le Vaudois ne voulait pas non plus comparer son sacre de la Porte d'Auteuil avec celui de Melbourne. «Tout est différent. Celui-ci est très spécial, car j'ai battu en finale un joueur qui a quasiment tout gagné depuis le début de l'année. Il l'est aussi en raison du niveau de jeu qui était le mien. Je suis encore surpris d'avoir pu jouer de la sorte. Je suis surpris de la manière avec laquelle j'ai terminé ce match. J'étais très relâché sur mon côté revers, et j'ai pu frapper quelques coups extraordinaires. C'est rare de pouvoir réussir cela dans une finale face à Novak», concluait-il.

«Stan était le meilleur joueur dans le deuxième set, où j'ai sauvé quelques balles de break (ndlr: 4/5), puis dans le troisième et le quatrième», relevait pour sa part un Novak Djokovic beau perdant. «J'ai pourtant mené 3-0 dans le quatrième et ai eu l'opportunité de renverser totalement la vapeur. Mais je ne pouvais pas en faire beaucoup plus», assurait-il.

«J'aurais peut-être pu jouer de manière plus agressive à certains moments. Mais il a eu le mérite de saisir les opportunités qui se sont présentées. Je peux juste dire «bien joué. Il a tout simplement réussi un grand match, et a mérité sa victoire», poursuivait le Serbe, qui se disait fier du combat qu'il a mené durant cette partie.

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