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Football«Je ne souhaite à personne de vivre ce que j'ai vécu»

A Feusisberg où il est en camp d'entraînement avec l'équipe de Suisse, Pajtim Kasami a évoqué devant la presse son expérience avec l'Olympiakos, notamment sa mésaventure avec un fumigène qui l'avait blessé au bras.

Valeriano Di Domenico, Keystone

"Je ne souhaite à personne de vivre ce que j'ai vécu. Ce fut vraiment une expérience traumatisante!" Pajtim Kasami a découvert le 22 février dernier le côté obscur du football grec. Sur le banc, le joueur de l'Olympiakos a été blessé au bras par un fumigène lancé par les supporters du Panathinaikos (ndlr: voir article ci-contre).

"Je n'ai pas réussi à trouver le sommeil pendant plusieurs jours. A Athènes, les gens me disaient pourtant que c'étaient des choses qui pouvaient arriver lors d'un derby... Mais on oublie que je n'ai que 22 ans, explique-t-il. Heureusement, j'ai pu compter sur le soutien de mes proches, de mon agent Mino Raiola en particulier. Il est d'ailleurs venu la semaine dernière me trouver à Athènes pour m'aider à reprendre le dessus." Reprendre le dessus pour conclure une saison sur un doublé Coupe-Championnat. "Nous sommes bien partis pour, lâche-t-il. Nous avons six points d'avance sur le Panathinaikos et nous affrontons une équipe de D2 en demi-finale de la Coupe."

"J'étais trop naïf"

Mentor également de Zlatan Ibrahimovic et de Paul Pogba, Mino Raiola collabore depuis cinq ans avec Pajtim Kasami. "Je l'ai connu quand je suis arrivé à Palerme. Avant lui, j'étais tombé sur des agents malhonnêtes qui ont entravé ma carrière, se souvient-il. J'étais trop naïf. A cause de leurs malversations, je n'ai pas pu jouer ni à Liverpool et ni à la Lazio."

A l'Olympiakos où il partira très certainement avant la fin de son contrat en 2018 pour retrouver l'un des cinq grands championnats - "c'est l'objectif que je me suis fixé", glisse-t-il -, Pajtim Kasami a eu la chance de découvrir deux grandes personnalités du football: Michel, son entraîneur qui a été remercié en début d'année, et Eric Abidal qui a mis un terme à sa carrière juste avant Noël. "Michel a été un grand joueur. Il a écrit l'histoire du Real Madrid. Je suis certain qu'il deviendra aussi un très grand entraîneur, affirme-t-il. Quant à Abidal, j'ai eu la chance de partager sa chambre lors des déplacements. On sent tout de suite que cet homme n'est pas un homme comme les autres en raison de cette terrible maladie (ndlr: un cancer du foie) qu'il a dû combattre."

Avant de signer à l'Olympiakos, ce club présidé par Vangelis Marinakis, un armateur au sang bouillant mais dont il est l'un des "chouchous", Pajtim Kasami avait connu la plus grande désillusion de sa carrière: sa non-sélection pour la Coupe du monde au Brésil. "Une désillusion terrible dans la mesure où je n'ai jamais pensé que j'allais... rater cette Coupe du monde", avoue-t-il. A l'automne 2013, le Zurichois avait réussi des débuts tonitruants en sélection avec une entrée remarquée contre la Slovénie à Berne le 15 octobre et un superbe but un mois plus tard à Séoul contre la Corée du Sud.

Au mauvais endroit au mauvais moment

"Mais j'ai eu la malchance lors de cette saison 2013/2014 de jouer dans un club - Fulham - qui a connu trois entraîneurs. Et avec le dernier d'entre eux, Felix Magath, rien n'a été simple, raconte-t-il. Il a littéralement détruit l'équipe en bouleversant son visage pratiquement à chaque match. Il était vraiment dur d'obtenir un temps de jeu qui convenait avant une Coupe du monde. Si la gestion de Felix Magath a fait une grande victime, c'est bien moi! Ottmar Hitzfeld m'a appelé avant la communication de la liste des vingt-trois. Simplement pour me dire de rester de piquet si jamais il y avait un blessé. Mais il ne m'a pas vraiment expliqué les raisons de son choix."

Le Champion du monde M19 n'a pas voulu alimenter les commentaires qui fustigeaient le choix du sélectionneur par des déclarations intempestives. "J'ai seulement souhaité bonne chance à mes coéquipiers. Il ne servait à rien de polémiquer, explique-t-il. L'équipe de Suisse me tient énormément à coeur. J'estime pouvoir lui donner beaucoup à l'avenir."

Même s'il ne devrait pas être titularisé vendredi à Lucerne contre l'Estonie, Pajtim Kasami peut, en effet, apporter une réelle impulsion à la formation de Vladimir Petkovic. De son propre aveu, il a fait, pour reprendre une expression apprise dans le Calcio, "un saut de qualité" cette saison à l'Olympiakos. "Signer en Grèce a été un choix payant, lance-t-il. J'ai eu la chance de jouer la Ligue des Champions. J'ai marqué contre la Juventus et j'ai réussi trois assists lors de cette phase de poules. Malheureusement, nous avons laissé échapper la qualification en raison d'une défaite concédée à Malmö. Je me suis rendu compte tout ce que la Ligue des Champions pouvait apporter à un joueur. Quand tu joues à Turin ou à Madrid contre l'Atletico, tu dois dépasser tes limites." On aurait payé cher pour le voir justement les repousser le 1er juillet dernier du côté de Sao Paulo...

(SI)

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