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Interview«Je présente nos excuses aux frontaliers»

Trois questions à Mauro Poggia, candidat du parti MCG au Conseil d’Etat, sur le slogan antifrontaliers de son parti.

par
Laurent Keller
Les trois locomotives du MCG – Mauro Poggia, candidat au Conseil d’Etat, Roger Golay, président, et Eric Stauffer, fondateur (de dr. à g.) – fêtent le score de leur parti aux cantonales genevoises, le 6 octobre dernier.

Les trois locomotives du MCG – Mauro Poggia, candidat au Conseil d’Etat, Roger Golay, président, et Eric Stauffer, fondateur (de dr. à g.) – fêtent le score de leur parti aux cantonales genevoises, le 6 octobre dernier.

Lionel Flusin

Le MCG est-il antifrontalier?

Non, il y a eu des maladresses dans la communication, mais le MCG n’est ni un parti populiste d’extrême droite ni un parti antifrontalier. Les personnes méritent le respect. Elles essaient d’améliorer leur situation financière et c’est normal, on ferait la même chose. Mais la situation est gravissime. Des eurofrontaliers viennent de l’autre bout de la France pour prendre le travail des frontaliers historiques. Le MCG est une réaction face à une situation excessive. Mais on ne peut pas vivre sans frontaliers à Genève.

Le MCG attise et surfe sur le sentiment antifrontalier?

Le sentiment qu’il y a trop de frontaliers est répandu dans la population. Nous ne l’avons pas créé. Le MCG est là pour l’exprimer. Qu’on nous désigne du doigt si l’on est excessif dans nos slogans, je l’accepte parfaitement. Mais ne nous traitez pas de parti antifrontalier. Ne nous traitez pas de xénophobe. Parce qu’en le faisant, vous contribuez justement à la naissance de ces sentiments-là.

«L’épidémie de frontaliers n’est de loin pas éradiquée», ce n’est pas antifrontalier si on vous suit…

La chose devait être exprimée autrement, indiscutablement. Aux frontaliers qui se sont sentis blessés, je leur présente les excuses du MCG. Mais ils doivent faire attention. Je ne leur demande pas de faire profil bas, absolument pas, je leur demande de ne pas faire profil haut. Certains frontaliers sont convaincus que si on les engage ici, c’est parce qu’ils sont mieux formés et que les gens à leurs ordres sont là pour apprendre. La mentalité française de donneur de leçons est très mal supportée ici.

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