Tennis - «Je serais surpris que Novak ne fasse pas le Grand Chelem»
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Tennis«Je serais surpris que Novak ne fasse pas le Grand Chelem»

Djokovic et le Grand Chelem calendaire, la magie de Wimbledon selon «Ash» Barty et ces JO que tout le monde fuit, c’est dans le London Calling de ce vendredi matin.

par
Jérémy Santallo
Mathieu Aeschmann
Yannick Michel

Les souvenirs de Barty

Dix ans déjà. Dix ans quAshleigh Barty a franchi les grilles en fer forgé du All England Lawn Tennis Club pour la première fois. Elle avait alors 15 ans et avait remporté le titre chez les juniors. «J’ai eu des moments incroyables au cours des dix dernières années de ma carrière. Et des plus compliqués, bien sûr, a concédé l’Australienne après avoir réalisé, selon elle, l’une des grandes performances de sa carrière contre Angelique Kerber jeudi sur le Centre Court. Je ne changerais rien, je n’ai pas de regrets. À chaque fois que je reviens sur ces courts, de super souvenirs me reviennent. C’est le même feeling que lorsque j’avais 15 ans!»

Samedi, pour sa première finale chez les «grandes» à Church Road, la No 1 mondiale cherchera à décrocher son deuxième titre en Grand Chelem, après Roland-Garros 2019. «Wimbledon a été pour moi un formidable lieu d’apprentissage. Cela a commencé en juniors, il y a 10 ans, mais aussi chez les pros. Mes défaites en 2018 et 2019 (ndlr: des défaites au 3e tour et en 8es de finale) ont été difficiles à surmonter, a avoué Barty. Mais je pense que très souvent, les grands moments viennent après des instants sombres. C’est pour cela que ce tournoi a été si important pour moi dans ma carrière.»

À neuf victoires du Graal

On ne va pas ressasser le débat du «GOAT», pas maintenant. Quelques heures après une défaite de Roger Federer sur le Centre Court de Wimbledon, ce serait malvenu. Par contre, il faut bien jeter un œil aux records avant les demi-finales messieurs. Or que constate-t-on? Novak Djokovic n’est plus qu’à neuf victoires du Grand Chelem, ce chef-d’œuvre calendaire que seul deux hommes (Donald Budge en 1938 et Rod Laver en 1962 et 1969) et trois femmes (Maureen Connolly en 1953, Margaret Court en 1970 et Steffi Graf en 1988) ont parachevé dans l’histoire du tennis. Neuf victoires, c’est à la fois énorme (2 titres, la moitié du chemin) et rien du tout (le Serbe a déjà empilé 32 succès en 2021). Alors forcément, le plus beau des records doit gentiment prendre une place dans un coin sa tête.

«Vu tout ce qu’a déjà accompli Djokovic dans sa carrière, ça doit être extrêmement dur pour lui de ne pas penser au Grand Chelem calendaire», écrivait lundi Mats Wilander dans sa chronique pour L’Équipe. Le Suédois était le dernier homme à avoir passé le «middle sunday» de Wimbledon avec cet objectif en tête (en 1988). Car si le Serbe était arrivé dans la peau d’un double vainqueur (à Melbourne et Paris) en 2016, il avait trébuché face à Sam Querrey dès le troisième tour. «Est-ce que ça me surprendrait qu’il le réalise?, reprenait le Suédois. Bien sûr que non. C’est l’inverse: je serais davantage surpris s’il n’y parvenait pas cette année.» Le décor est donc planté: tout à l’heure contre Denis Shapovalov (vers 17h), Novak Djokovic jouera aussi contre l’Histoire.

Pliskova, l’éloge de la patience

Karolína Pliskova aura mis le temps avant de convoiter le Venus Rosewater Dish. Entre 2012 et 2017, la Tchèque n’avait jamais réussi à dépasser le 2e tour à Church Road. Lors des deux dernières éditions, en 2018 et 2019, elle n’avait pu voir plus loin que le «Manic Monday». Alors jeudi, la 13e joueuse mondiale, qui a en plus connu un début de saison décevant sur le plan des résultats, savourait. «Il faut plusieurs matches pour jouer ton meilleur tennis. Donc c’est compliqué, lorsque tu es souvent éliminée dès les premiers tours. Cette saison, j’ai aussi perdu de peu contre des joueuses qui ont été loin dans les tournois. Ce n’est pas comme si j’avais joué de manière horrible. Ici, je n’ai pas changé grand-chose. Il faut aussi un peu de chance.»

Après avoir dynamité Aryna Sabalenka en demie, Karolína Pliskova espère conquérir son premier grand titre contre Ashleigh Barty après cette finale perdue à l’US Open en 2016. «C’est ma deuxième finale et la deuxième fois que je joue la No 1 mondiale (ndlr: Angelique Kerber à l’époque), souriait l’athlète de 29 ans dans la Main Interview Room. Mais il n’y a rien de mieux que ça, affronter les meilleures. Je n’aurais voulu personne d’autre. Elle est difficile à jouer sur gazon, à cause de son slice, mais aussi de sa palette technique en général. Elle m’a battu plusieurs fois (ndlr: 5 à 2 dans les duels). Mais tout peut arriver. C’est une finale, sa première à Londres, comme pour moi. On aura toutes les deux nos chances.»

Washington préféré à Tokyo

Alors que Roger Federer devrait rendre sa décision sur une éventuelle participation aux Jeux olympiques dans les prochaines heures, le tableau de Tokyo se vide chaque jour un peu plus de sa substance. Face à l’état d’urgence, décrété jeudi, l’absence désormais entérinée de spectateurs et la chaleur annoncée au Japon, une majorité de joueurs a pris la décision de privilégier la tournée américaine. La preuve: l’entry list du Citi Open, l’ATP 500 de Washington, organisé pile en même temps que le tournoi olympique, est plus forte que jamais.

Nadal, Shapovalov, Hurkacz, Auger-Aliassime, Karatsev, Sinner, Kyrgios, Korda, les fans de tennis de la capitale américaine peuvent se frotter les mains. Ils vont en prendre plein les yeux. Forfait pour Tokyo, Nick Kyrgios a expliqué son retrait sur les réseaux sociaux jeudi soir. «Je n’ai pas pris cette décision à la légère car cela a toujours été mon rêve de représenter l’Australie aux Jeux et je sais que cette chance pourrait ne jamais se représenter. Mais je me connais. La perspective de joueur devant des sièges vides ne me convient pas. Je n’y suis jamais arrivé. Et je ne veux pas prendre la place d’un athlète australien en pleine santé.» Combien d’autres joueurs suivront l’exemple de Nadal et Kyrgios? Réponse dans les prochaines heures.

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