Football - «Je souhaite que le foot féminin n’atteigne pas le niveau masculin»
Publié

Football«Je souhaite que le foot féminin n’atteigne pas le niveau masculin»

Lia Wälti a été honorée lors de la première «Swiss Football Night». Dans une interview pour l’événement, la capitaine de la Nati s’est livrée à cœur ouvert.

par
Florian Paccaud
En 2021, Lia Wälti et l’équipe nationale n’ont pas perdu un seul match.

En 2021, Lia Wälti et l’équipe nationale n’ont pas perdu un seul match.

Alex Nicodim/freshfocus

Jeudi couronné de succès pour Lia Wälti. D’une part elle a remporté le titre de meilleure joueuse suisse de 2021, de l’autre sa première titularisation de l’année a coïncidé avec le premier succès d’Arsenal depuis la reprise. Après deux défaites et un partage des points, les Gunners ont retrouvé la flamme en battant Brighton (2-1). La Bernoise de 28 ans, absente lors des deux revers et remplaçante lors du nul, a retrouvé sa place de titulaire dans l’entrejeu londonien.

Lors de la première édition de la «Swiss Football Night», qui réunit les «Swiss Football Awards» et la «SFL Award Night», la capitaine de la Nati a été préférée à sa coéquipière Noelle Maritz, et à Ana-Maria Crnogorcevic (FC Barcelone). «Je suis quelqu’un qui n’aime pas être mis en avant de cette manière, a-t-elle déclaré, au moment de recevoir son prix. Je crois que c’est ma première récompense individuelle. Cela me met un peu mal à l’aise.»

«Calme exceptionnel»

Lia Wälti n’aime pas être mise en avant. C’est plutôt une joueuse de l’ombre, qui sait se mettre au service du collectif. Mais qui n’en reste pas moins indispensable. «Je préférerais être ici avec l’équipe, gagner un trophée, être en arrière-plan et me réjouir», a confié la milieu de terrain. Son côté réservé contraste avec ses qualités sur le pré. «Grâce à son calme exceptionnel avec le ballon et à son autorité naturelle, la joueuse de 28 ans est devenue incontournable comme demi défensive», ont souligné les organisateurs de l’événement.

Au moment d’évoquer ses objectifs pour 2022, la capitaine de la sélection a bien évidemment évoqué l’équipe nationale, qui n’a pas connu la défaite l’année dernière. «Je souhaite que nous atteignions à nouveau une Coupe du monde. Le Mondial 2015 au Canada a été l’un des plus grands moments de ma carrière. Un tel tournoi crée des liens et les souvenirs restent à jamais gravés.» Mais la Bernoise sait que le plus dur reste à faire. « Nous avons le potentiel pour embêter les grosses équipes. Je ne sais pas encore si nous y parviendrons de manière constante.» Pour se qualifier pour le Mondial 2023 en Australie/Nouvelle-Zélande, l’équipe de Suisse devra réitérer la performance réalisée à Palerme contre l’Italie. Un sacré défi.

«J’espère qu’en Suisse, nous aurons un jour une ligue professionnelle»

Lia Wälti, capitaine de la sélection nationale

Concernant l’Euro, Lia Wälti sait que la Suisse, qui fera face aux Pays-Bas (tenants du titre) et à la Suède (médaillée d’argent aux JO de Tokyo), fait figure d’outsider. Le premier match contre la Russie sera déterminant et une victoire nécessaire pour continuer de rêver. «Dans un tournoi, tout est possible. Nous pouvons créer la surprise, la pression sera sur nos adversaires.» La joueuse des Gunners n’oublie pas non plus son club. «J’aimerais bien gagner une Coupe. J’ai souvent été en finale, malheureusement, nous avons toujours perdu. Je devrais peut-être changer de club pour qu’Arsenal remporte à nouveau une coupe», plaisante celle qui étudie aussi le Management et le Sport à la Fernfachhochschule Schweiz (FFHS).

«Prendre le foot féminin au sérieux»

Mais ses buts pour l’année en cours ne sont pas uniquement sportifs. Ni individuels. «J’aimerais que le football féminin continue de se développer. Qu’il y ait des gens qui se battent pour qu’il évolue dans la bonne direction, explique l’Emmentaloise. Mais qu’il garde également ses spécificités: la relation avec les supporters est plus personnelle, l’ambiance plus familiale. C’est ce qui me plaît. Je souhaite qu’il n’atteigne pas le niveau du football masculin. Le nôtre a quelque chose d’original et de protégé, il n’est pas tout à fait au centre de l’attention», ajoute celle qui admet que d’autres auraient également mérité cette récompense.

Cela n’empêche pas que le football féminin doit évoluer. Il faut que «les fédérations et les clubs qui ne le font pas encore, le prennent au sérieux et commencent à le pousser. Et surtout que les femmes ne doivent pas travailler 40 ou 50 heures à côté pour vivre correctement.» Lia Wälti reconnait toutefois certains progrès. «Nous sommes sur la bonne voie», souligne-t-elle en prenant comme exemple le Barça – Real en quarts de finale de la Ligue des championnes, qui se jouera pour la première fois au Camp Nou, où les 85'000 places mises en vente ont très rapidement trouvé preneurs. «Cela ne serait pas arrivé il y a dix ans et c’est vraiment cool», se réjouit la milieu de terrain. Avant de conclure: J’espère que les choses continueront d’avancer en Suisse et que nous aurons un jour une ligue professionnelle.»

Votre opinion