Football: «Je suis père de famille et j'ai des valeurs»

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Football«Je suis père de famille et j'ai des valeurs»

Expulsé contre Aarau pour un crachat envers l'arbitre, Raphaël Nuzzolo réfute cette version. Stéphane Henchoz, lui, déplorait la fragilité mentale de Xamax.

par
Nicolas Jacquier
Neuchâtel
«Jamais je n'ai craché contre quelqu'un», dit Raphaël Nuzzolo.

«Jamais je n'ai craché contre quelqu'un», dit Raphaël Nuzzolo.

Keystone

Indépendamment de savoir dans quelle ligue l'on joue, un barrage, c'est une affaire de niaque et d'envie, et rien d'autre. Humilié par Aarau sur sa pelouse (0-4), NE Xamax n'avait jeudi soir ni l'un ni l'autre.

Les Neuchâtelois auraient-ils voulu s'offrir un billet aller sans retour pour la Challenge League qu'ils ne s'y seraient pas pris autrement. Alors que les visiteurs pouvaient fêter un succès qu'eux-mêmes n'espéraient pas – «j'ai fait une sieste cet après-midi mais je n'ai même pas osé imaginer un tel scénario», lâchait d'ailleurs le géant Maierhofer, l'homme du 0-1 - , les pensionnaires de Super League (sans doute plus pour très longtemps…) se rembobinaient le scénario d'une soirée cauchemardesque.

«Tout est allé de travers, résumait Raphaël Nuzzolo, manquant l'occasion de l'égalisation après l'ouverture du score. Cela s'était déjà produit en début de saison contre Thoune en championnat (ndlr : défaite 5-1). Mais là, c'est bien pire parce que c'est en barrage. A 0-2, on a perdu le fil. Avec le ballon, on n'a pas su trouver les solutions. Ce qui s'est passé est inexplicable. C'est l'une des pires mi-temps de ma vie de footballeur…»

Bien sûr, les circonstances de l'expulsion du No14 à la 52e revenaient dans toutes les discussions. M. Klossner a sorti le carton rouge suite à un supposé crachat de l'attaquant xamaxien en direction de l'arbitre, ce que Nuzzolo conteste formellement. C'est d'ailleurs ce qu'il a tenu à aller dire au directeur de jeu dans son vestiaire quelques instants après la fin du match, alors que Xamax confirmait son protêt.

«L'arbitre a pensé que je lui avait craché dessus. Jamais de ma vie je ne me suis comporté de la sorte. Je suis père de famille et j'ai des valeurs. Jamais je n'ai craché contre quelqu'un. M'accuser de cela, c'est inadmissible. Pour moi, il est difficile de devoir assumer un geste que je n'ai pas fait.»

Un honneur à sauver

Apparu très marqué par l'ampleur de la déroute, Stéphane Henchoz reconnaissait la supériorité manifeste d'Aarau, venu imposer une leçon de réalisme en convertissant en but ses trois premiers tirs cadrés. «Aujourd'hui, il nous a manqué trop de choses pour espérer rivaliser. Des joueurs ont craqué mentalement, ils n'ont pas évolué à leur niveau pour différentes raisons qu'il est inutile de détailler. Être à bloc durant tout le printemps pour grappiller des points, c'est usant. Ce soir, on en paie l'addition. On n'a pas perdu les armes à la main, on est passé à travers. Finir comme cela chez nous, devant notre public, c'est triste.»

Quoi qu'il en soit, il reste un dernier match à disputer, dimanche au Brügglifeld (16h). «Il y a toujours une chance mais il faut aussi être réaliste, reprend le technicien fribourgeois. Ce qu'Aarau a fait à Neuchâtel, peut-on le réussir à Aarau? On doit aller là-bas pour y croire, c'est notre devoir. Alors oui, il reste toujours une chance. Mais il y a surtout un honneur à sauver.»

La vérité comptable, c'est que Xamax a désormais un pied et quatre orteils et demi en Challenge League…

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