Motocyclisme: Je suis redevenu un débutant
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MotocyclismeJe suis redevenu un débutant

Voilà, c'est fait: le chapitre MotoGP de mon histoire a commencé. La chronique du pilote moto Thomas Lüthi.

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La chronique de Thomas Lüthi
Remo Neuhaus

Un pays supplémentaire fait son apparition cette année au calendrier du championnat du monde, la Thaïlande. Je sais que pour beaucoup de gens, ce nom signifie vacances. Pour moi, depuis trois jours, c’est plutôt boulot. J’avais déjà fait un «stop over» à Bangkok, sur la route du GP du Japon, mais c’est bien sûr la première fois que je me rendais à Buriram, à environ 400km au nord-est de la capitale, où se situe le nouveau circuit.

Pour tout vous dire, je n’ai pas encore eu le loisir de découvrir autre chose que l’hôtel et le tracé. C’est bien sûr le plus important à l’heure actuelle. On me demande souvent comment l’on pratique quand on se trouve face à une équation de ce genre. Personnellement et, j’en suis certain, comme tous mes collègues, j’ai visionné à plusieurs reprises les courses du championnat du monde superbike qui se sont déroulées ici l’an dernier. Puis, jeudi, j’ai couvert plusieurs tours en scooter. L’apprentissage se poursuivait jusqu’à dimanche soir, car les points de freinage sont bien sûr très différents avec une MotoGP qu’avec un véhicule qu’on utilise habituellement dans le trafic, plutôt rock and roll ici, de tous les jours.

Je sais qu’on a beaucoup discuté sur l’intérêt même de ce nouveau tracé. Quand on voit son dessin, on se dit que c’est facile. Et même si cette impression peut être confirmée par l’étroitesse des écarts, le nouveau circuit est plus compliqué qu’il n’y paraît, notamment avec de nombreuses bosses.

Pour le débutant que je suis redevenu, je sais qu’il n’y a qu’une recette pour y arriver: se montrer patient. Mais vous connaissez peut-être un peu mon caractère, la patience n’est pas la plus grande de mes qualités. J’essaie néanmoins de faire avec, de rester concentré et d’apprendre… à comprendre. Comme ces essais – c’était déjà le cas de ceux de Sepang, en Malaisie, à la fin janvier – sont bien sûr chronométrés, comme les médias ont l’œil sur nous, que les fans peuvent suivre presque chacun de nos gestes, j’imagine que mes performances actuelles interpellent certains. Le MotoGP est-il plus compliqué qu’imaginé? Je ne répondrai pas par oui ou non, je dirai juste: «C’est compliqué. Point!»

Et c’est aussi ce qui fait le charme et la grandeur du défi que je me suis fixé: j’ai gagné ma place dans un peloton où se retrouvent les 24 meilleurs pilotes du monde, ce sera à moi, au fil des semaines et des expériences acquises, de m’y faire une situation. Au soleil? Il fait très chaud, sur le circuit, mais l’humidité est moindre qu’en Malaisie, ce qui me convient très bien.

À dans un mois. Ce sera quelques jours après mon premier Grand Prix MotoGP, au Qatar.

Cette chronique est assurée en alternance par Nino Niederreiter, Thabo Sefolosha, Fanny Smith, Thomas Lüthi et Yann Sommer.

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