Cate Blanchett: «Je voulais adopter un enfant depuis 14 ans»

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Cate Blanchett«Je voulais adopter un enfant depuis 14 ans»

Après trois enfants biologiques, elle a adopté Edith. Elle se confie à l'occasion de la sortie de son film «Carol».

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Propos recueillis par Henry Arnaud
Hollywood
«Je suis folle de joie d'être maman d'une petite fille», avoue Cate Blanchett.

«Je suis folle de joie d'être maman d'une petite fille», avoue Cate Blanchett.

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Son nouveau bonheur se prénomme Edith Vivian Patricia. Cate Blanchett et son époux depuis 18 ans, le réalisateur Andrew Upton, l'ont adoptée en mars 2015. La star australienne nous en a parlé avant la sortie en Suisse, le 13 janvier, de «Carol».

Un film fort pour Cate Blanchett qui pourrait lui valoir un nouvel Oscar, après celui pour un second rôle obtenu pour «Aviator» et celui de meilleure actrice pour «Blue Jasmine» de Woody Allen. A propos de ce tournage, elle se rappelle que le réalisateur new-yorkais l'avait trouvée très mauvaise le premier jour. Dans «Carol», elle incarne une épouse aisée dans les années 1950 qui tombe amoureuse d'une jeune vendeuse, jouée par Rooney Mara.

Vous êtes de nouveau maman à 46 ans. Parlez-nous de votre fille.

Je suis folle de joie d'être maman d'une petite fille… Mais je n'ai pas adopté Edith parce que je voulais absolument une fille après mes 3 garçons. Le sexe de l'enfant n'avait aucune importance. Je suis bénie d'avoir pu l'accueillir au sein de notre famille. Elle est formidable.

Qu'est-ce qui vous a poussé à vous tourner vers l'adoption?

C'est une décision que mon mari et moi n'avons pas prise à la légère. En fait, nous avions commencé à parler d'adoption à la naissance de notre premier fils, Dashiell, il y a 14 ans. Comme nous avons eu deux autres enfants ensuite (ndlr: Roman, 11 ans et Ignatius, 7 ans), cette idée m'était sortie de la tête. Mais là, nous étions prêts à avoir un nouvel enfant dans nos vies. La décision finale a été prise en famille. Nous avons la chance d'avoir une vie aisée. C'est un bonheur de pouvoir élever un autre enfant dans ces conditions. Comment vos trois fils ont-ils réagi à l'arrivée d'Edith?

Nos fils sont très soudés. J'adore les voir ensemble, ils s'entraident. Ce qui me rassure pour l'avenir. Je me dis qu'ils seront toujours présents l'un pour l'autre. A l'arrivée d'Edith, ils ont aussi immédiatement voulu s'occuper d'elle. Je suis très fière d'eux car ils ont ouvert leurs cœurs à notre fille sans la moindre hésitation et sont aux petits soins avec elle.

Que leur avez-vous dit au sujet de votre film «Carol», où vous incarnez une femme amoureuse d'une femme?

A la maison, je suis maman, pas actrice. En dehors du «Seigneur des anneaux» et du dessin animé «Dragons 2» où je prête ma voix à un personnage, mes enfants n'ont jamais vu mes films. On va attendre encore quelques années avant «Carol».

Comment vous êtes-vous préparé pour ce rôle?

Il y a eu quelque chose de magique lors de ma rencontre avec Rooney Mara. Notre complicité a été immédiate. Nous nous sommes laissées aller en entrant dans la peau des personnages. Le film n'aurait pas fonctionné aussi bien si notre relation sonnait faux à l'écran. Est-il exact que vous avez attendu des années pour tourner «Carol»?

Vrai. J'avais envie de jouer ce scénario depuis bien longtemps, à tel point que je n'y croyais plus. Ce que j'aime avant tout dans «Carol», ce sont les silences entre ces deux femmes car il n'existait pas de mot pour décrire leurs sentiments. C'était tabou dans les années 1950. La cigarette était aussi un accessoire omniprésent à cette époque et donne quelque chose de très érotique.

La scène de sexe a-t-elle été difficile à tourner?

Se déshabiller devant des caméras n'est jamais facile, que ce soit devant un homme ou une femme. Vous vous mettez à nu physiquement, mais aussi mentalement. Heureusement que j'avais une confiance totale en Rooney ainsi qu'en notre réalisateur. Et nous avons répété chaque mouvement de ces ébats sexuels comme s'il s'agissait d'une chorégraphie.

En mai, vous aviez fait sensation à Cannes en disant que vous aviez eu des relations avec des femmes. Puis vous êtes revenue en arrière. Regrettez-vous vos propos?

Non. On a mal interprété mes déclarations, c'est tout. J'ai eu de nombreuses relations avec des femmes, mais aucune n'a été sexuelle. On pense qu'une actrice doit pouvoir s'identifier à son personnage pour l'incarner. C'est faux. Je peux jouer une criminelle sans avoir jamais tué quiconque… Ou une lesbienne sans avoir réellement couché avec une femme. Vous êtes aussi la partenaire de Robert Redford dans «Truth», qui sort le 6 avril.

Le film retrace un moment difficile de la carrière de l'un des plus grands journalistes TV américain, Dan Rather. J'incarne sa productrice, Mary Mapes. Je ne peux rien refuser à Redford. Il est l'homme parfait! Je suis complètement amoureuse de lui, intellectuellement et physiquement.

Votre époux n'est pas jaloux?

Non, il connaît ma passion pour Redford depuis des années et cela reste platonique (Rires).

Comment réussissez-vous à gérer quatre enfants en enchaînant tant de films?

Je ne vais plus beaucoup bosser en 2016 car je veux prendre du temps pour Edith. J'ai essayé de rester à la maison pour l'arrivée de chacun de nos enfants. C'est formidable de partager les premiers mois de leurs vies.

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