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Procès«Je voulais exploser en mille morceaux»

La femme à l’origine de la déflagration qui avait soufflé la façade d’un immeuble biennois était dépressive. Elle échappe à la prison et poursuivra sa thérapie.

par
Vincent Donzé

La locataire à l'origine d'une déflagration qui a soufflé la façade d’un immeuble de Bienne n’a pas été condamnée: le Tribunal régional Jura bernois-Seeland a conclu mardi à son irresponsabilité pénale, comme le rapporte le «Bieler Tagblatt». L’explosion était survenue un dimanche matin de l’été 2014 au chemin des Oeuches. L’enquête a déterminé qu’une femme de 32 ans habitant au deuxième étage avait intentionnellement mis le feu au gaz d’une bonbonne utilisée pour le grill. En proie à des pulsions suicidaires, elle avait été gravement brûlée, mais n’en porte aucune séquelle. «Je voulais exploser en mille morceaux», a-t-elle indiqué à l’audience.

Trois ans après l’explosion, trois juges avaient pour tâche d’évaluer le degré d’irresponsabilité de la prévenue au moment des faits. L’avocate de la défense a affirmé que sa cliente «est une autre personne que celle de 2014». Au moment des faits, sa cliente «n’avait pas toute sa raison et doit être qualifiée d’irresponsable». Un raisonnement qui a convaincu le tribunal, lequel a renoncé à une peine d’emprisonnement au profit d’une mesure ambulatoire.

La prévenue devra continuer à se faire soigner. Selon le «Bieler Tagblatt», le président du tribunal Markus Gross lui a dit «qu’il était important de bien prendre ses médicaments». Selon les médecins, cette femme souffre d’une schizophrénie paranoïde, accentuée au moment des faits par une forte dépression. A sa sortie de clinique, elle croyait son existence menacée en constatant qu’il n’y avait plus d’argent sur son compte: «J’ai été prise depanique», a-t-elle indiqué. En réalité, c’est suite à une erreur que l’argent de l’aide sociale n’avait pas été versé...

Obsédée par l’idée de se faire exploser, elle était incapable d’envisager les conséquences de son acte sur autrui. Sa capacité de discernement et de raisonnement était «fortement dégradée». De ce fait, elle a saisi une bonbonne de gaz qui se trouvait sur le balcon, l’a tirée dans l’appartement, a ouvert la valve et a enflammé le gaz qui s’échappait dans la pièce.

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