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FOOTBALLJean-Michel Larqué veut faire interner des Bleus!

Exaspéré par le comportement de l'équipe de France, humiliée à Kiev lors du match aller des barrages, le célèbre consultant tire à boulets rouges sur tout ce qui… ne bouge pas assez.

par
Nicolas Jacquier
Didier Deschamps et ses joueurs sont sous le feu des critiques.

Didier Deschamps et ses joueurs sont sous le feu des critiques.

AFP

Chez nos voisins français, depuis quatre jours et l'infamant «cocoricouac» de Kiev (défaite 2-0 contre l'Ukraine en match aller des barrages), ça canarde, ça dégomme à tout vent. Et quand ça flingue, c'est généralement du très lourd.

Sur les plateaux TV comme sur les ondes ou les réseaux sociaux, on aime se gausser des malheurs des Bleus. Un déferlement médiatique qui n'épargne personne, chacun en prenant pour son grade dans une salve de critiques qui dit beaucoup du désamour existant entre une équipe déconnectée de la réalité et un public qui peine à s'identifier à des joueurs qu'ils considèrent au mieux comme des enfants gâtés, au pire comme des privilégiés mal ou peu éduqués, mais de toute manière inconscients de leurs privilèges.

«Changer les mentalités»

Passant à l'offensive alors que les Français avaient assez lamentablement séché devant le but ukrainien, Jean-Michel Larqué n'est pas le moins virulent. «Depuis 2006, dès qu'on a eu des matches où il a fallu répondre présent avec de l'impact physique, on ne l'a pas fait. En match officiel, on n'a pas battu une équipe mieux classée que nous au classement FIFA. Pas une! (…) Pourquoi les Bleus ne disent pas: «On s'est planté dans la préparation du match de vendredi, on ne s'attendait pas à se faire bouger comme ça et on va en tirer les leçons pour essayer de tout changer?» s'est-il interrogé sur RMC. On a perdu 2-0 donc ça veut dire qu'il y a eu des défaillances dans la préparation de ce match, forcément.»

Et l'ancien capitaine de St-Etienne d'enfoncer le clou à propos des réactions teintées d'optimisme des joueurs eux-mêmes. «Il y a du boulot à faire pour changer les mentalités. Quand j'entends, à la fin du match, certains joueurs, que je ne vais pas citer, qui disent qu'ils ont perdu ce match par malchance ou qu'ils étaient supérieurs techniquement, il faut les faire interner!»

«C'est une façon d'être»

Entre moqueries et nécessité de s'accrocher au mince espoir qui subsiste (après tout, on n'en est qu'à la mi-temps), Pascal Praud a lui déjà choisi son camp. «L'élimination annoncée ne plonge aucun supporter dans la tristesse. Dans la colère, oui. Dans l'exaspération, bien sûr. Dans la jubilation, évidemment. Les Bleus débarrasseront le plancher. Enfin! On ne les reverra plus. Fini. Terminé. Du balai! Ils ont tant déçu que cette défaite réjouit une partie du public, lassé des comportements de sales gosses, irrité par la désinvolture des uns ou la vulgarité des autres. Les supporters n'aiment plus les footballeurs de France, et qu'on ne dise pas que les défaites expliquent ce désenchantement. C'est autre chose. C'est une façon d'être, de tout donner, de partager, de porter le maillot, de chanter la Marseillaise, de répondre aux questions ou de pleurer après une défaite. Ces jeunes gens ont fait le vide autour d'eux. La sélection de 2013 compte ses sous et ses émotions, jamais ses victoires.»

C'est pourtant d'une «large» victoire dont a désormais besoin l'équipe de France pour ne pas continuer à être la risée de ceux qui ne croient plus en elle. Alors seulement, on pourra compter les actes de rédemption. Et les inévitables retournements de veste.

En cas de nouvelle faillite sportive par contre, les observateurs pourront se déchaîner encore plus. Ils affûtent déjà leurs mots.

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