FOOTBALL: Jean Ruiz: «J’avais souhaité très fort que Grosso rate son penalty»
Publié

FOOTBALLJean Ruiz: «J’avais souhaité très fort que Grosso rate son penalty»

Le défenseur français du FC Sion se souvient avoir détesté son nouvel entraîneur lorsque celui-ci, encore joueur un soir de finale à Berlin en 2006 contre les Bleus, avait offert le titre à l’Italie.

par
Nicolas Jacquier
Jean Ruiz (ici lors d’un match amical contre Xamax l’été dernier) n’oubliera jamais le penalty que son nouvel entraîneur italien avait inscrit contre la France en finale du Mondial 2006.

Jean Ruiz (ici lors d’un match amical contre Xamax l’été dernier) n’oubliera jamais le penalty que son nouvel entraîneur italien avait inscrit contre la France en finale du Mondial 2006.

Keystone

A 22 ans, Jean Ruiz est français et, depuis juillet 2019, l’un des défenseurs du FC Sion. Fabio Grosso, lui, est italien et depuis ce mardi, le successeur de son compatriote Paolo Tramezzani à Tourbillon. Mais ni l’un ni l’autre n’oublieront jamais le 9 juillet 2006, jour de finale de Coupe du Monde en Allemagne. Mais pas pour les mêmes raisons…

«C’est le pire souvenir de mon enfance»

Jean Ruiz, défenseur du FC Sion

Ce jour-là, le petit Ruiz, âgé alors de 8 ans, découvrait la désolation d’un soir de défaite nationale alors qu’à Berlin, au même moment, le latéral gauche de Palerme (avant de l’être de l’Inter Milan, de Lyon et de la Juventus) devenait une légende dans toute l’Italie en transformant l’ultime penalty de la séance de tirs au but qui devait offrir à la Squadra Azzurra son 4e et dernier titre de championne du monde.

Un penalty que Jean Ruiz n’a pas oublié et qui le hante toujours. «C’est le pire souvenir de mon enfance, assure l’Alsacien. J’avais suivi la finale à la maison, avec mes parents, dans le salon. Je revois encore Fabio Grosso, qui était le dernier tireur, s’avancer, poser le ballon, prendre son élan… J’avais souhaité très fort qu’il le rate, mais au fond de moi, je savais qu’il allait malheureusement le mettre.»

Devenu entretemps footballeur professionnel, Jean Ruiz a retrouvé 14 ans plus tard celui qui a gâché ses nuits. «Quand j’ai appris que Fabio Grosso était le nouveau coach de Sion, tout est revenu à la surface», glisse celui qui a évolué au sein des différentes équipes de France espoirs, des M17 au M20.

«Trop souvent, on entrait sur le terrain convaincu de pouvoir l’emporter, et 90 minutes plus tard, on avait perdu»

Jean Ruiz, défenseur du FC Sion

Désormais, il n’est plus question de penalty mais de nouveau départ, personne n’ayant envie de revivre à Tourbillon une saison aussi agitée que la précédente. De cela, Jean Ruiz est bien conscient. «Lors du dernier exercice, combien de fois ne s’est-on pas dit: «On aurait pu, on aurait dû…» Trop souvent, on entrait sur le terrain convaincu de pouvoir l’emporter, et 90 minutes plus tard, on avait perdu. La réalité, c’est que l’on n’était pas là. J’espère connaître une nouvelle saison sans regrets.»

Que faire pour repartir d’un meilleur pied? «On ne doit surtout pas oublier ce que l’on a fait de mal pour ne pas le reproduire. Pour progresser, on doit plus défendre tous ensemble et mieux attaquer ensemble.»

L’arrivée de Grosso va aussi contribuer à brasser les cartes. «Hormis Mattias (ndlr: Andersson, le défenseur suédois), qu’il a connu avec les jeunes de la Juventus, le nouveau coach ne connait personne. Il va porter un regard neuf, comme si tout le monde repartait de zéro avec lui. A titre personnel, je préfère être un titulaire régulier en raison de mes performances sportives que de jouer parce que le coach m’apprécie et que je suis dans ses bons papiers.»

«Ce serait bien si les résultats pouvaient permettre à chacun d’être plus heureux»

Jean Ruiz, défenseur du FC Sion

Faisant preuve d’une rare humilité, l’Italien est surtout un champion du monde dont la notoriété pourrait malgré tout rejaillir sur tout le groupe. «On a rarement l’occasion d’être entraîné par un champion du monde, convient Ruiz. Ce qu’il a vécu peut nous être utile. Maintenant, il importe de bien se préparer sans se poser trop de questions.»

Sous la direction de Fabio Grosso, Sion retrouvera-t-il une certaine insouciance et joie de jouer? «Ce serait bien si les résultats pouvaient permettre à chacun d’entre nous d’être plus heureux.»

Ce samedi, Sion et son champion du monde de coach disputeront un premier test amical à huis clos contre le FC Thoune, dans un lieu tenu secret.

Votre opinion

18 commentaires