25.05.2020 à 14:12

Jeff Collet: «Je peux comprendre, mais...»

Football

Le propriétaire de Xamax s'est fait voler Serey Die, le fer de lance de son équipe. Il regrette que cette situation ait pu voir le jour.

par
F. Vy
Jean-François Collet avait vu venir le coup de loin.

Jean-François Collet avait vu venir le coup de loin.

Keystone

Dès le 1er juin, Geoffroy Serey Die ne sera plus un joueur de Neuchâtel Xamax et appartiendra au FC Sion. Son contrat à la Maladière courait jusqu'au 31 mai (le terme initial de la saison) et les Valaisans en ont profité pour le rapatrier, plus de sept ans après son dernier passage à Tourbillon.

Pourra-t-il être aligné par les Sédunois jusqu'au terme de la saison? Dans un contexte normal, non. En l'occurrence, cependant, c'est une question à laquelle devront probablement répondre les vingt clubs de la Swiss Football League lors des votations de vendredi (lire notre article en relation ici). En attendant, Xamax est certain de ne plus pouvoir compter sur sa locomotive. Une grosse perte, surtout si la saison de Super League devait reprendre en juin et aller à son terme. Jean-François Collet, propriétaire du club rouge et noir, explique son agacement vis-à-vis de la situation.

Jeff Collet, comment vous sentez-vous par rapport à ce transfert?

D'abord, je n'en veux ni à Sion, ni à Geoffroy. Les Sédunois ont profité d'un règlement qui leur permet de procéder de la sorte. Ils ont eu raison de le faire. Serey, lui, nous avait dit qu'il voulait rester au club. On lui a proposé une prolongation de contrat, d'ailleurs. Puis Sion est entré en jeu, a sans doute fait monter les enchères, lui a soumis une proposition plus alléchante que la nôtre et il a accepté. Encore une fois, dans sa situation, je peux comprendre.

Sportivement, vous perdez une pièce maîtresse de votre effectif, un de vos meilleurs éléments, si ce n'est le plus important...

C'est clair. Sur le terrain, Geoffroy, c'est quelque chose.

Vous parlez depuis deux mois des problèmes qui vont se poser vis-à-vis des contrats dans ce championnat si particulier. On y est...

Précisément. En soi, cette situation n'a rien d'étonnante, on la voit venir depuis longtemps. On nous disait que tout irait bien, on nous parlait de gentlemen's agreement. Laissez-moi rire. Initialement, on avait un joueur sous contrat jusqu'à la fin de la saison, soit jusqu'au 31 mai. C'était calculé. Sauf que les modalités du championnat ont changé, qu'il finira plus tard s'il reprend. Problème? Juridiquement, on n'a aucun moyen de retenir notre joueur.

Vous vous attendez à une main tendue de la Swiss Football League, pour venir mettre de l'ordre là-dedans?

Ah mais elle ne peut rien faire! C'est bien ça le problème. Sion a agi dans son bon droit. Savoir si Serey Die pourra jouer là-bas, c'est une autre question. Mais rien ne l'empêche de signer un nouveau contrat.

À vos yeux, c'est un argument de plus pour tout arrêter et repartir la saison prochaine?

Un argument de plus, non. Parce qu'on savait que cela allait se produire. Mais c'est bien la preuve qu'on nage dans une situation totalement absurde, où on essaie de mettre en place des concepts qui ne veulent pas dire grand-chose pour garder la face.

Vous pensez que c'est ce que Christian Constantin a essayé de démontrer en réalisant ce transfert?

C'est possible, oui. Maintenant, je ne suis pas dans sa tête.

Des joueurs qui arrivent en fin de contrat, vous en avez beaucoup, non?

On en a beaucoup, oui.

Au 31 mai ou au 30 juin?

Je ne saurais pas vous dire. Mais au fond, cela ne change pas grand-chose. Peut-être deux ou trois matches de plus ou de moins dans le cas où la saison reprend. Et de toute façon, quelle équipe voudrait faire jouer quelqu'un qui s'en va chez un concurrent la semaine suivant?

Propos recueillis par Florian Vaney

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