Football - Jérémy Guillemenot: «J’aurais préféré jouer Servette en finale»
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FootballJérémy Guillemenot: «J’aurais préféré jouer Servette en finale»

Le Genevois de Saint-Gall évoque la demi-finale de Coupe de Suisse de mercredi (17h) et revient sur une saison inexplicablement compliquée pour les Brodeurs.

par
Valentin Schnorhk
Le Saint-Gall de Jérémy Guillemenot ne compte pas s’adapter face au Servette de Miroslav Stevanovic.

Le Saint-Gall de Jérémy Guillemenot ne compte pas s’adapter face au Servette de Miroslav Stevanovic.

Lafargue

Si Servette court après un titre depuis plus de vingt ans et la Coupe de Suisse de 2001, l’attente se fait encore plus longue à Saint-Gall: vingt et une longues années depuis le titre de champion en 2000, et même cinquante-deux (!) depuis la seule Coupe de son histoire. C’est peu dire que la demi-finale de mercredi entre Servettiens et Brodeurs revêt d’un enjeu particulier aux deux extrémités du pays.

«C’est vrai que les deux clubs ont en commun le fait de ne rien avoir gagné depuis longtemps, mais cette affiche a surtout pour intérêt le fait qu’elle peut offrir un très bon match, anticipe Jérémy Guillemenot. Pour moi, il s’agit d’une des plus belles demi-finales que nous pouvions avoir, même si j’aurais préféré tomber sur Servette en finale.» Cela fait forcément un petit quelque chose au Genevois de Saint-Gall que de jouer cette place contre son club formateur. Même si, à titre individuel, l’enjeu n’est pas moindre: «Dans notre équipe, et j’en fais partie, nous sommes de nombreux joueurs à ne pas avoir remporté de trophées. Il y a là une belle occasion.»

Pour le club aussi, qui peut sauver une saison qui s’est révélée franchement galère. «Vu ce que l’on produit en championnat, ce match prend une importance particulière, même si nous ne nous mettons pas plus de pression que ça.» Il faut en effet le relever: Saint-Gall n’a jamais réussi à faire rouler son train dans le bon sens cette saison. Le rouleau compresseur qu’il était l’an dernier, échouant sur le fil devant Young Boys, a révélé ses failles, oscillant parfois entre un manque terrible de réussite et une tendance à ne plus faire assez pour protéger ses arrières. Résultat: à quatre journées de la fin de la Super League, l’équipe de Peter Zeidler est 8e, avec quatre points d’avance sur Vaduz et six sur Sion (qu’il reçoit dimanche).

«La loi du foot»

Signe que le message du technicien allemand passe un peu moins bien? «Non, nous avons toujours une confiance totale en ses principes», réfute Guillemenot. L’ancien international M21 ne trouve toutefois pas d’explication. Le grain de sable dans les rouages n’est toujours pas identifié, mais, jure le Genevois, cela n’a rien à voir avec les rumeurs qui tournent notamment autour de certains départs (comme celui du capitaine Quintilla, en fin de contrat et annoncé à Bâle): «Par le passé, j’ai joué dans des équipes où des joueurs avaient lâché mentalement, où on remarquait qu’ils n’étaient plus dedans, mais là, on ne voit rien de tel. On sent vraiment que tout le monde reste impliqué et concerné.»

Il faut donc vivre avec cette situation, et s’y conformer. «La loi du foot est faite ainsi, soupire-t-il. Une année, vous êtes au top, l’autre moins. Nous devrons montrer une certaine solidité jusqu’à la fin du championnat, en étant conscient qu’avec une série, on s’échappe vite. Reste que nous savions que l’année dernière était exceptionnelle et il suffit de certains détails pour que ça tourne moins bien. Mais nous l’avons vite accepté.» Non sans une certaine frustration? «Un petit peu oui…», souffle l’attaquant de 23 ans, qui n’a trouvé que trois fois le chemin des filets cette saison.

Pas de quoi remettre tout en cause pour autant. Et surtout pas avant une rencontre capitale, là où la tentation pourrait être grande de faire autrement. Saint-Gall joue toujours de la même manière et cela sera encore le cas mercredi, à la Praille: «Nous avons pour idée de garder la même approche, de jouer comme d’habitude, assure l’ancien pensionnaire de la Masia. Le coach n’a pas changé non plus, que ce soit dans son attitude envers nous ou sur ce qu’il nous demande. De notre côté, il n’y aura pas d’adaptation.» A Servette, qui avait reculé son bloc et refermé l’axe pour l’emporter 1-0 en Suisse orientale début mars, la question se posera peut-être.

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