Actualisé 04.12.2017 à 07:00

FootballJérémy Manière: deux carrières très bien gérées

Le défenseur du Lausanne-Sport vient d’obtenir son bachelor, tout en jouant en Super League. Costaud.

von
Tim Guillemin
À 26 ans, le Vaudois a franchi une belle étape personnelle la semaine dernière en obtenant son bachelor en lettres et sciences humaines. Photo: DR

Les journées peuvent être longues lorsqu’on est un jeune footballeur, tout seul dans une région que l’on ne connaît pas. «Quand je suis arrivé à Thoune, en 2011, je ne parlais pas encore suisse allemand. J’avais 20 ans et mes journées se résumaient à m’entraîner le matin, jouer à la PlayStation l’après-midi après la sieste et regarder des matches le soir», explique Jérémy Manière.

C’est à Bienne, où il a joué de 2013 à 2016, que le déclic se produit. «Je dois avouer que c’est grâce à ma copine, Andrea. Elle est devenue avocate à 25 ans, ça situe un peu le personnage», sourit l’actuel défenseur central du Lausanne-Sport. Sous l’impulsion d’Andrea, le jeune homme s’inscrit à l’Université de Neuchâtel: «Au début, c’était juste pour voir. Et puis ça m’a bien plu. Je me suis accroché et voilà…» Le résultat est brillant: en fin de semaine dernière, le footballeur a obtenu son bachelor en lettres et sciences humaines, avec le sport et la communication en piliers principaux et la géographie en pilier secondaire. Le tout en passant l’immense majorité de ses examens du premier coup, qui plus est.

La priorité, c’est le football

Concilier études de haut niveau et football d’élite ne va évidemment pas de soi. «C’est vrai que lorsque j’étais à Bienne, j’ai eu des journées assez intenses. Le mardi et le mercredi, il est fréquemment arrivé que je m’entraîne le matin à Bienne, que je suive des cours à midi à Neuchâtel, que je revienne à Bienne pour l’entraînement de l’après-midi avant de retourner en cours à Neuchâtel!» Des doubles allers-retours qui pèsent, forcément, mais le Vallorbier a toujours été clair: la priorité, c’est le football.

«C’est mon métier, c’est ce pour quoi je me lève le matin, qui me fait gagner ma vie. J’ai pu bénéficier d’arrangements à l’université, pour ce qui est de l’organisation de mes journées, mais c’est vrai que c’était compliqué parfois. Les périodes d’examens tombaient souvent pendant les vacances du foot, donc pendant deux ans je n’ai eu aucune plage de repos», continue-t-il. Pour autant, il ne regrette absolument pas son choix. «Au contraire! Aller en cours le lundi matin te permet de relativiser et de te faire comprendre qu’il n’y a pas que le foot dans la vie. Dans les bons comme dans les mauvais moments… Même si tu as battu YB ou Bâle le week-end, le lundi tu es un élève comme les autres.»

Un avenir tout tracé

Aujourd’hui, le bachelor en poche, pas question de se reposer… puisque le master est en route! «Je l’ai commencé en septembre, j’en ai pour deux ans», détaille Jérémy Manière, qui est sous contrat avec le LS jusqu’en juin 2019. Vrai passionné de football, il se voit bien continuer dans ce domaine après sa carrière. «Oui, j’y pense. Si j’ai choisi l’option sport, c’est parce que j’adore ce domaine et je me projette déjà un peu. Pas forcément comme entraîneur, mais plus dans l’encadrement ou le management», confie le Vaudois, impatient de voir ce que l’avenir lui réserve. En tout cas, il a mis toutes les cartes de son côté pour qu’il soit le plus agréable possible.

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