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FranceJeux de la Francophonie : une vingtaine de sportifs africains s'évanouissent dans la nature (PAPIER D'ANGLE)

NICE, 12 sept 2013 (AFP) - Depuis le début des Jeux de la Francophonie, au moins 24 sportifs et artistes africains se sont évanouis dans la nature dans le sud-est de la France, un phénomène "courant" dans les grandes compétitions selon les organisateurs, alors qu'une délégation accuse des "agents sportifs indélicats".

Au moins 24 jeunes venus de République démocratique du Congo (RDC), de Djibouti et de Côte d'Ivoire, sur quelque 2.500 participants, ont disparu depuis le début des Jeux, le 6 septembre, selon un dernier décompte des autorités locales à Nice (sud-est). Le chef de la délégation congolaise, Barthélémy Okito Oleka, a accusé des agents sportifs indélicats, agissant "en bande organisée" d'avoir "fait miroiter" aux jeunes sportifs une entrée hypothétique dans de grands clubs européens. Dix Congolais, dont sept basketteuses, sept Djiboutiens qui devaient participer aux épreuves de hip-hop notamment, et sept Ivoiriens -parmi lesquels deux lutteurs- sont pour l'heure portés manquants. Le chef d'une délégation africaine parlant sous couvert d'anonymat a fait état de "34 ou 35 défections touchant quatre ou cinq pays", dont également le Togo. Un artiste burkinabè a également déserté lundi, "laissant toutes ses affaires derrière lui", a déclaré Barthélémy Akwandambou, un des responsables de sa délégation, joint par l'AFP. Si ces athlètes et artistes portés manquants par leurs délégations "sont toujours sur le territoire, ils ne sont cependant pas en situation irrégulière car chaque membre a reçu un visa d'un mois", a précisé mercredi lors d'un point-presse Jehan-Eric Winckler, directeur de cabinet du préfet. Pour l'instant, aucun des compétiteurs manquants n'a été retrouvé, a-t-il ajouté. Aucune demande d'asile n'a par ailleurs été enregistrée. Après la défection de participants de RDC, la sécurité a été "renforcée autour des hébergements où logent les compétiteurs", a dit Bernard Maccario, directeur du Comité national des Jeux de la Francophonie (CNJF). Selon lui, "il faut relativiser les choses: depuis une vingtaine d'années, tous les grands événements sportifs à rayonnement mondial vivent ce type de situation". Il cite notamment à l'appui les derniers Jeux de la Francophonie dans un "pays du Nord", à Ottawa, en 2001, où "106 participants" avaient déserté et présenté des demandes d'asile. "C'est triste, mais pas dramatique" et ce n'est "pas un phénomène nouveau", estime elle aussi Yamina Benguigui, la ministre déléguée chargée de la Francophonie, jointe par l'AFP. Surtout, "il faut remettre tout cela en contexte : pour les JO de Londres, on avait 300 défections, pour Sydney, c'est à peu près les mêmes chiffres", a dit la ministre. "Dans cette période particulière" de pré-campagne pour les municipales de 2014, "on fait peur aux Français avec ça", estime-t-elle. "A force de focaliser, on montre un mal français qui est la peur de l'autre". Quelque 2.500 jeunes de 18 à 35 ans, venus de 54 nations, participent à ces Jeux. L'épreuve mêle compétitions sportives et concours culturels notamment. cal/mfo/DS/thm/dro

(AFP)

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