12.08.2020 à 06:32

Hong KongJimmy Lai dit à ses journalistes de continuer à se battre

Libéré, le propriétaire média pro démocratique hongkongais Apple Daily ne veut pas céder face à Pékin et sa nouvelle loi sur la sécurité nationale.

Jimmy Lai a été libéré sous caution mardi soir, après son arrestation la veille sur la base de la loi sur la sécurité nationale chinoise.

Jimmy Lai a été libéré sous caution mardi soir, après son arrestation la veille sur la base de la loi sur la sécurité nationale chinoise.

AFP

Le magnat des médias hongkongais Jimmy Lai a appelé mercredi ses journalistes à «se battre». Il s’exprimait depuis la salle de rédaction de son quotidien, au lendemain de sa libération sous caution, après son arrestation en vertu de la loi sur la sécurité nationale.

«Battons-nous, battons-nous», a lancé Jimmy Lai aux journalistes de l’Apple Daily, selon une vidéo diffusée en direct sur Facebook, avant d’ajouter: «nous avons le soutien des habitants de Hong Kong, nous ne pouvons pas les laisser tomber».

M. Lai, 71 ans, fait partie des dix personnes arrêtées par la police lundi dans le cadre d’un vaste coup de filet contre la mouvance pro démocratie.

Ces interpellations ont suscité l’indignation de la communauté internationale qui y voit la fin des libertés Hong Kong, une ville qui est depuis des décennies le siège régional de nombreux médias internationaux.

Le richissime septuagénaire a été interpellé pour des soupçons de collusion avec des forces étrangères, une des infractions visées par la nouvelle législation sécuritaire entrée en vigueur fin juin, et de fraudes.

Acclamé par son personnel

Son groupe de presse, Next Digital, résolument pro démocratie, possède deux titres critiques du régime chinois, le quotidien «Apple Daily» et le magazine Next.

Mercredi, c’est sous l’acclamation du personnel qu’il a fait le tour de la salle de rédaction de l’Apple Daily quelques heures après sa libération sous caution à l’issue de 40 heures de garde à vue.

Sur une vidéo diffusée en direct sur Facebook par ses journalistes, il a demandé à sa rédaction de conserver dans leurs articles le ton qui suscité la colère de la Chine et du camp pro-Pékin à Hong Kong. Il a reconnu qu’il devenait «de plus en plus difficile» de gérer un groupe de presse à Hong Kong.

«Mais nous devons poursuivre notre travail», a-t-il ajouté. «Heureusement, je n’ai pas été renvoyé sur le continent», a-t-il dit en faisant preuve de l’humour noir qui le caractérise. La nouvelle loi met en effet fin à l’indépendance judiciaire de Hong Kong jusqu’ici vigueur dans le territoire semi-autonome.

(ATS/NXP)

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