Publié

JOJO-2014 - La Russie rêve d'une utopique première place à Sotchi (PAPIER D'ANGLE)

Par Benoit FINCK SOTCHI (Russie), 4 fév 2013 (AFP) - La Russie a déployé des moyens colossaux, recruté des entraîneurs étrangers et naturalisé certains sportifs pour dominer le monde lors des premiers Jeux d'hiver organisés sur son sol en 2014 à Sotchi, mais l'objectif sera dur à atteindre.

En 2010, à Vancouver, la Russie avait terminé à une humiliante 11e place au classement du tableau des médailles, avec seulement trois médailles d'or, son pire résultat, tous jeux Olympiques confondus, loin derrière le Canada, pays hôte monté sur la première marche du podium avec 14 médailles d'or, record historique. "Il faut corriger la situation et créer toutes les conditions nécessaires pour une préparation et une participation convenable aux jeux Olympiques de Sotchi", avait alors déclaré Vladimir Poutine, à l'époque Premier ministre et redevenu président depuis 2012. Depuis, la Russie a consacré des moyens financiers "colossaux" aux sports d'hiver. Un grand nombre d'entraîneurs étrangers a notamment été recruté et dans les disciplines où le délai était trop court pour former des médaillables potentiels à Sotchi, la Russie a procédé à des naturalisations, explique Sergueï Boutov, du quotidien Sport-Express. C'est le cas notamment du Sud-Coréen Ahn Hyun-soo, triple champion olympique de short-track, qui a obtenu en 2011 la citoyenneté russe et s'appelle maintenant Viktor Ahn. Dans une autre discipline jusque-là quasi inconnue en Russie, l'un des meilleurs snowboarders américains, Vic Wild, a demandé et obtenu la citoyenneté russe après avoir épousé la snowboardeuse russe Alena Zavarzina. D'autres athlètes d'anciennes républiques soviétiques telles l'Ukraine et le Bélarus ont aussi obtenu la citoyenneté russe pour renforcer l'équipe nationale. Ces efforts ont commencé à porter leurs fruits. "Nous avons conservé nos positions en biathlon, en patinage artistique, et nous avons nettement amélioré nos performances en ski de fond depuis Vancouver", détaille M. Boutov. De quoi rendre optimiste le président du comité olympique russe, Alexandre Joukov. "Je pense que notre équipe peut finir à la première place", a-t-il déclaré fin janvier, estimant que les Russes peuvent décrocher "quelques médailles d'or" en biathlon, où ils font régulièrement des podiums en Coupe du monde, et une ou deux en snowboard. Trois ans après le fiasco de Vancouver en patinage artistique (0 titre), il compte aussi sur un réveil des patineurs, avec Evgeny Plushenko, champion olympique 2006 et triple champion du monde, même s'il est en méforme cet hiver, ou encore les jeunes Adelina Sotnikova et Elizaveta Tuktkamysheva (toutes deux 16 ans), 2e et 3e aux Championnats d'Europe le mois dernier. Un sursaut est aussi attendu en hockey sur glace, après l'humiliation subie en quart de finale à Vancouver contre le Canada (7-3). Mais finir en tête de classement à Sotchi sera "très difficile", voire irréalisable, estime Sergueï Boutov. "C'est de la poudre aux yeux. De tels miracles n'existent pas en sport. Il est impossible de faire un bond de la 11e à la première place en l'espace de quatre ans", a-t-il déclaré à l'AFP. Les athlètes russes devront remporter au moins 18 médailles d'or pour finir premiers à Sotchi, où 98 titres seront en jeu (soit 12 de plus qu'à Vancouver), a récemment estimé le ministre russe des Sports, Vitali Moutko. Alexandre Kobeliatskiï, rédacteur en chef adjoint du portail sport-box.ru, juge cependant que la Russie peut espérer au mieux 11 médailles d'or "une performance qui ne serait pas humiliante". L'objectif de 18 médailles relève de la "science-fiction", estime pour sa part M. Boutov. "Ce serait déjà un miracle qu'on finisse parmi les trois premiers. Si tel était le cas, nous pourrions viser plus haut aux jeux suivants" en 2018 à Pyeongchang (Corée du Sud), dit-il. bfi-or/nm/gf/ep

(AFP)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!