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FootballJoão Carlos Pereira: «Il y a des problèmes partout»

Alors que Servette continue de naviguer en eaux troubles, le coach grenat évoque les pépites de son président et disserte avec maîtrise sur l'art consommé de faire fi du contexte.

par
Nicolas Jacquier
João Carlos Pereira, entraîneur du Servette FC.

João Carlos Pereira, entraîneur du Servette FC.

Keystone

A la Praille, la facture de mazout en souffrance vient certes d'être réglée, calmant l'impatience d'un créancier, mais le climat demeure toujours glacial. Et pas uniquement parce que le chauffage, avec des radiateurs coupés, ne fonctionne pas dans les couloirs. «On essaie de se concentrer sur notre travail, en espérant que chacun fasse le sien.»

A 48 heures de la venue de GC, João Carlos Pereira ne se dérobe pas. L'entraîneur est venu en ce début d'après-midi faire front. «Il faut tout faire pour donner le meilleur, encore plus dans l'adversité. Ce sont les joueurs qui portent les couleurs «grenat»...»

Mais peut-on encore réussir à se focaliser sur l'unique vérité du terrain quand ce que l'on attend toujours - les salaires demeurent impayés - ne vient pas? «Dès que mes joueurs retrouvent le ballon, assure l'homme du banc, ils oublient tout, ils se comportent comme des enfants.»

Alors que le sauvetage du club s'organise en coulisses, peut-on vraiment dissocier le sportif de ce qui ne l'est pas, compte tenu des inquiétudes pesantes liées à la situation du SFC? «On vit dans un monde global, répond l'entraîneur. Vous savez, il y a des problèmes partout. Mais quand on est dans le vestiaire, on parle organisation de l'équipe, tactique et adversaire.» Dès que l'on quitte l'entraînement, on imagine par contre le contenu des discussions...

Depuis deux jours et un communiqué présidentiel faisant référence au si précieux métal jaune dont son club serait massivement fourni, Pereira sait qu'il entraîne des pépites. «Il y a certes de la qualité dans le groupe, reconnaît-il, mais on ne peut pas avoir que des pépites; il faut aussi autre chose, en termes d'état d'esprit et de solidarité, si l'on veut faire en sorte que les pépites puissent s'exprimer et briller.» A ses côtés, le revenant Moutinho enchaîne: «Notre boulot, c'est d'être sur le terrain. Le reste, on ne peut rien y faire, ce n'est pas de notre ressort.»

Dimanche, Servette reçoit un GC qui n'a pas encore inscrit le moindre but en 2012 mais qui l'avait battu le 20 août dernier en s'imposant 4-3 sur la pelouse genevoise. «Il ne faut pas se concentrer uniquement sur l'arbre, il faut aussi regarder toute la forêt», conclut un Pereira étonnamment serein, voire philosophe. A Genève, il faudra toutefois plus que de la sagesse pour réchauffer l'atmosphère.

Dans l'optique d'améliorer une communication catastrophique, Servette vient par ailleurs de se doter d'un nouveau responsable des relations extérieures. Shahïn Ammane entrera dans son nouveau rôle lundi, à l'occasion d'un petit-déjeuner informel auquel ont été conviés les médias. «Afin de faire un peu mieux connaissance», précise l'invitation.

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