Etats-Unis: Joe Biden s’approche à petits pas de la Maison-Blanche

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Etats-UnisJoe Biden s’approche à petits pas de la Maison-Blanche

Le retournement de tendance en Géorgie, où le candidat démocrate devance désormais Donald Trump, place Joe Biden aux portes du pouvoir à Washington.

Joe Biden compte désormais un millier de voix d’avance sur Donald Trump en Géorgie, selon CNN.

Joe Biden compte désormais un millier de voix d’avance sur Donald Trump en Géorgie, selon CNN.

KEYSTONE/AP/Paul Sancya

Joe Biden s’est encore rapproché de la Maison-Blanche vendredi. Il a pris la tête de la course dans l’Etat-clé de Géorgie, au lendemain de nouvelles accusations de fraude proférées sans la moindre preuve par Donald Trump, qui continue d’affirmer être vainqueur.

Dans un dépouillement qui avançait au compte-gouttes, la tendance s’est inversée au petit matin en Géorgie: mené depuis le scrutin de mardi, l’ancien vice-président démocrate devançait désormais le président républicain de 917 voix.

Au vu des résultats ultra-serrés, aucun grand média américain n’a toutefois pour l’instant attribué définitivement la victoire à un des deux candidats dans cet Etat qui vaut seize grands électeurs.

Les compteurs pour arriver au «nombre magique» de 270 grands électeurs ouvrant les portes de la Maison-Blanche restaient donc bloqués: 253 ou 264 voix pour Joe Biden, selon que les médias lui aient ou non attribué l’Arizona, et 214 pour Donald Trump.

Pennsylvanie déterminante

Les Etats-Unis ont aussi les yeux rivés sur la Pennsylvanie, qui pourrait mettre fin au suspense avec ses 20 grands électeurs. L’avance initiale de Donald Trump continuait de fondre au fur et à mesure que les bulletins envoyés par courrier – souvent à 80% en faveur de Joe Biden – étaient comptés.

Vendredi peu avant 12h00 suisses, le milliardaire républicain ne menait plus que de 18’229 voix d’avance en Pennsylvanie.

A l’inverse, Donald Trump bénéficie directement, en Arizona, de la prolongation du dépouillement. Il était en train de rattraper Joe Biden, risquant de faire perdre au démocrate les onze grands électeurs que l’agence AP et Fox News lui avaient attribués dès la nuit électorale de mardi.

«Voler l’élection»

Face aux résultats égrenés globalement plus favorables à son rival, Donald Trump a crié jeudi une nouvelle fois à la fraude, sans apporter de nouveaux éléments.

«Si vous comptez les votes légaux, je gagne facilement. Si vous comptez les votes illégaux, ils peuvent essayer de nous voler l’élection», a-t-il lancé depuis la Maison-Blanche, dans une tirade souvent confuse, truffée d’approximations et de contre-vérités sur le décompte en cours.

Trump plus isolé

Plus de deux jours après l’élection, le président apparaît isolé au sein de son propre parti dans sa croisade contre un «vol» du scrutin. «Nous n’avons entendu parler d’aucune preuve», a réagi sur ABC Chris Christie, ex-gouverneur du New Jersey, mettant en garde contre le risque d’attiser les tensions sans éléments tangibles.

«Voler des centaines de milliers de voix signifierait un complot d’une ampleur digne d’un film de James Bond. C’est impossible», a de son côté écrit sur son blog Karl Rove, ancienne éminence grise de George W. Bush.

Donald Trump a en revanche reçu le soutien des sénateurs Lindsey Graham et Ted Cruz. «Je peux vous dire que le président est en colère et je suis en colère, et les électeurs devraient être en colère», a déclaré ce dernier sur Fox News.

Appel au calme

Peu après l’allocution de Donald Trump, Joe Biden a une nouvelle fois appelé au calme et à la patience. «Personne ne nous prendra notre démocratie. Ni aujourd’hui, ni jamais», a-t-il tweeté.

Quelques heures plus tôt, le candidat démocrate s’était dit certain de sa victoire imminente. «Je demande à tout le monde de rester calme. Le processus fonctionne, le décompte s’achève et nous saurons très bientôt», a-t-il déclaré. «Nous n’avons aucun doute sur le fait que lorsque le dépouillement sera terminé (…) nous serons déclarés vainqueurs».

Le président républicain avait déclaré, dans la première nuit post-élection, qu’il avait gagné l’élection et qu’il ferait intervenir la Cour suprême, restant évasif sur les motifs.

En réalité, ses avocats ont lancé de multiples actions judiciaires au niveau des Etats, avec par exemple la menace de demander un recomptage dans le Wisconsin. Dans le Michigan et la Géorgie, deux juges ont déjà rejeté des recours républicains.

Tensions

L’une des batailles concerne la Pennsylvanie, où les autorités ont été débordées par le volume de bulletins reçus par la poste. A la demande du camp Trump, un juge a ordonné aux autorités locales de laisser entrer des observateurs républicains dans le centre de convention de Philadelphie où le dépouillement a lieu.

Dehors, des partisans de M. Trump manifestaient pour dénoncer des fraudes, face à des contre-manifestants. «Trump est en train de faire un coup d’Etat pour voler les élections», a dit à l’AFP Emma Kaplan, 30 ans.

La police de Philadelphie a arrêté deux hommes après avoir appris qu’une attaque armée s’y préparait contre un centre de dépouillement des bulletins de vote de la présidentielle, a rapporté vendredi le journal Philadelphia Inquirer.

(ATS/NXP)

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