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Etats-UnisJoe Biden confronté à des défis internationaux complexes

Le président élu veut en finir avec «l’Amérique d’abord» de Trump et mise sur le «retour» d’une Amérique «prête à guider le monde».

Joe Biden pourrait revenir à une ligne moins conciliante avec Israël et l’Arabie saoudite, choyés comme jamais par Trump.  Il s’est aussi engagé à être beaucoup plus dur avec Poutine. 

Joe Biden pourrait revenir à une ligne moins conciliante avec Israël et l’Arabie saoudite, choyés comme jamais par Trump. Il s’est aussi engagé à être beaucoup plus dur avec Poutine.

KEYSTONE

Le président élu des Etats-Unis Joe Biden et son équipe diplomatique ont promis de rétablir le leadership américain dans le monde. Au-delà des intentions générales, ils seront immédiatement attendus sur une série de dossiers internationaux complexes.

Pendant la campagne et depuis son élection, l’ancien vice-président de Barack Obama met l’accent sur sa volonté d’en finir avec «l’Amérique d’abord» de Donald Trump, pour proclamer le «retour» d’une Amérique «prête à guider le monde».

Des propos qui ont rassuré les alliés européens ainsi qu’une grande partie de la communauté diplomatico-académique de Washington, mais qui ne disent pas clairement comment il va gérer les crises qui l’attendront dès le 20 janvier.

Chine et Russie: «ferme», mais comment?

«Les Etats-Unis doivent être fermes avec la Chine»: Joe Biden a annoncé la couleur, comme en réponse à Donald Trump, qui l’accusait d’être «faible» et facilement manipulable.

Représentant d’une classe dirigeante qui a longtemps prôné la coopération avec Pékin, le futur président veut montrer qu’il s’est adapté au consensus émergent côté américain en faveur d’une compétition sans concessions avec l’autre superpuissance.

Reste à mettre en musique cette stratégie et à trouver, comme la nouvelle équipe en affiche l’intention, un juste milieu entre la confrontation idéologique aux accents de Guerre froide menée par l’actuel secrétaire d’Etat Mike Pompeo et la nécessité de coopérer sur des défis planétaires, comme la pandémie et le changement climatique.

A l’inverse, avec la Russie, Joe Biden s’est engagé à se montrer beaucoup plus dur que Donald Trump, qui n’a jamais caché son envie d’entretenir de bonnes relations avec Vladimir Poutine. Mais il risque d’être rapidement contraint de dialoguer avec Moscou sur plusieurs dossiers internationaux, à commencer par le contrôle des armements.

Iran: l’impossible retour à 2015

L’Iran a multiplié les appels à un retour à la situation qui prévalait avant que Donald Trump quitte l’accord international de 2015 pour empêcher la République islamique de se doter de l’arme nucléaire: Washington lève les sanctions imposées depuis 2018 et Téhéran revient dans les clous de l’accord.

Sur le papier, le deal semble conforme au programme de Joe Biden, qui dit vouloir renouer avec cet accord négocié par l’administration Obama.

Mais un simple retour en arrière s’annonce impossible. En Europe comme en Amérique, même les colombes s’accordent à dire que l’accord doit être durci, et élargi à des thèmes brûlants comme les missiles balistiques iraniens et l’attitude jugée «déstabilisatrice» de l’Iran au Moyen-Orient.

Quand bien même Téhéran accepterait de négocier, les tractations s’annoncent ardues, d’autant que les durs du régime semblent en position de force en vue de la présidentielle iranienne de juin.

Moyen-Orient, alliances revisitées

Joe Biden pourrait revenir à une ligne moins conciliante avec Israël et l’Arabie saoudite, choyés comme jamais par Donald Trump. Mais là aussi, difficile de prédire où il placera le curseur.

S’il a fait savoir qu’il maintiendrait l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, où le président sortant l’a transférée en rupture avec le consensus international, il n’est pas clair s’il reviendra ou pas sur l’avalanche d’autres décisions unilatérales favorables à l’Etat hébreu prises depuis quatre ans.

Ni jusqu’où il poussera le bras de fer avec Ryad en matière de droits humains.

Afghanistan: probable continuité

Le président élu hérite d’un accord conclu par son prédécesseur avec les talibans, qui prévoit le retrait total des troupes américaines d’Afghanistan d’ici mi-2021.

Sur ce dossier, une certaine continuité est assumée: Joe Biden veut aussi mettre fin à la plus longue guerre des Etats-Unis.

Mais il souhaite maintenir une unité contreterroriste sur place afin d’éviter le chaos provoqué par le retrait d’Irak sous la présidence Obama. Certains experts redoutent qu’un tel changement, même minime, ne fasse capoter l’entente avec les talibans.

Corée du Nord: l’accalmie jusqu’à quand?

Lorsque Barack Obama avait briefé Donald Trump fin 2016, il l’avait mis en garde: les ambitions nucléaires de la Corée du Nord constituaient la menace la plus immédiate.

Quatre ans plus tard, la tension est retombée, grâce au choix spectaculaire du milliardaire républicain de nouer une relation chaleureuse directe avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

Mais cette stratégie a échoué à freiner la course atomique de Pyongyang – tout comme avait échoué la diplomatie traditionnelle que Joe Biden veut remettre au goût du jour.

Et l’accalmie pourrait faire long feu, la Corée du Nord voyant dans le futur locataire de la Maison Blanche un «chien enragé» qu’il faudrait «battre à mort».

(ATS/NXP)

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21 commentaires
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Mamanilsvontmedetesterdis

27.11.2020 à 13:18

Le monde allait très bien sans l’Amérique. Pourquoi changer une devise qui win? Bref, en vraiment espérant un coup d’état de la part de Trump, du genre jamais vu. "Citoyens, Citoyennes, c’est le cœur lourd que je viens vous annoncer que dans l’intérêt de la nation et du monde, j’ai pris la lourde décision d’incarcérer Biden et Harris et toute cette clique minoritaire démocratique au sénat. Ceci à été exécuté dans les meilleurs intérêts de la nation et du monde et ma foi, fallait bien que ça arrive un jour et ce n’est que fair-play, ils avaient qu’à pas tricher.." PS: n’importe qui ayant traversé les USA sait fort bien qu’il y as des lieux qui n’ont absolument rien à envier au tiers-monde. Dans des lieux pareils une fraude électorale est toute aussi plausible comme la "théorie" que le soleil risque bien de se lever demain matin et si vous dites le contraire c’est tout simplement que vous regardez trop de télé et que vous n’avez mais alors vraiment aucune idée de la réalité terrain.

Brick in the wall

26.11.2020 à 10:46

Pour qui sait lire entre les lignes, Si Biden est confirmé à la Maison Blanche, nous assisterons au terme de la politique isolationniste de Trump dont l'axe majeur fut les intérêts économiques nationaux US faisant place à une politique extérieure belliciste dont la mère des batailles sera la "lutte contre le terrorisme", paravent dissimulant un agenda oligarchique en inadéquation avec les intérêts américains.

Implacable

26.11.2020 à 10:13

Robinette, c'est beau les théories pendant la campagne électorale, mais arrivé au pouvoir, c'est affronter la réalité et où que ce soit dans le monde, AUCUN président n'a pu, dans l'Histoire, appliquer ce qu'il avait promis à ses électeurs.......même l'homme soit-disant le plus puissant du monde