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États-UnisBlinken secrétaire d’État, Kerry représentant pour le climat

Le président élu va choisir Anthony Blinken comme chef de la diplomatie. John Kerry sera le représentant spécial pour le climat et Alejandro Mayorkas officiera au ministère de la Sécurité intérieure.

Joe Biden a promis un «gouvernement qui représente l’Amérique», diversifié et féminisé.

Joe Biden a promis un «gouvernement qui représente l’Amérique», diversifié et féminisé.

AFP

Joe Biden a dévoilé lundi les premiers grands noms de son futur gouvernement, avec Antony Blinken à la tête de sa diplomatie. Donald Trump continue lui de contester le résultat de la présidentielle américaine.

Le président élu a opté pour des personnalités expérimentées et reconnues plutôt que pour l’effet de surprise. L’ancien secrétaire d’Etat de Barack Obama, John Kerry, 76 ans, sera l’émissaire spécial du président américain sur le climat, signe de l’importance qu’accorde Joe Biden à ce dossier. Le démocrate nommera en outre pour la première fois un Hispanique, Alejandro Mayorkas, à la Sécurité intérieure.

Se posant en gage de stabilité, le président élu démocrate avait fait campagne en promettant de mettre fin au «chaos» de l’ère Trump. Et ses premiers choix, sélectionnés dans le cercle de ses conseillers et collaborateurs de confiance, reflètent sa volonté de marquer le contraste avec le président républicain sortant.

Bien que Donald Trump refuse toujours de reconnaître sa défaite et d’oeuvrer au transfert du pouvoir, une rupture inédite avec la tradition politique américaine, Joe Biden, 78 ans, a révélé lundi les prochains meneurs de sa politique étrangère. «J’ai besoin d’une équipe prête au premier jour», a écrit le démocrate dans un communiqué. «Ces individus sont aussi expérimentés et éprouvés aux crises, qu’ils sont novateurs et imaginatifs», a-t-il poursuivi.

Fervent partisan du multilatéralisme

Au poste-clé de secrétaire d’Etat: Antony Blinken, 58 ans, ex-numéro deux du département d’Etat sous le président Barack Obama et l’un des principaux conseillers en diplomatie de Joe Biden.

Fervent partisan du multilatéralisme, «Tony» Blinken devrait s’attaquer en priorité au dossier du nucléaire iranien et au retour des Etats-Unis dans l’accord de Paris sur le climat. S’il est confirmé par le Sénat, il succédera à Mike Pompeo, chef de la diplomatie de Donald Trump.

Joe Biden a également désigné un autre proche collaborateur, Jake Sullivan, 43 ans, comme son conseiller à la sécurité nationale. Linda Thomas-Greenfield, une diplomate afro-américaine chevronnée de 68 ans, qui fut secrétaire d’Etat adjointe pour l’Afrique, deviendra elle ambassadrice à l’ONU.

«Le plus grand défi de cette génération»

John Kerry, 76 ans, de deux ans le cadet de Biden, est un poids lourd parmi les poids lourds de la planète démocrate. Outre avoir été secrétaire d’Etat, il fut candidat malheureux à la Maison Blanche en 2004, et il est resté sénateur 28 ans, spécialisé dans les affaires étrangères.

Il a quitté le département d’Etat quand Donald Trump a pris les rênes du pouvoir, en janvier 2017. Et le climat était depuis devenu l’un de ses sujets de prédilection.

Il y a un an, il avait lancé une coalition de vedettes et personnalités pour mobiliser contre la crise climatique, baptisée «World War Zero» (Guerre mondiale zéro). Le diplomate a exploité son carnet d’adresses: Leonardo DiCaprio, Emma Watson, Arnold Schwarzenegger ont rejoint l’initiative. «Aucun pays ne fait le travail» sur le changement climatique, disait-il alors. «Nous devons traiter cela comme une guerre».

«Je retourne au gouvernement pour remettre l’Amérique sur la bonne voie, face au plus grand défi de cette génération et face à ceux qui suivront», a tweeté John Kerry, promettant de «traiter la crise climatique comme la menace urgente de sécurité nationale qu’elle est».

Une femme secrétaire au Trésor

Joe Biden prévoit en outre de nommer au poste de secrétaire au Trésor l’ancienne présidente de la Banque centrale américaine, a indiqué lundi à l’AFP une source proche de l’équipe du président élu américain, confirmant des informations du Wall Street Journal.

Janet Yellen, qui a été la première femme présidente de la Fed entre 2014 et 2018, est une économiste renommée et respectée. Elle bénéficie du soutien de l’aile gauche du parti démocrate, selon cette même source. Si elle est confirmée par le Sénat, elle deviendrait la première femme à occuper le poste de secrétaire au Trésor, en remplacement de Steven Mnuchin.

Ce poste de ministre des Finances est le plus important après celui du secrétaire d’Etat en charge des affaires étrangères. Et cette nomination prend un relief tout particulier alors que la première économie du monde peine à s’extirper de la crise provoquée par la pandémie de Covid-19.

Janet Yellen, qui a été la première femme présidente de la Fed entre 2014 et 2018, est une économiste renommée et respectée.

Janet Yellen, qui a été la première femme présidente de la Fed entre 2014 et 2018, est une économiste renommée et respectée.

AFP

Nomination historique

Alejandro Mayorkas, né il y a 60 ans à la Havane, sera le premier Hispanique à diriger le ministère de la Sécurité intérieure, qui supervise notamment les questions d’immigration. Ce fils de réfugiés anticastristes, ancien procureur fédéral, connaît bien cette administration, dont il fut ministre adjoint de 2013 à 2016.

Le président élu a également sélectionné Avril Haines, 51 ans, pour devenir directrice du Renseignement national. Chargé de coordonner les différentes agences fédérales actives dans ce domaine, ce poste a été uniquement occupé par des hommes jusqu’ici.

Joe Biden et sa vice-présidente élue Kamala Harris feront un discours pour annoncer formellement ces nominations mardi à Wilmington, le fief du président élu, dans le Delaware.

«Une honte nationale»

Joe Biden, qui a promis un «gouvernement qui représente l’Amérique», diversifié et féminisé, poursuit ainsi l’installation de son équipe de transition, malgré les multiples recours en justice des avocats de Donald Trump. Aucun doute ne pèse sur le fait que le démocrate deviendra le 46e président des Etats-Unis le 20 janvier 2021.

Mais ce déni implique notamment que le président élu n’a toujours pas, plus de deux semaines après l’annonce de sa victoire, accès aux informations classées sur les questions ultra-sensibles concernant la sécurité des Etats-Unis, comme c’est l’usage. Il n’a pas non plus pu commencer à coordonner avec l’équipe Trump la gestion de la pandémie de Covid-19 qui a fait plus de 256'000 morts aux Etats-Unis.

Joe Biden a remporté près de 80 millions de voix lors du scrutin, contre un peu moins de 74 millions pour le milliardaire républicain. Mais la présidence américaine se joue au travers d’un système de grands électeurs attribués dans chaque Etat.

Procédure d’ordinaire quasi-routinière, la certification des résultats dans les Etats-clés prend cette fois, sous les accusations, infondées, de fraude massives lancées par Donald Trump, une envergure nationale. C’est lundi au tour de la Pennsylvanie et du Michigan, que Joe Biden a remporté respectivement par 81’000 et 155'000 voix d'avance, de le faire.

Le milliardaire a appelé dimanche le parti républicain à «se battre» mais un nombre croissant de grands noms du parti l’appellent à concéder sa défaite. Certains voient même dans le comportement des avocats du président «une honte nationale», digne d’«une république bananière».

L’UE noue des liens avec Biden

Ursula von der Leyen et Charles Michel se sont entretenus séparément par téléphone avec Joe Biden et l’ont invité à Bruxelles pour «une réunion spéciale» l’année prochaine. «Reconstruisons une alliance forte entre l’UE et les États-Unis», a insisté le président du Conseil européen, l’instance des Etats membres. «C’est un nouveau départ pour le partenariat mondial entre l’UE et les États-Unis», a pour sa part annoncé la présidente de la Commission européenne.

Le président élu a également contacté Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’Otan, dont le siège est à Bruxelles, qui s’est réjoui de pouvoir travailler en «étroite collaboration avec lui» pour préparer la réunion des dirigeants de l’Alliance en 2021.

(AFP/NXP)

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