Football: Johan Djourou en appelle à l'union sacrée
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FootballJohan Djourou en appelle à l'union sacrée

Le défenseur de l'équipe de Suisse s'est exprimé dimanche, au premier jour du rassemblement des internationaux à Lugano.

Johan Djourou devant les journalistes, à Lugano.

Johan Djourou devant les journalistes, à Lugano.

Samuel Golay, Keystone

Patron de la défense de l'équipe de Suisse depuis la Coupe du monde au Brésil il y a deux ans, Johan Djourou en appelle à l'union sacrée. Un appel lancé au premier jour du rassemblement des internationaux avant l'Euro 2016 à Lugano.

«L'union, c'est notre force, lance le capitaine du SV Hambourg. Cette force, nous l'avons démontrée par le passé. On a parlé l'an dernier d'un «Balken-Graben» au sein de l'équipe. Honnêtement, nous n'entrons pas dans ce débat. Des groupes, il y en a toujours dans l'équipe. Il est normal que Behrami aime être à côté de Shaqiri pour qu'ils puissent se retrouver, parler dans leur langue maternelle.»

Vaincre le scepticisme

Johan Djourou appelle à cette union sacrée pour deux raisons essentielles. Il faut, d'une part, vaincre le scepticisme provoqué par les deux défaites concédées en mars dernier devant l'Eire à Dublin (1-0) et face à la Bosnie-Herzégovine à Zurich (2-0).

Absent lors de ces deux rencontres, Johan Djourou a regretté l'incapacité de l'équipe à susciter de véritables émotions. «Sans bien jouer, les Irlandais y sont parvenus. Il a manqué sans doute à l'équipe de la grinta sur ces deux matches, dit-il. Mais il ne faut pas oublier qu'elle était privée de plusieurs éléments. A la limite, il vaut mieux qu'une telle contre-performance se passe en mars. Nous avons le temps pour rectifier le tir.»

Entourer Xhaka, Shaqiri et Behrami

Rectifier le tir, il le faut impérativement avant ce fameux derby contre l'Albanie le 11 juin à Lens pour le premier match de l'équipe de Suisse à l'Euro. C'est bien le contexte de cette rencontre qui amène Johan Djourou à tout entreprendre pour réaliser l'union sacrée. «Personne ne peut ignorer le contexte de cette rencontre, poursuit-il. Cette rencontre ne sera pas évidente pour Xhaka, Shaqiri et Behrami. C'est à nous d'aller vers eux, de les entourer, de leur rappeler que ce match, nous le gagnerons tous ensemble.»

Assumer son rôle de grand frère - son vécu en sélection se chiffre désormais à plus de dix ans - ne sera pas la seule «mission» que poursuivra Johan Djourou lors de ces presque trois semaines de préparation avant l'Euro. Il doit, sur le plan individuel, gagner les 10 % qui lui manquent pour retrouver la pleine possession de ses moyens.

On le sait, le Genevois n'a pas joué pendant plus d'un mois ce printemps en raison d'une mononucléose. «Les premiers symptômes sont apparus à l'automne, explique-t-il. J'ai pu dans un premier temps, faire face à la maladie. Mais après la trêve hivernale, j'ai vraiment dû batailler. J'ai ensuite livré des matches alors que je n'étais qu'à 50 %. Connaître la nature de la maladie m'a à la fois inquiété et rassuré. On s'interroge toujours sur l'évolution de la maladie. Mais d'un autre côté, je savais pourquoi j'étais dans le dur.»

Un statut renforcé

De retour aux affaires le 22 avril, Johan Djourou a disputé l'intégralité des cinq dernières rencontres de Bundesliga. «J'ai fait appel à des spécialistes de la maladie. Un traitement a été prescrit, poursuit-il. Normalement, cette mononucléose est derrière moi.»

A 29 ans, il estime que les trois saisons qu'il a passées à Hambourg l'ont «endurci». «Ces trois saisons n'ont pas été simples avec deux barrages de promotion/relégation en 2014 et 2015. Après mes années à Arsenal, j'ai découvert un autre contexte avec une équipe appelée à lutter contre la relégation. Aujourd'hui, j'assume ce rôle de cadre en sélection. Mais j'ai le sentiment que j'ai beaucoup travaillé pour l'endosser.»

On rappellera ainsi que Johan Djourou était très loin d'être un titulaire en puissance à la veille de la Coupe du monde 2014. Finalement préféré à Fabian Schär, il devait s'imposer comme le patron d'une défense qui a bien failli entraîner l'Argentine de Lionel Messi à la loterie des tirs au but lors du huitième de finale de Sao Paulo. Ce statut de patron, le Genevois l'a encore renforcé sous la férule de Vladimir Petkovic.

(si)

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