15.03.2015 à 11:51

NucléaireJohn Kerry espère un accord à Lausanne

Le secrétaire d'Etat américain est attendu en Suisse pour reprendre les tractations avec l'Iran.

John Kerry (à droite) est attendu dimanche soir à Lausanne.

John Kerry (à droite) est attendu dimanche soir à Lausanne.

Keystone

L'Iran et les Etats-Unis se retrouvent dimanche 15 mars en Suisse à Lausanne pour la dernière ligne droite des négociations sur le programme nucléaire controversé de Téhéran. Leur espoir est toujours et encore de sceller un accord politique historique d'ici à la fin mars. Les pourparlers auront lieu à l'Hôtel Beau-Rivage Palace, au bord du lac Léman.

Après 12 ans de tensions internationales et 18 mois de pourparlers intenses, la République islamique et les grandes puissances du groupe 5 1 (Etats-Unis, Chine, Russie, Royaume Uni, France, et Allemagne), sous l'égide de l'Union européenne, se sont donnés jusqu'au 31 mars pour conclure un règlement. Il doit garantir que l'Iran n'aura jamais la bombe atomique, en échange d'une levée des sanctions.

Avant d'arriver dimanche soir à Lausanne pour retrouver son homologue iranien Mohammad Javad Zarif, le chef de la diplomatie américaine John Kerry a soufflé le chaud et le froid sur les chances de parvenir à un accord.

«Mon espoir est que dans les prochains jours cela sera possible», a-t-il déclaré, depuis l'Egypte, selon l'extrait d'un entretien à la télévision américaine CBS qui devait être diffusé dimanche. «Si il (le programme nucléaire iranien, Ndlr) est pacifique, allons-y, finissons-en», a lancé le secrétaire d'Etat.

«Progrès» dans les discussions

En cas d'accord politique d'ici deux semaines, le 5 1 et Téhéran sont convenus de finaliser d'ici au 30 juin/1er juillet tous les détails techniques de ce règlement général.

Ce texte de quelques feuillets fixerait les grands chapitres pour garantir le caractère pacifique des activités nucléaires iraniennes. Il établirait aussi le principe du contrôle des installations de Téhéran, la durée de l'accord et le calendrier d'une levée progressive des sanctions qui étouffent l'économie iranienne.

Mais en visite samedi à Charm el-Cheikh, station balnéaire égyptienne de la mer Rouge, John Kerry, qui négocie depuis des mois, s'est montré également prudent. Lors d'une conférence de presse, il a certes relevé les «progrès» dans les discussions avec l'Iran mais en prévenant qu'il subsistait des «divergences importantes».

La grande puissance chiite a toujours démenti vouloir se doter de la bombe atomique et a toujours affirmé que son programme nucléaire n'avait que des objectifs civils.

Le président Obama, qui a fait d'un rapprochement avec l'Iran une priorité de sa politique étrangère, n'a jamais totalement exclu de bombarder les infrastructures iraniennes en cas d'échec de la diplomatie. Cette très hypothétique option n'a toutefois pas apaisé la colère d'Israël, allié de Washington et ennemi de l'Iran.

Jusqu'à vendredi à Lausanne?

Le département d'Etat n'a pas dit quand son patron John Kerry quitterait Lausanne. Peut-être vendredi à la veille du Nouvel an iranien, le 21 mars, que la délégation de Téhéran veut célébrer en famille.

Après son premier entretien avec John Kerry, dès dimanche soir ou lundi matin, M. Zarif est attendu dans la journée à Bruxelles pour voir les chefs des diplomaties européenne, française, britannique et allemande. Les délégations du 5 1 et de l'Iran doivent ensuite se retrouver mardi à Lausanne.

D'après un diplomate européen toutefois, il sera «tout à fait» nécessaire de poursuivre, après le 31 mars, des discussions sur des points techniques en suspens. Un éventuel accord politique prendrait la forme d'un «point d'étape clé sur les points les plus importants», selon ce responsable.

Opposants mobilisés

Cette possible solution diplomatique historique sur le nucléaire a également remobilisé ses opposants, tant aux Etats-Unis qu'en Iran. A Washington, une tempête politique souffle entre le Congrès républicain et l'administration démocrate.

Le Capitole a invité en grande pompe le 3 mars le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Il a défié et mis en rage le président américain en cherchant à torpiller l'accord en préparation.

Le contentieux aux Etats-Unis se cristallise maintenant sur une lettre que 47 sénateurs républicains ont adressée aux dirigeants iraniens pour contester la légalité et la valeur diplomatique d'un accord international.

En riposte à l'hostilité d'élus américains, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, qui a le dernier mot sur les dossiers stratégiques de son pays, avait dénoncé jeudi la «fourberie» de l'Amérique.

(ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!