08.07.2020 à 10:32

TribunalJohnny Depp face à Amber Heard: «Je n'étais pas le monstre»

Le procès de Johnny Depp contre le magazine «The Sun» et Amber Heard s'est ouvert le 7 juillet. Au cours de cette première journée, l'acteur a réaffirmé son innocence face aux accusations de violences conjugales.

par
LeMatin.ch
Johnny Depp et Amber Heard lors de leur arrivée au tribunal à Londres le 7 juillet dernier.

Johnny Depp et Amber Heard lors de leur arrivée au tribunal à Londres le 7 juillet dernier.

Getty Image

Trois ans après leur divorce, Johnny Depp et Amber Heard se sont retrouvés à la Haute Cour de Londres ce mardi 7 juillet. L’acteur poursuit News Group Newspapers, l’éditeur du «Sun», pour diffamation. En 2018, le magazine britannique avait qualifié le comédien de «cogneur de femmes» en se basant sur les déclarations d’Amber Heard.

«Sociopathe, calculatrice et narcissique»

Après l'arrivée des ex-époux séparément, la première audience a tourné au grand déballage sur leur relation aussi bien dans les documents apportés à la procédure qu'à la barre.

Dans un témoignage apporté par écrit par sa défense, Johnny Depp, qui rejette toute violence, affirme qu'Amber Heard était violente avec lui, verbalement et physiquement. Il la décrit en personne «calculatrice», «sociopathe», «narcissique», «complètement malhonnête sur le plan émotionnel».

A l'audience, Johnny Depp a dû affronter un interrogatoire serré mené par l'avocate de NGN, Sasha Wass, sur sa consommation de drogue et d'alcool, ainsi que sur son comportement. «Dans ma jeunesse... mes expériences avec les narcotiques et les stimulants ont commencé à un jeune âge», a-t-il déclaré, interrogé au sujet d'une interview dans laquelle il avait expliqué qu'il avait essayé à peu près toutes les drogues à 14 ans.

«Pas Dr Jekyll et Mr Hyde»

«On vous voit maintenant très charmant et poli, parlant très doucement, mais il y a une autre face de vous-même, qui est moins charmante», l'a interpellé l'avocate. «Votre déclaration est assez générale, elle peut s'appliquer à chaque être humain», a rétorqué l'acteur d'une voix grave. Le comédien s'est défendu d'être le «monstre» désigné par Amber Heard. «Elle me criait dessus, je lui criais dessus, c'est ça qu'elle appelait le monstre», a-t-il expliqué. «Ce n'était pas Dr Jekyll et Mr Hyde. Je ne crois pas que j'étais le monstre».

Cherchant à accréditer la thèse d'un Johnny Depp colérique et violent, l'avocate est revenue sur une série d'incidents, exhumant notamment un épisode ancien où l'acteur avait saccagé une chambre d'hôtel à New York, occasionnant 10'000 dollars de dégâts. Le camp de la jeune femme présentera également «des preuves médicales, des photos, des vidéos, des enregistrements audio, des preuves digitales et des textos de M. Depp».

Vanessa Paradis et Winona Ryder témoigneront

Au cours du procès, Vanessa Paradis et Winona Ryder, ex-femmes de l’acteur, devraient venir témoigner par vidéo-conférence en sa faveur. La première le dépeint comme «un homme et un père gentil, attentif, généreux et non violent», tandis que la deuxième affirme qu'«il n'a jamais été violent» avec elle. De son côté, la défense du News Group Newspapers s’appuiera sur 14 témoignages accusant l’acteur de violences entre 2013 et 2016.

Des années de violences

Les deux ex-époux s'étaient rencontrés sur le tournage de «Rhum Express» en 2011 avant de se marier en février 2015 à Los Angeles. Le couple avait divorcé avec fracas début 2017. L'actrice de 34 ans avait alors évoqué «des années» de violences «physiques et psychologiques», des accusations vivement contestées par Johnny Depp. Dans la procédure de divorce, Amber Heard avait retiré sa plainte et Johnny Depp lui avait versé sept millions de dollars, que l'actrice avait redonnés à des associations.

AFP et FDA

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