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ChroniqueJolanda Neff: «Il neige, on roule!»

Retrouvez la chronique que la championne de VTT tient dans «Le Matin Dimanche».

par
Jolanda Neff

Chères lectrices, chers lecteurs, vous vous êtes probablement déjà demandé ce que faisaient les vététistes quand il y avait de la neige. Eh bien, c’est très simple: ils font du vélo!

Depuis toute petite, je sais qu’on ne peut avoir du succès qu’avec un entraînement régulier et de la discipline. J’ai disputé ma première compétition à l’âge de 6 ans. Peu de temps après, mes parents ont commencé à dispenser des cours de VTT aux enfants de la région de Sankt Margrethen (SG), où nous habitions. Mon père a suivi une formation d’entraîneur J + S en marge de son travail. Ma mère avait aussi un métier mais, ensemble, ils prenaient du temps chaque semaine pour offrir aux plus jeunes une occupation qui a du sens.

Mes parents ont toujours insisté auprès des enfants pour qu’ils fassent les choses avec sérieux et régularité. C’est la seule façon de pouvoir progresser. Ils savaient aussi rendre l’entraînement en groupe tellement amusant que je n’ai jamais eu envie de manquer une seule séance. Au contraire, je me réjouissais déjà le matin, sur les bancs de l’école, de notre entraînement de l’après-midi. Nous apprenions les rudiments en faisant des exercices ludiques: relais, jeux de groupes, franchissement d’obstacles, tours en forêt et randonnées tranquilles sur des sentiers en pleine nature.

L’hiver, nous nous entraînions chaque semaine. Il est facile de rouler dans la neige avec un VTT. Cela permet même de travailler son équilibre et sa dextérité. Il faut de la force pour avancer, mais si vous tombez dans ce grand duvet blanc, c’est sans douleur! Évidemment, il faut serrer un peu les dents quand il fait vraiment froid et humide. Mes pieds et mes mains se sont engourdis plus d’une fois. Mais l’avantage, à VTT, c’est que même avec des températures inférieures à zéro, vous vous réchauffez vite en grimpant les entiers de forêt.

Maintenant que je suis professionnelle, je dois faire attention à ne pas devenir une douillette avec tout le confort dont je bénéficie! En hiver, je peux désormais m’entraîner en plein jour, avec du matériel de qualité et des vêtements haut de gamme fournis par mes sponsors, et même partir au chaud quand les températures deviennent trop négatives. Bon, c’est un peu différent cette année: le coronavirus m’a obligée à rester en Suisse, mais je suis très heureuse et reconnaissante de pouvoir profiter de ce «miracle blanc». C’est amusant de faire des virages dans la neige et merveilleux de se réchauffer avec un thé chaud devant le poêle après une sortie à vélo. Et puis, qu’est-ce que c’est beau, l’attente de Noël, le temps de l’Avent. Tout n’est que contemplation et silence. Pour moi, cette période implique forcément la neige – même si c’est à vélo que je la découvre!

Cette chronique est assurée en alternance par Julien Wanders, Théo Gmür, Alan Roura, Stefan Küng et Jolanda Neff.

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3 commentaires
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Logique

17.12.2020 à 11:29

Elle allie beauté, classe et super-performances sportives . Dommage que, hors de la Suisse allemande, elle soit peu connue, surtout en Romandie

Karka

17.12.2020 à 09:51

Une des plus grandes sportives suisses (plusieurs fois championne du Monde et d'Europe) mais certainement une des moins médiatisées. Allez Jolanda!