Publié

ChroniqueJolanda Neff: «Je n’ai pas signé pour ça»

Retrouvez la chronique que la championne de VTT tient dans «Le Matin dimanche».

par
Jolanda Neff
Keystone

Jusqu’à il y a environ dix ans, on disait d’un athlète qu’il avait réussi s’il remportait des médailles. Bien sûr, il pouvait bénéficier de la sympathie du public grâce aux interviews, à ses apparitions à la télévision ou lors des compétitions en direct, bref, partout où l’on pouvait percevoir son caractère et son charme. De cette manière, les sportifs sont devenus intéressants pour les sponsors et les marques à la recherche d’ambassadeurs.

Nous sommes dans une situation complètement différente aujourd’hui. Les médailles à elles seules ne suffisent plus à pouvoir dire d’un athlète qu’il a réussi. Les apparitions sur les réseaux sociaux sont désormais presque aussi importantes que les titres. La reconnaissance ne dépend plus entièrement des résultats. L’opinion publique est désormais très liée aux apparitions sur les réseaux sociaux – trop, à mon avis.

C’est une bonne chose qu’il soit possible aujourd’hui d’entrer en contact direct avec ses fans et de pouvoir raconter personnellement son histoire. Le public est plus directement et plus étroitement que jamais lié à ses modèles. Je trouve cela à la fois beau, excitant et fascinant.

Ce que je n’aime pas, c’est à quel point les médias sociaux prennent le dessus. Plus un jour ne passe sans que la société ne s’en préoccupe. Les smartphones sont omniprésents. Un simple message une fois par semaine ne suffit plus en tant qu’athlète. Il faut publier de nombreuses histoires chaque jour, de préférence sur TikTok et Reels, idéalement dans un vlog YouTube, etc.

Personnellement, je veux satisfaire mes sponsors, je veux bien faire mon travail, je veux communiquer avec mes fans et je veux raconter quelque chose sur ma vie sportive. Mais en même temps, une petite voix résonne dans ma tête: «I never signed up for this». Je n’ai jamais signé pour ça. Je veux être une athlète de haut niveau parce que j’aime faire du sport, pas pour devenir célèbre sur les réseaux sociaux. Cela n’a jamais été mon objectif et ne le sera jamais.

Ma priorité et ma joie, c’est le sport, et c’est clairement sur cet aspect que j’aimerais mettre le focus dans ma vie. Je n’ai pas ouvert Instagram, Facebook ou Twitter depuis ma dernière compétition cette année. En ce moment, je fais une pause sur les réseaux sociaux – et ça me fait du bien.

C’est dans ces moments-là que vous réalisez à nouveau ce qui compte. Ce ne sont pas les clics et les «likes». Instagram peut être remplacé par TikTok demain, et TikTok après-demain par quelque chose que nous ne connaissons pas encore. Le monde numérique change en permanence. Mais ce qui comptait, il y a dix ans, ce qui compte aujourd’hui et ce qui comptera encore dans dix ans, ce sont les exploits sportifs. Internet est éphémère, les médailles sont éternelles.

Je vous souhaite à toutes et tous un automne coloré! Herzliche Grüsse, Jolanda.

Cette chronique est assuréeen alternance par Julien Wanders,Théo Gmür, Alan Roura, Ana-Maria Crnogorcevic,Stefan Küng et Jolanda Neff.

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!
3 commentaires
L'espace commentaires a été desactivé

Lhopitalquisefoutde

03.11.2020 à 22:34

Ce qui ne l’empêche pas de signer une chronique sur le site du Matin...pas très cohérent non?

Cycliste amateur

03.11.2020 à 20:29

Je félicite cette athlète .. enfin un discours cohérent !