Hockey sur glace: Jonas Hiller: «Au moins j'ai terminé sur une victoire»

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Hockey sur glaceJonas Hiller: «Au moins j'ai terminé sur une victoire»

Le gardien appenzellois a disputé son dernier match le 28 février dernier lors d'une victoire 5-1 de Bienne contre Zurich. Le voilà soudainement retraité, à 38 ans.

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Sport-Center
Keystone

Jonas Hiller n'a jamais semblé vouloir se mettre trop en avant. D'un naturel discret, le gardien, qui a terminé sa carrière au HC Bienne, aurait tout de même mérité une autre sortie. C'est lors d'une rencontre à huis clos face à Zurich que le triple champion de Suisse a tiré sa révérence. Au lendemain de l'annonce de l'annulation de la saison, le portier a dû se rendre à l'évidence: sa carrière s'est désormais abruptement terminée.

Jonas Hiller, comment vous sentez-vous en jeune retraité?

«Avec les matches à huis clos et les annonces de ces derniers jours tant au Tessin que dans le reste du monde, disons que j'ai eu le temps de me faire à l'idée. Franchement, je me dis qu'après avoir joué des rencontres à huis clos, ce n'est peut-être pas plus mal que ce soit terminé non? Cela n'aurait pas été les play-off rêvés si nous avions dû jouer sans les spectateurs. Il y avait toujours un petit espoir que ce ne soit pas définitivement terminé. Que je puisse jouer encore un peu. Ce jeudi, au moment de la décision, ce n'était pas le moment le plus agréable de ma vie. Mais je mets également en perspective avec le fait que ce n'est finalement que du hockey et que ce n'est pas si grave par rapport à ce qui se passe dans le monde en ce moment.»

Et ce dernier match à huis clos… On imagine que vous auriez rêvé d'une meilleure sortie.

«J'essaie de me dire que j'ai gagné mon dernier match (rires). Au moins ça. Sauf si tu termines par un titre de champion, tu finis obligatoire sur une défaite. Ce n'est pas mon cas. Au final, je me suis concentré sur ce que je pouvais contrôler. Le fait de ne pas pourvoir jouer n'était pas dans mes compétences. C'est pourquoi je ne me suis pas trop inquiété et j'ai attendu.»

Avez-vous reçu des témoignages d'anciens joueurs et d'amis?

«Beaucoup de copains m'ont écrit, oui. C'était un moment très émotionnel de lire ces témoignages et cela m'a fait un pincement au coeur de prendre connaissance de tous ces jolis mots de personnes qui ont compté pour moi. En même temps, cela m'a forcé à penser à ma retraite (rires) et ce n'était pas facile car le hockey a longtemps été toute ma vie. Donc au final, j'ai été très touché et je suis très reconnaissant même si c'était un moment difficile.»

Vous reverra-t-on dans une patinoire en septembre prochain?

«Peut-être pas en septembre (rires). Mais dans le futur probablement. Je comprends que certains aient besoin de revenir le plus vite possible dans le circuit. Je pense que ce ne sera pas mon cas. Le fait de ne plus être hockeyeur me permettra d'aller faire du ski ou de partir en vacances quand bon me semble. En devenant par exemple entraîneur des gardiens dans une équipe, tu te remets dans le même rythme qu'en étant joueur, voire plus intense encore. Tout au long de ma carrière, j'ai beaucoup aimé les stages d'été organisés par François Allaire à Verbier. Je pourrais m'imaginer organiser cela. Pas cet été, mais dans le futur peut-être. Je suis convaincu qu'en une ou deux semaines de stage, il y a moyen de vraiment aider un gardien à progresser. Je me verrais assez dans ce rôle. En ce qui concerne le statut d'entraîneur des gardiens, je ne ferme pas la porte pour autant. Mais ce n'est pas d'actualité.»

Ce d'autant plus que vous avez votre entreprise de kiteboard.

«Exactement. Nous avons eu du changement dans le personnel. Dans un premier temps, j'imaginais me laisser la fin de l'année pour voir ce que j'allais faire. Mais je vais devoir m'impliquer plus rapidement. Le seul point positif de cette fin prématurée, c'est que cela me donne du temps pour m'en occuper davantage. Cela me permet de penser tout de suite à autre chose et de ne pas tomber dans une dépression si j'avais trop de temps libre et une sorte de peur du vide.»

Grégory Beaud

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