Actualisé 28.04.2020 à 11:33

AlimentationJosef Zisyadis et McDo: «Pour moi c'est inadmissible»

La réouverture des «fast-foods» suscite une vive polémique. Le directeur de la Semaine du goût regrette que les produits locaux soient défavorisés au profit des grandes chaînes alimentaires.

par
lematin.ch
Pour le directeur de la Semaine du goût, c'est une injustice que de privilégier les grosses chaînes de distribution (ici à Bienne lundi) au détriment des petits établissements indépendants.

Pour le directeur de la Semaine du goût, c'est une injustice que de privilégier les grosses chaînes de distribution (ici à Bienne lundi) au détriment des petits établissements indépendants.

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«Pour moi c'est inadmissible. Il y a plein de petits restaurants qui aimeraient rouvrir et qui pourraient respecter les règles de sécurité. Ce sont des établissements de proximité avec des produits locaux qui peuvent gérer une clientèle pas trop importante.» Pour le directeur de la Semaine du goût et co-président de Slow Food Suisse, Josef Zisyadis, la réouverture des McDonald's lundi est difficilement acceptable.

C'est la malbouffe qui gagne

Cette réouverture a suscité passablement de réactions outrées sur les réseaux sociaux en Suisse romande, vidéo à l'appui. «Encore une fois, c'est la malbouffe qui gagne, regrette le Vaudois. C'est la même problématique avec les marchés et les supermarchés. Dans les deux cas, les produits locaux sont défavorisés au profit des grandes chaînes alimentaires et de l'industrie agro-industrielle.»

«Ils s'ennuient»

Que pense-t-il des gens qui sont prêts à faire une heure de queue avec leur voiture pour aller s'acheter un hamburger dans un drive-in? «Je pense qu'ils ne sont pas en train de bosser... Ils s'ennuient et passent leur temps en allant faire un petit tour en voiture.»

«Pas gagné d'avance...»

Cependant, il ne peut nier que l'engouement des clients pour ce type de nourriture montre des habitudes profondément ancrées parmi la population: «Ceux qui pensent que cette crise donnera un souffle nouveau aux produits locaux doivent se dire que ce n'est pas gagné d'avance... C'est vrai que davantage de gens ont appris le pli d'aller chez le producteur. En même temps, une fois que la crise sera passée, il faut craindre que beaucoup retourneront à leurs habitudes.»

Le cordonnier fermé

D'une manière générale, il constate que cette crise laisse les petits indépendants sur la touche. Il prend l'exemple du cordonnier à la gare de Lausanne: «Lundi, il avait cru pouvoir ouvrir, mais mardi il était à nouveau fermé sous la menace d'une amende. Ce n'est pas un exemple anodin. On dit aux gens: plutôt que d'aller faire réparer vos chaussures, allez sur Internet pour en acheter une paire toute neuve...»

Eric Felley

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