Joseph Gorgoni: «C’est formidable d’avoir enfin le droit de se marier»
Publié

SuisseJoseph Gorgoni: «C’est formidable d’avoir enfin le droit de se marier»

Celui que l’on connaît aussi sous le nom de Marie-Thérèse Porchet est ravi des résultats de la votation de ce 26 septembre. Lematin.ch lui a demandé s’il envisage d’épouser son compagnon.

par
F.D.A.
Joseph Gorgoni espérait que le vote passerait largement.

Joseph Gorgoni espérait que le vote passerait largement.

©Pascal Bernheim

Le peuple suisse vient d’accepter largement le vote concernant le mariage pour tous, ce dimanche 26 septembre 2021. Pour l’occasion, lematin.ch a appelé Joseph Gorgoni pour lui demander son avis. Celui que l’on connaît aussi sous le nom de Marie-Thérèse Porchet est en couple depuis vingt ans avec Florian. Il a aussi accepté de prêter son image pour une campagne en faveur de l’initiative. Au bout du fil, il ne cache pas son enthousiasme.

C’est un jour historique pour la Suisse. Comment allez-vous?

Je vais très bien. D’autant plus que la décision vient du peuple. Cela prouve qu’on a de la chance de vivre là où l’on vit.

Vous avez d’ailleurs enregistré une vidéo pour la campagne «mariage pour tous» en tant que Marie-Thérèse Porchet.

Oui. Je ne fais d’habitude jamais ce genre de truc, mais cette fois-ci, cela me paraissait tellement évident. En général, on essaie de ne pas trop mêler Marie-Thérèse à la politique, mais cette votation a été une telle certitude. Il fallait juste mettre un petit coup pour que les gens aillent voter. Les résultats prouvent que l’on a eu raison de se bouger. Je savais que ça allait passer largement. Après, on peut toujours espérer mieux. Mais nous sommes en démocratie et 64,1% est un très bon score. Il n’y a pas un canton qui a refusé l’initiative.

Marie-Thérèse Porchet va-t-elle vraiment demander en mariage Jacqueline, comme elle le promet dans la vidéo?

(Il prend la voix de Marie-Thérèse Porchet.) C’était pour la symbolique. Il lui manque un petit quelque chose à Jacqueline. Cela ne va pas être assez. (Rires.)

Est-ce qu’il y a encore du chemin à faire au niveau de l’égalité en Suisse?

Il faut toujours se battre. C’est comme pour le droit des femmes, rien n’est jamais acquis. On voit ce qui se passe aux États-Unis avec l’avortement, par exemple. J’ai quand même l’impression que je vis dans un pays où j’ai toujours été assez libre de faire ce que je veux. Mais il ne faut pas oublier que ce n’est jamais gagné.
Est-ce que vous envisagez de vous marier avec votre compagnon Florian?

Nous avons déjà fait un partenariat enregistré il y a dix ans. Pour le moment cela me va très bien et nous ne sommes pas dans l’optique d’avoir des enfants.

Si vous aviez la possibilité de faire reconnaître votre partenariat enregistré en tant que mariage, vous le feriez?

Je pense que oui. Tout simplement pour la symbolique. Je ne peux m’empêcher de penser à ces gens qui sont dans des endroits où les situations sont catastrophiques… C’est quand même formidable d’avoir enfin le droit de se marier. Avec tout ce qui m’est arrivé ces derniers temps, je me dis: «Quelle chance nous avons d’être en Suisse.»

Votre opinion