Confidences - Joseph Gorgoni: «C’était horrible, je me voyais mourir!»
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ConfidencesJoseph Gorgoni: «C’était horrible, je me voyais mourir!»

L’humoriste connu sous le nom de Marie-Thérèse Porchet a révélé à «L’Illustré» avoir frôlé la mort à trois reprises, durant l’année écoulée. Après avoir subi une greffe des poumons, il a contracté le coronavirus.

Joseph Gorgoni alias Marie-Thérèse Porchet a été deux fois à l’hôpital en un an.

Joseph Gorgoni alias Marie-Thérèse Porchet a été deux fois à l’hôpital en un an.

P. Bernheim

Joseph Gorgoni a passé une année très compliquée. Celui que l’on connaît sous le nom de scène Marie-Thérèse Porchet a confié à «L’Illustré» avoir subi une greffe des poumons suite à une fibrose. C’est en 2018 que l’artiste se rend compte qu’il est très essoufflé après ses spectacles avec le Cirque Knie. «Pendant la chanson, j’avais du mal à me reprendre. Je toussais beaucoup, j’étais fatigué. Je me suis dit: J’ai 53 ans, c’est l’âge», confie-t-il à l’hebdomadaire.

Après un contrôle chez le médecin, la nouvelle tombe: il s’agit d’une fibrose pulmonaire idiopathique. «Cette maladie chronique solidifie les poumons et empêche l’oxygène de passer dans le sang.» Il continue malgré tout à monter sur scène à Paris ou encore à Lausanne jusqu’à février 2020, mais il ressent de plus en plus la fatigue. «Je n’arrivais plus à chanter et danser en même temps.»

Le Vaudois consulte de nouveau. On lui annonce que ses poumons commencent à perdre de leur force et qu’ils ne fonctionnent plus qu’à 30%. «On m’a envoyé chez la professeure Paola Gasche, cheffe du service de pneumologie des HUG. J’ai eu de la chance de tomber sur elle, mais c’était un peu raide. Elle m’a dit: «Il faut que vous sachiez que ce que vous avez est très grave, on va faire une greffe le plus rapidement possible.» Elle a détaillé et a ajouté: «Sinon, dans six mois vous êtes mort.» Je lui ai dit: «Je sais que, pour vous, c’est le quotidien de votre métier. Mais c’est brutal. Il faut me parler autrement, sinon ça ne va pas le faire…» J’avais le sentiment étrange qu’on parlait de quelqu’un d’autre», dit-il.

«L’espérance de vie était de trois ans sans la greffe»

Florian, le compagnon de Joseph Gorgoni depuis 20 ans, commence à faire des recherches de son côté: «J’ai regardé sur le Net. C’était une maladie irréversible. L’espérance de vie était de trois ans sans la greffe.» En juin 2020, après plusieurs tests, il est jugé compatible pour recevoir une greffe. L’attente est de six mois à un an, car il est prioritaire.

Le 7 août, alors qu’il s’apprête à aller faire une sieste, le téléphone sonne. «Paola Gasche m’appelle: «Comment allez-vous? Vous êtes chez vous ou dehors? Debout?» Je lui dis que je viens de me coucher. Elle fait: «C’est très bien. Nous avons des poumons. On va vous opérer maintenant. J’ai dit: Non! Je ne suis pas prêt… Elle ajoute: «Vous ne serez jamais prêt. Vous avez évidemment le droit de dire non. Je vous conseille de bien réfléchir, parce que ça n’arrive pas souvent d’avoir des poumons compatibles aussi rapidement. Je vous donne trente secondes.» Là, je m’incline: Eh bien, faisons-le… Elle ajoute: «Vous avez deux heures, rasez-vous le torse. Ne prenez rien et venez.»

L’opération dure entre six et huit heures. «Je n’ai pas eu peur de mourir, car je ne m’en serais même pas rendu compte. Le risque majeur, les premiers jours, est un rejet total», détaille-t-il. La convalescence a du temps. Cinq jours après l’intervention, les douleurs se réveillent dans la région du sternum. «C’était très violent. J’étais secoué émotionnellement, je pleurais sans arrêt.» Il est finalement libéré après trois semaines d’hôpital et doit prendre 15 médicaments le matin et huit le soir.

Délires médicamenteux et l’impression d’étouffer

Pour fêter cette réussite, il part avec son chéri à Florence, en Italie. En rentrant, il va au restaurant avec une copine et c’est là qu’il contracte le coronavirus. «Lorsque j’ai ressenti les symptômes, les cinq premiers jours, ça allait. Et puis, d’un seul coup, je me suis mis à trembler de la tête aux pieds. Je n’arrivais plus à respirer. Mon état s’est dégradé très vite. J’ai été hospitalisé. Aux soins intermédiaires, j’ai fait des délires médicamenteux. J’insultais les médecins, j’ai essayé de m’enfuir. On m’a mis une sorte de masque de plongée pour respirer. J’avais l’impression d’étouffer. C’était horrible. Je me voyais mourir. Je leur ai dit: Faites votre boulot, intubez-moi. Et si je meurs, tant pis.» Après quarante-deux jours sous sédation et après avoir perdu 20 kilos, il reprend ses esprits progressivement entre le 21 et le 24 décembre.

Malheureusement, les mauvaises surprises ne sont pas terminées. Après un scanner, on lui découvre la présence d’un champignon mortel: un mucor. «On m’a prévenu: «Ça risque de toucher le nerf optique, vous pouvez perdre la vue, ça peut attaquer le cerveau.» Là, je me suis dit: Mais ce n’est pas possible! On m’a donné un médicament antifongique, l’Ambisome. C’est d’une violence inouïe. Ça provoquait des spasmes, ça peut détruire les reins, attaquer le foie. C’était ça ou rien. Et ça a marché.» Le comique est resté à l’hôpital de novembre 2020 jusqu’en février dernier.

Aujourd’hui, si le pire semble passé, le comédien suisse a encore du mal à descendre un escalier. Il a demandé une rente AI et s’apprête à recevoir sa seconde dose de vaccin contre la Covid-19 en avril. Mais il peut aussi compter sur son compagnon qui est toujours à ses côtés: «Le fait d’être soutenu par Florian change tout et, après cette épreuve, ça renforce tout.» Il ajoute qu’il compte bien travailler à nouveau, mais il commence en douceur. «J’ai envie de vivre! Je vais assurer le commentaire de l’Eurovision, le 20 mai prochain, avec Jean-Marc Richard, ça va m’amuser et me remettre le pied à l’étrier. Il faut que j’occupe mon esprit, sinon je deviens fou. J’ai vu une psy, et un peu d’hypnose m’a apaisé», conclut-il.

(F.D.A.)

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