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Etats-Unis«Jour de colère» contre les violences policières

Une marche à Washington rassemblait les membres des familles de Michael Brown, Eric Garner et Tamir Rice, trois Afro-Américains tués ces derniers mois.

Les manifestants, souvent jeunes, déterminés et combatifs, venaient parfois de très loin.

Les manifestants, souvent jeunes, déterminés et combatifs, venaient parfois de très loin.

AFP

Des milliers de personnes se sont rassemblées samedi 13 décembre à Washington pour une marche de protestation contre les violences policières, à la suite de la mort ces derniers mois de Noirs non armés tués par des agents blancs. Pour ce «jour de colère», d'autres marches ont eu lieu à New York et Boston.

Les manifestants de Washington, estimés par les organisateurs à plus de 40'000, se sont rendus devant le Capitole afin de demander au Congrès des mesures concrètes contre ces violences qui visent la communauté afro-américaine.

«Il ne suffit pas de parler, il faut des mesures législatives qui changeront les choses à la fois dans les textes et sur le terrain», a déclaré le leader des droits civiques Al Sharpton, dont l'organisation National Action Alliance a conduit la manifestation de Washington.

«Ce n'est pas une marche des Noirs contre les Blancs (...) C'est une marche américaine pour les droits des citoyens américains», a-t-il ajouté.

Conflit d'intérêt

Al Sharpton a notamment demandé au Congrès d'adopter une loi qui permette aux procureurs fédéraux d'être saisis d'affaires impliquant des policiers. Pour lui, les procureurs locaux sont en plein conflit d'intérêt puisqu'ils collaborent régulièrement avec les policiers et qu'ils doivent ensuite parfois enquêter sur les mêmes policiers.

«Nous demandons au Congrès d'adopter une loi contre le profilage racial (...) Nous sommes là aujourd'hui, nous serons là demain, nous resterons jusqu'à ce que le travail soit fait», a renchéri Laura Murphy, de l'Association de défense des libertés individuelles ACLU.

Le spectre du racisme

Dans le cortège se trouvaient des membres des familles d'Eric Garner et d'Akai Gurley, qui ont été tués par des policiers new-yorkais, de Trayvon Martin, abattu par un vigile en 2012 en Floride, ainsi que de Michael Brown, tué en août par un agent à Ferguson (Missouri). La mère de Tamir Rice, un enfant de douze ans tué le mois dernier par un policier à Cleveland, était également présente.

Ces morts ont réveillé le spectre du racisme aux Etats-Unis et de nombreuses manifestations de protestation ont déjà eu lieu ces dernières semaines à travers le pays pour demander que les choses changent.

A New York, la marche est partie à 20 heures de Washington Square, dans Greenwich Village, pour se diriger par la 5e Avenue vers le nord puis bifurquer en direction du quartier général de la police dans Lower Manhattan. Des estimations faisaient état de plus de 10'000 manifestants, dont certains scandaient «Comment épelez-vous 'raciste'? NYPD!», faisant référence à la police de New York.

Les organisateurs avaient dit attendre entre 40'000 et 50'000 personnes. A Boston, des centaines de personnes ont également défilé et la police a procédé à quelques interpellations.

Défilé pacifique

Dans la capitale américaine les manifestants, souvent jeunes, déterminés, combatifs et parfois venus de très loin, scandaient «No justice, no peace» («Pas de justice, pas de paix»). Les manifestants, assez remontés, ont défilé pacifiquement.

Leurs banderoles proclamaient: «Nous marchons pour mettre fin au profilage racial», «Le racisme est la maladie. La révolution est la solution», «Arrêtez les policiers tueurs», «Ne tirez pas, je suis blanc», «Les vies des Noirs comptent», ou encore «Je ne peux pas respirer» («I can't breathe»), reprenant les derniers mots d'Eric Garner.

Prudence d'Obama

Une pancarte tenue par une femme noire s'adressait directement à Barack Obama : «Président Obama, profitez de ce moment pour agir, les ancêtres regardent».

Le premier président noir des Etats-Unis avance prudemment sur ce sujet: il appelle au respect des décisions de justice tout en assurant comprendre la colère de ceux qui ont le sentiment, à juste titre souligne-t-il, que la couleur de leur peau a un impact sur la façon dont la loi est appliquée.

(ats)

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